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Bobo-Dioulasso: «victime d’injustice», le musicien Adama Dramé prend à témoin l’opinion publique

Le célèbre artiste musicien burkinabé Adama Dramé, considéré comme le géant du «Djembé», a animé une conférence de presse à Bobo-Dioulasso le samedi 3 février 2018, non pas pour annoncer la sortie d’un nouvel album mais plutôt pour dénoncer ce qu’il qualifie «d’injustice» dont il serait victime de la part de la police municipale de Bobo-Dioulasso et ce, depuis février 2017.

Il lui est interdit de faire de la musique dans ce centre
Adama Dramé, artiste musicien, dit être victime d’une injustice

Adama Dramé en effet, a été interdit par la police municipale de Bobo-Dioulasso de toute prestation au sein de son centre baptisé «Sindi International» qui selon lui, a été créé en 1998 au secteur 14 (quartier Bindougousso). La raison fondamentale est que sa musique dérangerait les élèves d’une école privée de formation en santé publique qui vient de voir le jour en 2016 dans les alentours de son centre. Incompréhensible selon lui car l’école «est venue trouver le centre». «J’ai acheté la parcelle où est érigé le centre en 1996 au secteur 14 de Bobo pour en faire un centre culturel. C’est là où je réalise depuis des années, toutes mes productions et où je prépare mes spectacles à travers le monde. Ce centre abrite également un studio d’enregistrement inauguré par le grand chancelier, le colonel Mamadou Djerma le 16 août 2003», a-t-il signifié.

Et ce n’est qu’en 2014 soit plus de 10 ans après que les problèmes de l’artiste commenceront. «En fin novembre 2014, j’ai aperçu pour la première fois, deux personnes donnant des indications derrière le centre. En janvier 2015, les travaux de la future école commencèrent. En septembre 2016, les premiers élèves occupèrent les salles de cours de cette école et en février 2017, la police municipale armée, débarqua chez moi un matin et me signifia que la musique dérangeait les élèves. Un mois après cet incident, soit en mars 2017, j’ai été convoqué à la police municipale et un agent me signifia sur place qu’il m’était désormais interdit de faire de la musique au centre que je venais pourtant de réhabiliter», a-t-il relaté.

Une vue des journalistes présents à la conférence de presse
La raison, les bruits dérangeraient les élèves de cette école privée de santé

Après renseignement, l’artiste musicien finit par comprendre la vraie raison de cette décision qui selon lui, serait le fait qu’il ne possédait pas de documents de changement de destination de sa parcelle dont il ignorait l’existence. «Après mes investigations, j’ai découvert que la parcelle sur laquelle est implantée l’école était prédestinée à un garage. Si la fondatrice de l’école a pu changer la destination de sa parcelle en école, rien m’interdit de changer mon Permis Urbain d’Habiter (PUH) en centre culturel», a-t-il signifié avant de déplorer le manque d’informations de la part des responsables en charge de cette question. «Je me suis retrouvé dans cette situation d’irrégularité par manque d’information. Au moment où je construisais le centre, si on m’avais dit que je devrais changer la destination de ma parcelle, je ne serais pas dans cette situation», a-t-il dénoncé avant de préciser que la loi devrait «protéger les petits burkinabé qui sont dans l’ignorance».

Dans le but de régulariser la situation de son centre, l’artiste dit avoir entrepris les démarches auprès des services habilité. Là aussi, il dit être confronté à des difficultés. «Quatre (04) structures étaient habilitées à donner leurs avis à savoir le directeur régional de la culture, le cadastre, le directeur régional des impôts et celui de l’urbanisme. En dehors de celui de l’urbanisme, toutes les autres directions ont donné un avis favorable. C’est alors que j’ai décidé de m’en remettre au médiateur du Faso», a-t-il martelé.

Après 52 ans de carrière, l’artiste ne sait plus que faire d’autre si jamais on venait l’empêcher de faire de la musique, la seule chose qu’il sait faire de sa vie selon lui. «Si vous m’enlevez la musique, je nexiste plus», s’est-il lamenté!

Cheick Omar Traoré

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