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Le Burkina Faso condamné à la pauvreté parce que ses fils sont mentalement pauvres.

Vu sur le mur de Sylvie Somda

Cette opinion, que nous avons reçue d’un lecteur, est si vraie que nous avons décidé de la partager avec vous.

Fonds commun (image tinganews)

Un des défenseurs acharnés des Fonds communs, mon ainé «l’intellectuel» Bertrand Méda, a jeté l’éponge. On ne peut durablement défendre le faux, l’injuste et l’iniquité!

La désapprobation des Burkinabè est totale. Pour le mini-referendum que j’ai fait sur la toile, les signes sont clairs et patents (j’y reviendrai pour la capitalisation des résultats).

A Tel-Aviv (Israël) où je vis depuis un bout de temps, je me rends compte que mon pays est condamné à végéter dans la pauvreté et la misère. Le problème de notre pays, le Burkina, c’est que ses «intellectuels» souffrent d’une pauvreté mentale, d’une misère morale, d’un sadisme immodéré à l’encontre de leur propre pays. Les plus lettrés, pompeusement appelés «intellectuels» sont les plus faux, les plus égoïstes et egocentriques du pays.

Le Burkina Faso est plus riche qu’Israël sur tous les plans. Mais les Israéliens sont moralement, mentalement plus riches que les Burkinabè. Et Israël reste aujourd’hui une grande puissance. L’Israélien pense pays, pense national dans tout acte qu’il pose. Le Burkinabé pense moi, pense égo dans tout acte qu’il pose tant et si bien que nos centrales syndicales ne sont rien d’autre que l’expression vivante des comportements déformés, malformés et anti-national.

Pour comparer seulement nos syndicats burkinabè à ceux d’Israël, regardez le contraste. Les syndicats israéliens ont assez investi dans l’économie (transport, unités industrielles, hôtellerie) dans le social (des hôpitaux, des écoles et des universités) pour contribuer au développement de leur pays au-delà des grèves spontanées et sans fondements du Burkina.

Montrez-moi un syndicat qui a construit des hôpitaux, des écoles (ne me parlez pas de l’EDP), des unités industrielles au Burkina. Pourtant, ils reçoivent de nombreux financements qui servent génialement à contribuer à la solidification des villas des secrétaires généraux. Et la cotisation des membres et autres subsides?

En 30 ans, les syndicats israéliens ont lancé 15 fois des mots d’ordre de grève, soit une grève chaque deux ans. Je dis bien en 30 ans. Et au Burkina? En 2014, les syndicats israéliens avaient un seul mot d’ordre de grève: la diminution du train de vie du gouvernement. Au Burkina, on grève tous les jours pour des fonds communs; on sacrifie des malades à l’hôpital pour grève parce qu’un militant a des problèmes avec la justice. En Israël et au Ghana (voisin de mon pays) où j’ai vu des professeurs d’université, des médecins, etc. qui à leur temps libre deviennent des menuisiers, des maçons, des libraires. En Israël, il n’y a pas de fonctionnaire qui n’a pas un second emploi de son choix. Au Burkina, notre second emploi, c’est la bière et la femme. Et après, c’est le gouvernement, le concentré de notre malheur.

Posons-nous cette question: pourquoi les syndicats ont combattu Sankara pour le conduire à la chute? Parce qu’il a fermé toutes les voies de facilité, de vol, de pillage, de corruption et autres. Et Blaise qui a bien compris l’esprit burkinabè a ouvert les vannes, favorisant la création de la CGT-B en 1988 par le Front Syndical et le MBDHP en 1989. Si on aime le Burkina, qui des deux (Sankara et Blaise), les syndicats devraient-ils «accompagner»?

En Israël, les syndicats sanctionnent les militants, certains y sont exclus pour mauvais comportements. Un syndicat burkinabè a-t-il une seule fois sanctionné un de ses membres pour mauvaise pratique? Les syndicats burkinabè sont comme le grand marché de Rood-woko, ouvert à tous, même aux bandits de grands chemins, pourvu que le syndicat gagne, on s’en fout du reste! Le reste, c’est le pouvoir qui n’est pas bon!

Pourtant, un syndicat a aussi la mission d’éduquer, de former et d’être un acteur du développement. Plusieurs décennies, nos syndicats ne sont même pas parvenus à construire un dispensaire. Tout ce qu’ils savent c’est une phraséologie anti-gouvernementale. Quand ils ont l’occasion de gérer des fonds, ils deviennent pires que ceux qu’ils ont combattus hier. L’exemple de l’Union Inter-africaine des Droits de l’Homme (UIDH) reste un bel exemple de pillage.

Pour peu qu’on soit sérieux, aucun argument ne puisse être convaincant dans la problématique de la défense des fonds communs. Ils sont simplement et purement à supprimer. Un point, un trait. Ou, dans le cas le moins condamnable, ils peuvent être repartis à l’ensemble des travailleurs car c’est un travail collégial qui favorise la collecte des fonds communs. Qu’un syndicat défende autre chose, cela dévoile la vraie face hideuse.

Une petite confidence, un responsable syndical israélien d’une firme agroalimentaire à qui j’expliquai les fonds communs au Burkina ne m’a jamais crue, me traitant, sous mots voilés, de menteuse. Il me dit qu’aucun pays n’accepterait ça. Et pourtant, cela se passe dans mon pays. Depuis plus d’un mois, je ne suis pas parvenue à le convaincre. C’est ça aussi les réalités quand elles ne sont pas siennes.

A tous ceux qui, en sécheresse de raisonnement, qui pensent que nous défendons un pouvoir, lisez nos posts antérieurs. Rien n’interdit qu’à une situation donnée, je puisse avoir un même avis que mon contradicteur. Cependant, s’il était donné l’occasion à certains de changer de position par l’effet sonnant du pouvoir, c’est n’est pas évident que nous soyons parmi les premiers. J’ai la conviction que ceux qui nous traitent d’agent du pouvoir seront les premiers à l’être.

Ecoutons nos cœurs et nos raisons: notre pays est en panne parce que nous ne l’aimons qu’en discours et non en acte. Qu’on soit du pouvoir, de l’opposition ou des syndicats!

Sylvie Somda

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