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Bravo au SNAID

Les agents de la Fonction publique burkinabè sont misérables. Du moins, c’est ce que les fonctionnaires crient chaque jour, à travers les déclarations, sit-in et grèves. Tous les corps demandent, certains l’exigent, des statuts particuliers, des avantages qui vont leur permettre de travailler et de vivre dans de bonnes conditions… de travail.

L'exécutif du SNAID
L’exécutif du SNAID

Violente question: est-on obligé d’aller chercher du travail dans la Fonction publique? Assurément non. Parce que mon cousin aime à me dire que lui, il est parti à la Fonction publique pour chercher l’argent, sinon il y a du travail au village. Le prototype même du fonco d’aujourd’hui.

Avant de faire «j’ai l’honneur de solliciter de votre haute (certains ajoutent très) bienveillance…», on sait où l’on met les pieds, si la chance venait à sourire. Et c’est simplement pour avoir la permission de faire acte de candidature qu’on se plie ainsi en quatre pour avoir l’autorisation.

Une fois ce pas franchi, généralement sans encombre, on joue des pieds et des mains, ceux qui ont des attributs les font valoir et les plus nantis sortent le portefeuille pour être parmi les impétrants. Avant de quitter le village pour le lieu du concours, on attache les queues de boucs, on s’asperge de mixtures qui peuvent assurer la dépigmentation en un clin d’œil. On est donc prêt à tout, comme dit la chanson de Fodé Kouyaté.

Lorsqu’on est déclaré admis, l’on est heureux comme un nouveau marié des temps anciens. Peut-on alors dire que l’on ne sait pas où l’on met les pieds?

Nul n’est mobilisable que sur la base de ses intérêts. Chacun avait donc intérêt à être là où il est.

La vie n’est pas simplement dure pour les fonctionnaires. Elle l’est plus pour le travailleur du privé qui n’a même pas la sécurité de son emploi. Elle l’est d’avantage pour Gomtibo, mon oncle du non-loti et Goama du Burkina profond.

Nous vivons en réalité au-dessus de nos moyens! Beaucoup étaient des voleurs sous l’ancien régime. C’est ça qui est la vérité. En rentrant le soir, faisons chacun notre examen de conscience. Qu’avons-nous fait de positif au service. Qu’avons-nous dépensé dans la journée. La maison dans laquelle nous vivons est-elle en adéquation avec nos revenus.

Donc, la démotivation dont on parle pour dire de motiver les gens à travailler n’est pas un argument. On aime son travail d’abord. Et on se bat pour maintenir son emploi en donnant le meilleur de soi-même, en attendant l’ère des bœufs gras pour tous.

Il y a des gens dont leur absence au boulot n’est pas ressentie. Ils sont là, ils ne sont pas là, c’est la même chose. Mais tout le monde gesticule, donne de la voix. Il faut qu’on fasse mollo.

Les enseignants et les infirmiers, ceux qui sont les plus proches des populations, ont longtemps porté le sacerdoce. C’est vrai qu’ils ne produisent pas de richesses matérielles mais leur apport à la construction de la Nation et incommensurable. Ce sont eux qui forgent les cerveaux de ceux qui conçoivent. Mais leur milieu est aussi intoxiqué par mon cousin.

Ressaisissons-nous. Ayans juste un peu de patience. Ayons un tant soit peu la fibre patriotique comme les agents des impôts et des domaines qui ont suspendu leur mot d’ordre de grève pour «témoigner de la solidarité et de la compassion des travailleurs des impôts au Peuple burkinabè suite aux attaques terroristes du 16 décembre 2016 ayant coûté la vie à une dizaine d’éléments des FDS». Des soldats morts pour la Patrie.

Les Echos du Faso

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