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Bobo-Dioulasso: les populations de Samendéni opposées à la mise à eau du barrage en juin 2016

Les populations des 17 villages affectés par les travaux de construction du barrage de Samendéni ne sont pas favorables à la mise à eau du barrage en juin 2016, estimant que les conditions ne sont pas réunies. Pour ce faire, elles ont organisé une marche à Bobo-Dioulasso le jeudi 25 février 2016 pour non seulement le faire savoir publiquement mais aussi transmettre leur message au premier responsable de la région.

Abdramane Ouattara, président du cadre de concertation des populations affectées, a livré le message des populations au…
Abdramane Ouattara, président du cadre de concertation des populations affectées, a livré le message des populations au…

«Nous sommes venus exprimer notre mécontentement contre la communication entreprise depuis décembre dernier par le PDIS tendant à mettre le barrage à eau en Juin 2016. Nous sommes les populations résidentes dans la cuvette du barrage et nous savons que techniquement et pratiquement, il est impossible de mettre le barrage à eau à moins qu’on ne veuille noyer ces populations» a d’emblée laissé entendre Abdramane Ouattara, président du cadre de concertation des populations affectées.
En effet, le coordonnateur du Programme de développement intégré de la vallée de Samanéni (PDIS), lors d’une sortie sur le site des travaux de construction du barrage le vendredi 18 décembre 2015, avait annoncé la mise à eau du barrage pour juin 2016. Toute chose qui est impossible, selon les populations des villages affectées par les travaux et ce, du fait d’un certain nombre de paramètres.

...secrétaire général de la région qui a promis le transmettre à qui de droit
…secrétaire général de la région qui a promis le transmettre à qui de droit

«Il est impossible de mettre le barrage en eau tant que les terres sur lesquelles on veut mettre le barrage ne sont pas indemnisées. Tant que les populations délocalisées n’auront pas d’habitats décents pour dormir, tant que les populations délocalisées n’auront pas de l’eau, des écoles primaires, des infrastructures communautaires (mosquées et églises) et des marchés, ce serait difficile de mettre le barrage à eau» a-t-il signifié.

D’ailleurs, c’est pour protester bruyamment contre la volonté jugée trop précipitée du PDIS de mettre en eau le barrage que les populations se sont retrouvées à Bobo-Dioulasso. De la place Tiéfo Amoro, les populations venues des 17 villages ont bravé le soleil pour rejoindre le gouvernorat des Hauts-Bassins où elles ont été reçues par le secrétaire général de la région.

Au gouvernorat, elles ont été attentives au message livré par leur porte-parole
Au gouvernorat, elles ont été attentives au message livré par leur porte-parole

Tout en réaffirmant leur volonté à collaborer avec les premières autorités de la région des Hauts-Basins et ensuite apporter toute leur contribution pour la résolution de la crise née de la construction du barrage, les populations n’entendent cependant pas se laisser faire. «Comprenez que c’est dans notre localité que se réalisent les travaux. C’est à nous de consentir le sacrifice suprême pour que ce projet aboutisse. Pour ça aussi, y a un prix à payer. Nous nous battons pour nos ancêtres car c’est leur terre et il n’est pas facile d’abandonner nos valeurs ancestrales et culturelles sur nos terres et aller être délocalisés dans des conditions misérables» s’est-il offusqué.

Sous un soleil brûlant, les populations ont marché pour dire non à la mise en eau du barrage en juin 2016
Sous un soleil brûlant, les populations ont marché pour dire non à la mise en eau du barrage en juin 2016

Si, du côté du PDIS, l’on avance le manque de moyens financiers, les populations, quant à elles, ne semblent pas être de cet avis.
Comparant leur mode d’indemnisation à celui d’autres projets de la même envergure, les populations pensent avoir été «dupées». «Depuis le début du projet, nous avons dit que nos indemnisations ont été payées au rabais, comparativement à ce qui se passe dans d’autres projets de la même envergure au Burkina Faso. Comment pouvez-vous comprendre qu’à Bagré et à Donsin on paye un manguier à 80 000 F et à Samendéni à 8 625 F? Comment pouvez-vous comprendre qu’à Donsin on paye les arbres ligneux tels que les karités et les néré alors que chez nous on ne les paye pas? Comment pouvez-vous comprendre qu’à Bagré on paye un oranger à 152 000 F et chez nous on le paye à 6 500 F?» a-t-il comparé. Ces indices montrent qu’elles ont été «exploitées et spoliées». Et pour ça, concluent-elles, «nous ne baisserons pas les bras».
Cheick Omar Traoré

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