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Brakina: la grogne s’amplifie

Les employés des Brasseries du Burkina, regroupés au sein du Syndicat national des travailleurs des brasseries (SYNTB), observent depuis le mardi 24 mars une grève illimitée pour exiger la satisfaction de leur plate-forme revendicative dont le point central est le relèvement des salaires à un taux de 100%.

En attendant que le patronat et les employés trouvent un accord, les activités sont entièrement paralysées à l’usine de Kossodo
En attendant que le patronat et les employés trouvent un accord, les activités sont entièrement paralysées à l’usine de Kossodo

Au deuxième jour de la grève, le moins que l’on puisse dire, c’est que les activités de l’usine de Kossodo restent paralysées dans toutes ses composantes. C’est donc des installations industrielles occupées par les travailleurs sous une étroite surveillance policière que nous verrons ce mercredi 25 mars 2015.

En rappel, ce mouvement est né après la non- satisfaction de la plate-forme revendicative réactualisée des travailleurs des brasseries qui comporte quatre points à savoir :le relèvement général des salaires de tous les travailleurs, l’application de la convention d’établissement Brakina-Sodibo, la réhabilitation des travailleurs abusivement licenciés en 1994 et 2004, et la reconsidération des conditions de travail et des dispositifs sécuritaires dans les zones de l’embouteillage et de distribution.

Pour Nongma Ouédraogo, les travailleurs des brasseries sont modestes dans leurs revendications
Pour Nongma Ouédraogo, les travailleurs des brasseries sont modestes dans leurs revendications

Pour ce qui est des recours aux employés auprès du patronat avant l’entrée en vigueur de cette grève illimitée, Nongma Ouédraogo, délégué syndical explique que, c’est à contrecœur que le syndicat a appelé ses militants à la grève, face au mépris qu’observe la direction vis-à-vis des préoccupations des travailleurs. Toutefois, il souligne que rien de concret n’est ressorti des tentatives de conciliations entreprises par la Direction générale du travail (DGT) en dépit des engagements et des préalables pris par l’employeur sur la question de convention d’établissement et qui sont restés en l’état jusqu’à ce jour. Sur le troisième point de la revendication qui porte sur le versement des droits des travailleurs licenciés, M. Ouédraogo, tout en reconnaissant sa satisfaction partielle, estime qu’il est «urgent que tous ces agents puissent sortir de la situation de précarité dans laquelle ils vivent depuis des décennies». A ces revendications s’ajoutent, la levée de l’organisation du travail dans l’usine en 4/4 suite à la suppression des heures supplémentaires et l’arrêt des menaces à l’endroit des travailleurs. En réponse au patronat qui dénonce le caractère exorbitant des revendications, il conclut; «nous sommes modestes dans nos revendications quand on se réfère aux chiffres d’affaires réalisés ces dernières années par la société».
Pour sa part, la direction estime qu’elle est face à une surenchère sans fondements. Selon elle, il s’agit d’une prise d’otage, puisqu’il existe des agents qui souhaitent travailler mais qui subissent des pressions de tous ordres. Aussi, elle accuse le syndicat de camper sur des positions dépassées car en discussions sous la houlette de la DGT. A ce titre, elle souhaite voir ces points retirés de la plate-forme, car «ils n’ont plus droit de citer».

En attendant la fin des discussions entamées pour une sortie de crise, la direction appelle à la fin des harcèlements dont sont l’objet certains employés qui souhaitent reprendre leurs activités.
W. DAVY

 

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