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Burkina: la guerre contre les «fake news» devient une urgence nationale

Les fake news ou fausses informations sont un phénomène aussi vieux que le monde. Mais avec le développement spectaculaire des réseaux sociaux, elles sont de plus en plus dans notre paysage. Nous y avons tous été confrontés au moins une fois dans notre vie. Elles sont devenues au Faso un moyen de propagande, de manipulation et de conspiration. La dernière en date est cette histoire du marché de Pouytenga en fumée et qui serait l’œuvre de jeunes musulmans, accusés d’avoir mis le feu aux hangars des «dolotières». Qui a intérêt à manipuler les réseaux sociaux par des informations erronées à même de mettre la paix sociale en danger?

Tous, nous devons lutter contre les fake news par la sensibilisation et le discernement

Au Burkina Faso, les fausses informations augmentent sur les réseaux sociaux devenus un média à part qui transforme profondément l’écosystème de l’information. On remarque de plus en plus leur utilisation comme première source d’information. Pourtant, certains écrits et discours qui y sont publiés sont parfois haineux et tendancieux. La perversion absolue, c’est que Facebook gagne de l’argent avec le partage des fake news, alors qu’un journal traditionnel perdrait des lecteurs si c’était le cas.

En effet, il n’existe pas de règle précise en matière de démenti ou de droit de réponse pour les messages sur Internet et les réseaux sociaux.

Au Burkina, surtout dans les grandes villes, Facebook est devenu un danger parce que certains l’utilisent aux fins de propagation de fausses nouvelles. Aussi, ceux qui veulent voir le pays brûler créent artificiellement des mouvements de foule avec les réseaux sociaux, le temps que les utilisateurs se rendent compte de la supercherie quelques jours plus tard. C’est la constante de tous les systèmes de manipulation de l’information: ils sont éphémères. La crainte est que l’embrigadement sur les réseaux sociaux finisse par créer la panique ou l’hystérie collective, en tout cas, des troubles à l’ordre public.

Aujourd’hui, les fausses informations sont une bombe à retardement qui pourrait mettre à mal la cohésion sociale au Burkina. Elles sont dangereuses comme la peste noire. Le hic est que les internautes partagent souvent les informations sans vérifier si elles sont douteuses ou crédibles. La plupart se fiche des sources des informations qui leur parviennent. Elles sont pourtant capitales.

Par ailleurs, ceux qui s’amusent à induire les autres en erreur par des informations inexactes ou inexistantes devraient être poursuivis et punis selon la loi. Il ne faudrait pas oublier que la propagation de la désinformation est aujourd’hui l’une des plus grandes menaces pour le Web et pour la démocratie.

Le problème est extrêmement complexe et suscite une question délicate: faut-il légiférer pour les réseaux sociaux? En attendant que les débats se poursuivent en coulisses, il faut éviter que les fake news ne déstabilisent le Pays des Hommes intègres, comme la Radio des mille collines avait mis le feu au Rwanda. La liberté d’expression est une charge, une responsabilité. Elle ne saurait être une arme destructive.

Théophile MONE

 

Un commentaire

  1. Belle analyse. Merci.

    Il est plus que urgent pour le gouvernement (projet de loi) et/ou l’Assemblée nationale de rapidement légiférer la dessus.

    Cela participe à la Restauration de l’Autorité de l’Etat et à la stabilité du pays, nécessaire à toue activité économique et au déroulement de toute politique de développement.

    Les pyromanes-déstabilisateurs, les mythomanes, et apprenti-génocidaires doivent être traités avec la dernière rigueur de la LOI. Dura Lex, Sed Lex!

    J’en profite pour appeler le Ministre de la communication à être plus qu’un Porte parole du Gouvernement, il faut qu’il aille au charbon en innovant et en négociant une trêve avec les Radios FM où on constate la même anarchie avec des auditeurs qui interviennent en direct avec des arguments bancaux qui frisent la diffamation et la déstabilisation.

    Soit, il revient à l’Etat de prendre ses responsabilités au risque d’aller à une déliquescence de la Nation Burkinabé.

    Merci d’avoir soulever ce problème, ô combien important.

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