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Bobo-Dioulasso: les paysans dans les rues

Les paysans de l’Ouest du Burkina Faso étaient dans les rues de Bobo-Dioulasso le lundi 30 avril 2018. A travers cette marche-meeting, ces derniers sont allés remettre une plateforme revendicative aux autorités régionales dans laquelle ils exigent de meilleures conditions en milieux paysans.

Ils sont venus des différentes régions de l’Ouest du Burkina…

Exiger des autorités de meilleures conditions en milieux paysans, c’est l’objectif de cette marche-meeting organisé par des paysans de l’Ouest du Burkina soutenus par la coordination des sections provinciales de l’Organisation démocratique de la jeunesse du Burkina Faso, des régions de la Boucle du Mouhoun, des Cascades, des Hauts-Bassins et du Sud-ouest.

…pour exiger de meilleures conditions en milieux paysans

Munis de leurs outils de travail (dabas, machettes, haches, pioches, etc.), les paysans, venus des quatre régions ont, sous un soleil de plomb, sillonnés plusieurs artères de la ville de Bobo-Dioulasso avant de rallier la place Tiéfo Amoro au gouvernorat, où ils ont remis leur plateforme revendicative aux autorités régionales.

Et celle-ci s’articule autour de 85 points portant essentiellement amélioration des conditions en milieux paysans. On dénombre entre autres des revendications pour l’amélioration des facteurs de production agricole tels que la mécanisation agricole, la valorisation de la force de travail en campagne et la souveraineté alimentaire. Le bitumage des pistes rurales pour faciliter l’écoulement des productions agricoles, la baisse des prix des intrants agricoles, le dédommagement des producteurs victimes «de la mauvaise qualité des intrants fournis par la SOFITEX lors de la campagne 2017-2018 suivi de la poursuite des responsables de ladite société», sont aussi des points de revendication. La dissolution de l’Union nationale des producteurs de coton (UNPCB) fait également partie des préoccupations des marcheurs.

Le SG du gouverneur des Hauts-Bassins, Bernard Beba, s’adressant aux marcheurs

Vice-président du bureau exécutif national de l’ODJ, Mohamed Traoré dénonce quant à lui, la situation qu’ont vécue les paysans la campagne agricole passée et surtout, la «passivité» du gouvernement face à cette situation. Pour lui, le pouvoir actuel a failli à sa mission. «Le régime déchu de Blaise Compaoré a tout fait mais n’a jamais traité les paysans de la manière dont ils le sont par le pouvoir actuel», a-t-il fustigé.

Mohamed Traoré, vice-président du bureau exécutif national de l’ODJ

Aussi, n’a-t-il pas manqué de s’en prendre à l’UNPC-B qui selon lui, «n’est pas là pour les paysans». «L’UNPC-B n’est pas là pour les paysans. C’est une structure mise en place par la SOFITEX», a-t-il regretté. Et pour se justifier, M. Traoré fait référence à la position de l’UNPC-B par rapport à la situation des producteurs de coton lors de la campagne cotonnière (2017/2018). «Nous savons tous que la mauvaise campagne est due à la mauvaise qualité des intrants fournis aux producteurs par la SOFITEX. Au lieu de prendre parti pour les producteurs, l’UNPC-B s’est plutôt rangée du côté de la SOFITEX», s’est-il justifié.

Ainsi, estime-t-il que l’UNPC-B n’a plus sa raison d’exister. «Maintenant que nous savons que l’UNPC-B n’est pas là pour les producteurs de coton, nous demandons purement et simplement qu’elle soit dissoute au profit d’autres organisations paysannes plus crédibles et loyales», a-t-il exigé.

Après avoir reçu les doléances des marcheurs, le secrétaire général de la région, représentant le gouverneur des Hauts-Bassins promet de les transmettre à qui de droit. Aussi, s’est-il engagé à faire en sorte que des copies soient transmises aux gouverneurs des autres régions impliquées dans les revendications. Il a par ailleurs salué le bon encadrement de la marche qui respecte le caractère pacifique qui, selon lui, conditionne l’autorisation des marches. Bernard Beba a toutefois invité les marcheurs à continuer leurs activités de manière pacifique.

Au terme de cette étape de leur marche, les manifestants se sont retrouvés à la place Tiéfo Amoro pour un meeting au cours duquel, les différents points de revendication ont été examinés. Mais avant de se quitter, ils promettent de rester mobiliser jusqu’à la satisfaction totale de leurs doléances.

Cheick Omar Traoré

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