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Burkina: pourquoi il faut rétablir le service militaire obligatoire?

Depuis la suspension du service militaire auquel participait la jeunesse burkinabè de l’époque et surtout dans un contexte actuel marqué par le terrorisme et tous ses corolaires, la violence et l’incivisme, l’affaiblissement des valeurs républicaines et la montée de l’individualisme, l’instauration d’un service militaire pour tous les jeunes burkinabè pourrait être une solution alternative aux multiples maux de notre jeunesse et de notre société.

Aujourd’hui, le service militaire s’impose comme une alternative à la lutte contre le civisme et le terrorisme

Plus de la moitié de la population burkinabè est jeune. Cet atout devrait être mis à contribution pour le développement du pays. Pour cela, il est impératif de développer des mécanismes pour la mobilisation de ces énergies positives, pour capitaliser le potentiel de la jeunesse burkinabè. Surtout au moment où l’incivisme, l’individualisme, la contestation de l’autorité, le manque de solidarité, le mépris des causes d’intérêt général, sont en plein essor. Pour sûr, une formation sur les valeurs républicaines, les règles de vie, la lutte contre les risques et le terrorisme s’impose.

Il faut agir car si la jeunesse représente l’avenir de notre Nation, elle a besoin d’être unifiée et sensibilisée davantage aux valeurs républicaines. Il faudrait donc réinstaurer le devoir de servir. Or cette transmission de valeurs ne peut mieux se faire aujourd’hui que dans un cadre militaire. C’est le cadre le plus naturel à l’émergence du sentiment patriotique. Une telle décision permettra de renforcer le sentiment d’appartenance nationale de notre jeunesse comme au temps de la Révolution d’août de 1983. Ce service militaire pourrait concerner obligatoirement tous les jeunes burkinabè garçons comme filles âgés de 18 ans. Sous l’égide du ministère de la Défense et des Anciens combattants ce service obligatoire pourrait être sans aucun doute le lieu de pérennisation de nos valeurs et, par extension, de lutte contre la radicalisation et le terrorisme. Au moment où notre pays vit des moments historiques avec les vagues d’attentats terroristes, nous avons besoin de refonder le creuset de l’intégration citoyenne.

Par ailleurs, l’envolée de l’incivisme a un lien étroit avec la suppression du service militaire de l’époque. Car tous ceux qui en ont bénéficié se souviennent encore de ses bienfaits et gardent encore le sens aigu du patriotisme, du respect de la hiérarchie et des valeurs. Un service qui pourrait contribuer aujourd’hui à prévenir le tabagisme, l’alcoolémie chez les jeunes, ainsi que la consommation de drogues. En effet, le service militaire est le moment opportun pour faire vivre aux jeunes burkinabè des mois sans tabac, sans alcool et sans stupéfiant. Le cadre militaire pourrait également être celui de l’accompagnement pour encadrer les jeunes, compléter l’école, cultiver la générosité, la tolérance, faire prendre conscience des devoirs et pour susciter éventuellement des vocations dans l’armée. Il nous faut travailler à réduire le risque djihadiste, et ressouder notre jeunesse.

Pour être efficace, ce service militaire pourrait être assez court, d’une durée maximale de 3 mois. La fascination exercée par les armes et la discipline qui est celle de l’armée sont telles que quelques mois de classe suffiraient à transformer nos jeunes en soldats.

Face au déchaînement de la barbarie djihadiste, nos concitoyens se sentent désemparés. L’instinct de mort est pourtant l’un des instincts les plus puissants de l’homme. L’être humain est violent comme il est sexué. Nier ces instincts, les comprimer comme un ressort, c’est se préparer à les voir exploser. Cette pulsion brutale est aujourd’hui refoulée sous nos latitudes. Pourtant aucun moyen de civiliser cet instinct n’est proposé aux adolescents. Le rétablissement du service national militaire ou policier, est donc aussi fondé sur le plan de la sécurité. Car nous n’en avons pas fini avec les troubles intérieurs et extérieurs. En initiant la jeunesse au maniement des armes, on fera baisser le niveau de violence dans notre société. On répondra que nous avons le service civique et qu’il suffit de le généraliser. Contre-sens. L’enjeu consiste bien à transformer des pulsions agressives en force, canalisée et autocontrôlée. Freud l’a magistralement démontré pour la sexualité: il ne faut pas nier les pulsions mais les sublimer. Le besoin de servir un idéal, d’appartenir à un territoire et à une communauté fière, comme l’instinct de violence, doivent être domestiqués, bref, transformer en patriotisme. C’est pourquoi, aujourd’hui plus qu’hier, notre jeunesse a besoin d’un rite initiatique.

Théophile MONE

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