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Bobo-Dioulasso: mouvement d’humeur d’enseignants suite à l’agression de 2 des leurs par un parent d’élève

Le mercredi 23 janvier 2019, les enseignants de la CEB Bobo I ont déserté les salles de classes pour, disent-ils, protester contre la violence dont ont été victimes, la veille, deux de leurs collègues de l’école primaire publique Farakan A.

Les enseignants ont déserté…

Par ce mouvement d’humeur initié par la sous-section de Bobo I du Syndicat national des travailleurs de l’Education de base (SYNATEB), les enseignants de cette circonscription d’éducation de base se sont regroupés dans l’enceinte de l’école où l’agression a eu lieu. Objectif, dire «NON» à ce genre de «barbarie» à l’encontre des enseignants. «La mobilisation se poursuivra car on se sent vraiment en insécurité si les parents commencent à être aussi violents envers nous» a laissé entendre Hékité Joseph Kambou, responsable de ladite sous-section.

En effet, tout serait parti de la blessure «accidentelle» d’un élève de la classe de CE2 de Farakan A. «Il était midi. Quand on a libéré les enfants, un d’entre eux,  en sortant, est monté sur la table qui s’est brisée et  l’enfant est tombé. En tombant, son genou a heurté le sol» a expliqué Norbert Bouda, l’enseignant de l’élève blessé.

les salles de classe pour protester contre cette barbarie

Après la blessure de l’enfant, l’enseignant serait, selon lui, immédiatement rentré en contact avec le père de ce dernier. «Tout de suite, j’ai demandé à l’enfant s’il avait le numéro de son père. Il m’a répondu par oui et m’a donné son cahier duquel j’ai relevé le numéro pour l’appeler» a-t-il expliqué.

Joint au téléphone, le père, d’après les dires de l’enseignant, disait être loin donc ne pouvait venir dans l’immédiat. «Joint au téléphone, le père de l’enfant fait savoir qu’il est à Bobo 2010. Je lui ai demandé de venir à l’école car son enfant était blessé. Il me dit qu’il n’avait pas le temps et j’ai insisté en lui faisant savoir que la blessure de l’enfant est un peu grave» a relaté l’enseignant qui dit que malgré son insistance, le père ne s’est pas rendu immédiatement à l’école.

L’enseignant de l’élève

C’est alors que des camarades de l’élève se sont proposé volontiers selon l’enseignant, de l’accompagner à la maison, à quelques encablures de l’école.

En cours de route, ces derniers croisent le père. Et ce dernier qui était accompagné d’une autre personne, estime qu’il n’est pas question que les enfants accompagnent son fils blessés à la maison.

Estimant qu’il revenait à l’enseignant d’accompagner l’enfant à la maison ou au dispensaire, ce dernier, au lieu de s’occuper de son enfant, s’est plutôt dirigé vers l’école où il a trouvé sur place l’enseignant de son élève.

Plus jamais ça, selon le responsable syndical

Après échanges de quelques mots, la tension est montée d’un cran et le père de l’enfant n’a pas hésité à violenter l’enseignant de son fils. Et le collègue de ce dernier, venu pour s’interposer, à lui aussi eu sa «dose» car le père de l’élève et son compagnon l’auraient boxé selon les dires des enfants.

Si l’un des enseignants violentés est en soins, l’autre n’entend pas croiser les bras. Il ira selon lui, porter plainte devant le procureur pour violences.

Cheik Omar Traoré

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