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Bobo-Dioulasso: marche des travailleurs de la SOFITEX

A l’appel du Syndicat national autonome des travailleurs des fibres textiles (SYNATFITEX), des travailleurs de la Société des fibres textiles burkinabè (SOFITEX) sont descendus dans la rue le vendredi 31 août 2018 pour revendiquer de meilleures conditions de vie et de travail, notamment leur titularisation dans la boîte.

Ils ont marché pour réclamer de meilleures conditions de vie et de travail

De l’hôtel administratif à la Direction générale de la SOFITEX sous une fine pluie matinale, les marcheurs dénoncent les mauvaises conditions de travail et de traitement auxquelles ils sont soumis. Sur des pancartes qu’ils brandissaient tout au long de la marche, l’on pouvait lire entre autres: «20 ans d’exploitation»; «pas de trêve si ce n’est pas clair»; «trop c’est trop»; «respectons les accords».

La plateforme revendicative remise à Jean Adama Traoré, SG de la SOFITEX

Cette marche vise, selon Issiaka Traoré, secrétaire général du SYNATFITEX, à exprimer les préoccupations des travailleurs, surtout ceux en situation irrégulière. Pour lui en effet, leurs préoccupations ne sont pas prises en compte malgré la signature depuis février 2018 à l’Inspection du travail d’un protocole d’accords. Ainsi, déplore-t-il le fait que ces accords qui devraient être mis en application depuis fin février 2018 dorment toujours dans les tiroirs.

Ce sont, entre autres, la titularisation des agents saisonniers «qui occupent des postes permanents depuis près de 20 ans», la liberté syndicale, le paiement de primes gardées parfois par la Direction par devers elle pendant des mois. Aussi, il y a selon lui, la bonification d’échelons de récipiendaires de 2016 qui n’est pas encore «effective alors que celle de ceux de 2017 est effective». «Près de 1200 personnes sont concernées par la situation que nous décrions ce matin», a-t-il fait savoir.

Par ailleurs, il pense que les arguments avancés par la Direction de la société pour ne pas répondre favorablement à leurs doléances ne tiennent pas. «Quand la SOFITEX nous dit qu’il n’y a pas d’argent pour payer tous ces gens-là, ce sont des histoires…», s’est-il offusqué avant de préciser que: «Ils ont juste besoin d’avoir un statut clair qui les rassure, c’est-à-dire la titularisation. Si cela se fait, les travailleurs seront plus motivés et ce sera au grand bonheur de la SOFITEX car la production de l’or blanc va s’accroître».

Issiaka Traoré secrétaire général du SYNATFITEX, initiateur de la marche

Devant la Direction générale de la SOFITEX, c’est Jean Adama Traoré, secrétaire général de la société, qui, au nom du DG, a reçu les manifestants qui lui ont transmis leur plateforme revendicative qui s’articule en plusieurs points.

Et ce dernier d’expliquer les lenteurs dans le traitement et l’application des textes du fait des enjeux juridiques et économiques qui recommandent, selon lui, que des études soient menées avant toute réaction.

Tout en déplorant le déficit communicationnel qu’entretient le syndicat, Jean Adama Traoré trouve inadmissible qu’une marche soit organisée avec les 20% de personnel que pèse le SYNATFITEX pour juste remettre une lettre à l’administration. Du reste, souhaite-t-il que la suite à donner à la situation soit laissée à l’appréciation des tribunaux car dit-il, «la plupart des points de la situation sont devant le Tribunal du travail».

Cheick Omar Traoré

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