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Bravo, honorables parlementaires de la CEDEAO!

Le samedi 22 juillet 2017, les parlementaires de la CEDEAO, de la Mauritanie et du Tchad ont, à l’issue d’une rencontre de haut niveau, pris des décisions courageuses relatives à la démographie galopante sur le continent. Si les exécutifs et les populations les suivent dans leur noble démarche, l’Afrique pourra enfin décoller.

Les participants à la rencontre de haut niveau des parlementaires de la CEDEAO, de la Mauritanie et du Tchad
Les participants à la rencontre de haut niveau des parlementaires de la CEDEAO, de la Mauritanie et du Tchad

Malgré sa résistance à la démocratie et les effets pervers de la corruption, l’Afrique garde l’espoir d’un avenir meilleur. Grâce à une classe d’entrepreneurs dynamiques, les économies africaines se diversifient et prennent de plus en plus leur envol, s’émancipant progressivement de leur dépendance aux exportations de matières premières. L’espoir est permis d’autant plus que la vitalité démographique – la population africaine devrait passer de 860 millions à 1,8 milliards d’habitants d’ici à 2050 – semble être un atout considérable.

Mais une analyse profonde et sans complaisance des opportunités et des goulots d’étranglement du continent permet de relever certaines fragilités au vrai décollage de l’Afrique. A titre d’exemple, le continent est toujours le théâtre de nombreux conflits, la bonne gouvernance est toujours une quête difficile, les systèmes éducatifs ne produisent que des chômeurs et, plus encore, l’Afrique subsaharienne s’accommode d’une bombe démographique. Un mal particulier devenu une fausse fierté qu’il faut exorciser au plus vite. Dans ce sens, au-delà de la vision dite impérialiste des Blancs, au-delà de toute conviction religieuse, aujourd’hui, maîtriser les taux de fécondité, résoudre le problème de la planification familiale sont devenus des impératifs catégoriques. Oui, il faut briser le tabou de la démographie.

Le président de l'Assemblée nationale, Salifou DialloEt pour preuve, selon les estimations, la population africaine franchira la barre des 2 milliards à l’horizon de 2050. Conséquemment, le nombre de personnes désœuvrées ou mal scolarisées augmentera trop vite, l’urbanisation sera trop rapide et le surplus migratoire potentiel difficile à absorber.

Le phénomène de la démographie africaine est bel et bien l’un des énormes défis à relever en ce XXIe siècle. Comme dit un adage moaga, «quand la vérité est vraie, la tête l’acquisse toute seule». Il n’est donc pas sage que les Africains, conscients du problème, attendent qu’il freine lourdement le décollage de leur continent. Les décideurs, dont les parlementaires, ont la lourde responsabilité de baliser le terrain dès maintenant par une législation conséquente et par des mesures fortes.

Le problème relevant de la mentalité, il faudrait beaucoup de sensibilisations des populations –hommes, femmes et jeunes- mais surtout des leaders d’opinion qui ont une influence considérable sur leurs fidèles et adeptes. Sans eux, toute action dans ce sens serait comme une épée dans l’eau.

Pour l’instant, bravo à nos honorables parlementaires de la CEDAO qui ont invité les pays africains à accroître annuellement de 2% leurs budgets nationaux en faveur de la santé. En outre, en optant d’encourager les familles à se limiter à 03 enfants par femme, ils prennent courageusement une décision historique, en attendant que les gouvernements soient sur les mêmes longueurs d’onde et que les moyens conséquents soient déployés.

Comme l’a si bien reconnu le président de l’Assemblée nationale Burkinabè, Salifou Diallo, «nos efforts de développement sont annihilés par la démographie galopante, non maîtrisée». Alors n’attendons pas d’être submergés pour agir. Ce sera le docteur après la mort. Or l’Afrique et les Africains méritent mieux que ça.

Théophile MONE

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