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Burkina: attention à la haine politique!

Tout a commencé ces dernières années. Opposition et pouvoir en place étaient déterminés à montrer leur capacité de mobilisation respective. La tension était vive. Au-delà des piques, l’on assistait à des dérapages langagiers, à des propos incendiaires et indécents au cours des meetings et contre-meetings qui se succédaient. De façon voilée et indirecte les uns et les autres attisaient la haine par la vulgarité de leurs propos. Les adversaires étaient traités de tous les noms d’oiseaux. C’était le temps de la diffamatoire gratuite. Tout semblait fini avec l’échec de la révision de la loi fondamentale et le départ forcé de Blaise Compaoré. Illusion.

Domiciles des conseillers MPP et ...
Domiciles des conseillers MPP et …

Car le démon de la haine s’est réveillé de son sommeil aux élections municipales du 22 mai 2016 au regard des enjeux, des rivalités et des tensions entre les parties en face. Les campagnes n’ont pas été pacifiques, encore moins saines du fait des multiples dérapages que sont la violence verbale relative à la baisse du niveau du discours politique, de plus en plus violent, diffamatoire et excursionniste. L’on se souvient entre autres de l’incendie du siège de la Commission électorale communale indépendante (CECI) de Bouroum Bouroum, dans la région du Sud-ouest du pays.

Plutôt, l’on se souvient également de la tentative d’incendie du siège de l’Union pour la Renaissance/Parti Sankariste (UNIR/PS) dans la nuit du 12 au 13 février 2015.

Au moment où l’on croyait les guéguerres politiques liées aux élections communales renvoyées aux calendes grecques après la mise en place des institutions républicaines, les Burkinabè viennent de constater avec consternation le 6 décembre 2016, l’incendie des domiciles de conseillers MPP et UPC de l’arrondissement 8 de Ouagadougou suite au vote d’une motion de défiance contre le maire Mamadi Zongo du MPP. Des faits ignobles et inadmissibles.

Des violences physiques et destruction de biens, des violences verbales ou morales que le Burkina ne connaissait pas. Preuve que l’intolérance gagne du terrain. Qui plus est, il ne s’agit plus de rivalités entre deux partis politiques seulement mais aussi au sein du même parti. Une sorte de haine de soi. Des militants du même parti s’accagnent et incendient auberges et domiciles de leurs camarades militants. Faits inédits.

Il faut noter que ces violences ont lieu parce que les militants des formations politiques ne sont pas formés à la tolérance politique et à l’acceptation de l’autre avec ses opinions. D’autre part, certains de nos hommes politiques ne pensent qu’à leurs propres intérêts. Je ne suis pas un homme politique mais je sais que la politique, ce n’est ni la guerre ni l’inimitié. Encore moins la violence physique et destruction de biens. Ça, c’est de la haine viscérale. Pourtant, il n’y a pas de grandeur à vilipender son adversaire politique et à lui en vouloir physiquement jusque dans sa famille.

... et UPC incendiés
… et UPC incendiés. Plus jamais ça!!!

Au Burkina Faso, il faut que les uns et les autres prennent le ferme engagement de ne plus tolérer ces velléités de division au sein de notre peuple, la propension à la constitution de clans idéologiques ou d’intérêts dont le but est de distraire le peuple des préoccupations économiques et sociales qui les assaillent. Le Burkina est notre bien, certainement notre bien le plus précieux.

Pendant que l’heure doit être à une paix de braves et au rassemblement derrière les autorités que Dieu nous a choisies, des individus mal intentionnés et pyromanes à l’excès, travaillent à saboter les fruits de notre combat: la paix, la liberté, la tolérance. Cette manière basse et éhontée de faire la politique doit être condamnée et combattue sans merci.

Trop, c’est trop! La démocratie et l’Etat de droit dont nous nous sommes librement dotés, ne doivent pas servir de tremplin à des aventuriers sans foi ni loi et qui ne sont mus que par une haine noire et aveugle.

Nous devons, à l’heure actuelle, où les partenaires techniques et financiers nous accordent leur confiance, taire nos divergences et nous mobiliser pour le développement économique de note cher pays. Que ceux qui pensent que la violence et la haine sont des moyens de lutte politique se ravisent et reviennent sur terre.

Aujourd’hui, après la mise en place des institutions, chacun doit jouer balle à terre et éviter de développer des comportements belliqueux.

Les comportements haineux et moyenâgeux liés à la politique donc à une certaine opinion interpellent les autorités à plus d’un titre. Tout doit être fait pour que les Burkinabè s’abonnent définitivement à la paix et à la tolérance. Il faut bannir la haine irréfléchie des uns contre les autres. Car pour bâtir un Burkina fort, uni et prospère, nous devons chasser l’esprit de la division et de l’intolérance. La démocratie nous apprend à cohabiter, et rien de plus.

La haine, l’intolérance, la violence n’ont jamais été salvatrices. Aussi le Burkina et les Burkinabè n’en ont pas besoin. Pour cela les partis politiques doivent pleinement jouer leur rôle: former et sensibiliser leurs militants à l’acceptation des autres et de leurs opinions. Cette responsabilité doit s’exercer de façon continue et pas seulement à la veille des élections.

Théophile MONE

Un commentaire

  1. merci pour l’article ça va m’aider à y voir plus clair !

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