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Burkina: les militaires radiés de 2011 entendus par le Haut conseil pour la réconciliation et l’unité nationale

Les membres du Haut conseil pour la réconciliation et l’unité nationale (HCRUN) ont reçu à huis clos une délégation des militaires radiés de 2011 ce vendredi 20 janvier 2017 à Ouagadougou.  

Benoit G. Kambou, président du HCRUN
Benoît G. Kambou, président du HCRUN
Le présidium de la rencontre
Le présidium de la rencontre

«Nous avons décidé de rencontrer les militaires radiés pour les écouter, les entendre, recueillir leurs doléances et leur plaidoyer afin de pouvoir étayer les dossiers que nous avons reçus parce que toutes les informations n’y sont pas. Dans la recherche de la vérité, nous leur avons demandé de nous dire tout ce qu’ils ont sur le cœur, sans rien nous cacher», a laissé entendre le  président du Haut conseil pour la réconciliation et l’unité  nationale (HCRUN), Benoit G. Kambou, à sa sortie d’audience. Il a également promis d’écouter les policiers radiés, les victimes du putsch, de l’insurrection populaire d’octobre 2014 et les travailleurs déflatés, dans les jours à venir. Dans sa quête de transparence, le président Kambou dit être prêt à entendre la hiérarchie militaire, s’il le faut.

Pour la suite à donner au dossier des militaires radiés, Benoît Kambou a confié que son institution fera des propositions de solutions qu’elle soumettra au régime. A propos de leur éventuelle réintégration, le président du HCRUN estime qu’il est trop tôt pour en parler d’autant plus que lui et ses collègues sont au stade de «faire la lumière»; ils ne souhaiteraient donc pas passer à côté de la plaque dans la précipitation.

Le porte-parole des militaires radiés, ex-soldat de première classe, Hervé Tapsoba
Le porte-parole des militaires radiés, ex-soldat de première classe, Hervé Tapsoba

Le porte-parole des militaires radiés, ex-soldat de première classe, Hervé Tapsoba, dit avoir répondu à l’appel du HCRUN pour parler de «ce qui s’est passé». «Nous avons expliqué les faits tels qu’ils se sont déroulés en 2011; s’il y a lieu, qu’ils nous réhabilitent ou réintègrent. De toutes les façons, nous avons confiance en l’institution. Ce que nous recherchons, c’est la vérité et la justice avant la réconciliation. Nous avons été radiés et juridiquement, de notre avis, cette radiation est arbitraire car les textes prévoyaient d’abord que nous passions devant un Conseil de discipline avant toute action, chose qui n’a pas été respectée et les décisions ont été prises unilatéralement. Les éléments du RSP ont eu la chance d’être jugés en tenue mais nous, nous n’avons pas eu cet avantage», s’est-il désolé.

En rappelle, le HCRUN est composé de 21 membres désignés par le président du Faso, le  Premier ministre et le président de l’organe législatif.  Il a entre autres pour missions de créer les conditions favorables à la réconciliation, à l’unité nationale et à la cohésion sociale, gage de paix et de stabilité pour un développement durable. Dans ses attributions, le HCRUN qui assure déjà le traitement de 5.065 dossiers doit rechercher et situer les responsabilités des crimes et toutes autres violations des droits humains à caractère politique non encore élucidées de 1960 à 2015. Il doit éventuellement proposer toute suite susceptible de contribuer à guérir les traumatismes subis par les victimes.

Il faut noter que  dans le cadre du traitement des dossiers déjà enregistrés et en cours d’enregistrement pour y apporter des solutions appropriées, le HCRUN tient une série de rencontres prévues du 20 au 26 janvier 2017.

Omar Idogo, stagiaire

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