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Burkina Faso: ces alliances politiques contre-nature qui contrarient les citoyens

Ensemble, et pour des raisons objectives de dérives démocratiques, de corruption généralisée et de patrimonialisation du pouvoir, le peuple s’est insurgé, soutenu par les partis d’opposition et les organisations de la société civile, et a chassé Blaise Compaoré et ses affidés du pouvoir le 31 octobre 2014. C’en sont suivies des élections démocratiques qui ont porté Roch Marc Christian Kaboré et son parti, le MPP, au pouvoir. Seulement, depuis que la majorité gouverne le pays, sans cohabitation avec certaines formations politiques, l’on assiste au plan politique à des regroupements contre-nature et ambigus qui font jaser les Burkinabè.

Photo CFDC-CODER
Zéphirin Diabré de l’UPC et Chef de file de l’opposition politique contraint de composer avec le CDP et l’ADF/RDA. Un mariage sans amour?

Ainsi, l’UPC de Zéphirin Diabré compose désormais avec le CDP de Blaise Compaoré qu’il a combattu énergiquement jusqu’à la fuite de ce dernier en Côte d’ivoire.

Du même bord politique libéral que Zéphirin Diabré, l’ADF/RDA de Gilbert Ouédraogo, celui-là qui a permis au CDP d’avoir à l’Assemblée nationale une majorité requise pour faciliter la révision de l’article 37 de la Constitution contre la volonté du peuple, se sent contraint, par le jeu politique, de collaborer avec le Chef de file de l’opposition.

La logique aurait voulu que tous les partis politiques qui se sont opposés à Blaise et qui ont réussi à l’évincer se coalisent pour gérer le pourvoir et laisser le CDP organiser l’opposition. Mais tout parti politique aspire à gérer le pouvoir d’Etat. Et comme l’UPC est la deuxième force politique après les législatives de 2015, son alliance avec le MPP allait vraisemblablement étouffer l’opposition surtout après le ralliement de l’UNIR/MS au pouvoir en place. Zéphirin Diabré n’a donc pas voulu être de la mouvance présidentielle et est obligé de collaborer avec certains de ses adversaires d’hier. Un mariage d’arrangement plutôt que d’amour.

Djibrill et Ablassé en échanges au Palais de justice le lundi 08 mai dernier.  Le dépit peut conduire un homme à tout faire
Djibrill Bassolé et Ablassé Ouédraogo en échanges au Palais de justice le lundi 08 mai dernier. Le dépit et certaines raisons tactiques peuvent conduire un homme politique à poser des actes incompréhensibles

Avec la nouvelle donne politique, l’échiquier politique s’est donc renversé et est en train de nous réserver des mélanges «impurs» et explosifs. Dans ce sens en effet comment comprendre le comportement d’Ablassé Ouédraogo, du Faso Autrement, qui chuchote dans l’oreille de Djibrill Bassolé au Palais de justice, qui dénature le compte-rendu de la rencontre de la CODER avec Blaise Compaoré à Abidjan – pour avoir sans doute les faveurs de celui-ci – après qu’il ait dit tout le mal qui pensait de lui au moment des marches et meetings?

Comment comprendre de façon générale tous ces Burkinabè qui font aujourd’hui la cour à Blaise Compaoré – y compris les chefs coutumiers qui lui ont rendu visite au mois d’avril- alors qu’ils ont milité pour son départ et se sont réjouis de sa fuite honteuse en plein midi?

Visite des membres de la CODER à Blaise Compaoré
Visite des membres de la CODER à Blaise Compaoré. Au nom de la réconciliation, tout est permis.

Sous les tropiques, c’est à n’y plus rien comprendre. Qui est avec qui, qui veut quoi, pour qui, en faveur de qui et contre qui?

On le savait déjà, la politique au Burkina est compliquée. Désormais, elle est devenue indéchiffrable, ou presque. Les ennemis d’hier s’enlacent et les alliés s’insultent.

Ces valses d’alliances et de contre-alliances qui aboutissent à un mélange des genres des plus surprenants et incompréhensibles sont à mettre au compte des intérêts politiques personnels et de groupes. Les coalitions et désunions injustifiables sont la preuve que les politiciens ne connaissent pas la honte; ils ne jurent que par leurs intérêts. Oui, les politiciens peuvent être polygames à souhait car ils n’ont pas de cœurs mais des ventres à défendre. C’est bien dans ce milieu-là qu’après des années d’inimitié et de compétitions féroces, l’on assiste à des «noces» inédits.

Des chefs coutumiers chez Blaise Compaoré
Les chefs coutumiers chez Blaise Compaoré. La politique est un champ très vaste où chacun y cultive.

Inutile donc de demander au citoyen lambda de saisir le sens de tous les revirements qui se produisent dans notre pays et qui engendrent des situations inextricables. Mais il faut parfois y voir des raisons tactiques ou de dépit.

Dans le labyrinthe des relations recomposées, il faut de la maturité intellectuelle et politique pour comprendre les trahisons entre les meilleurs amis, les antipathies brutales, les coups de foudre, les colères et les coups bas. Car la politique n’est pas faite pour les enfants de cœur.

Dans ce sens, ces alliances contre-nature peuvent être vues comme une bonne nouvelle: toutes ces acrobaties politiques ne sont autres que des signes d’expression d’une «démocratie». Un optimisme béat qui ne convaincra pas tous ceux qui militent pour la promotion de la morale politique.

Théophile MONE

Un commentaire

  1. Et vous? vous faites quoi comme ça? du journalisme? mon oeil!!! quand ce régime aussi va tomber, on verra là où vous allez vous mettre. De toute façon, on voit tout le monde. au lieu de travailler honnêtement pour gagner votre vie vous jouez les accompagnateur de régime? Les vrais sujets comme la sonabel qui rend la vie dure au gens sont là et au lieu de parler de ça, c’est le griotisme vous faites et des papiers payés vous écrivez? ok, on vous suit et on verra la fin ensemble. bonne suite

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