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Burkina: comment prévenir d’autres attentats?

Depuis trois ans, le terrorisme ne cesse de frapper notre pays. La menace est diffuse, sournoise, complexe. Les modes opératoires sont de plus en plus divers. Les revendications aussi. Mais l’objectif est toujours le même: semer la panique. D’année en année, les pertes deviennent intolérables. L’inquiétude de la population ne cesse de grandir. Pourtant, nous ne devons pas céder à la peur. Mais tenir bon et renforcer la sécurité. Un défi que nos Forces de défense et de sécurité s’efforcent de relever. N’empêche que les attaques du 02 mars dernier relancent la question de la lutte antiterroriste et des mesures de prévention des attentats. Quelles nouvelles stratégies faudrait-il mettre en œuvre pour défendre la souveraineté de notre Etat et protéger les populations?

Après la double attaque du 02 mars dernier, l’essentiel aujourd’hui est de mettre en place des stratégies pour déjouer d’éventuels projets d’attentats

Avant toute chose, il faut féliciter nos FDS pour leur courage et leur engagement à défense notre pays au prix de leur vie. Au regard aussi de la régularité des attentats, il est nécessaire de rappeler aux Burkinabè qu’ils doivent s’habituer à vivre durablement avec la menace d’attentats. Car, malheureusement, le Burkina Faso est devenu en quelques années, l’une des cibles privilégiées des terroristes. Le régime passé avait cru bon de collaborer avec ces mécréants. Une très mauvaise idée puisqu’on ne pactise pas avec des gens qui n’ont ni morale, ni loi, ni foi. Comme le péché originel d’Adam et d’Eve, nous avons donc hérité de la mauvaise politique des autorités passées, en l’occurrence celles du régime Compaoré.

Mais aujourd’hui les mentalités doivent évoluer. Face à la menace, nous devons nous unir contre un ennemi commun. Nous avons intérêt à cultiver les valeurs de solidarité et de cohésion. C’est une question de survie.

Justement pour éviter d’autres projets d’attentats, la première suggestion des uns et des autres est le renforcement de la présence policière, voire militaire, dans les lieux très fréquentés. Mais patrouilles et contrôles ne suffisent pas. Ils rassurent certes l’opinion publique, mais ces mesures ont leurs limites et les auteurs des attentats apprennent chaque jour à s’adapter aux situations. La réponse au terrorisme ne peut pas être seulement défensive. Elle est aussi diplomatique. Il faudrait une politique étrangère efficace et qui fasse pression sur les pays qui aident ces terroristes.

Dans cette optique, le G5 Sahel permettra d’interagir pour renforcer le contrôle des frontières et mutualiser les informations. Mais à ce niveau, il ne faudrait pas se leurrer. Car le problème est plus vaste et plus compliqué qu’il n’y paraît. Il faut se rendre compte que les services de renseignement protègent très jalousement leurs sources; ce qui est tout a fait normal. Conséquemment, lorsque qu’ils communiquent des informations, cela donne des renseignements sur la manière dont les services de renseignements opèrent. La collaboration dans le partage des informations ne sera donc pas toujours très franche. Nous devrons apprendre à compter sur nous-mêmes en nous inspirant de l’expertise extérieure.

En effet, certains pays comme Israël arrivent à prévenir les attentats depuis une quarantaine d’années. Les Israéliens s’appuient sur le profilage, l’intuition et l’expertise d’agents entrainés. Cela suppose que nous dotions nos services de renseignement de plus de moyens humains et matériels.

Ce qui est certain, pour anticiper et prévenir les attaques terroristes, le service des renseignements devrait davantage avoir des yeux et des oreilles partout pour mailler le territoire et traquer les éventuels suspects. D’où la nécessaire collaboration des populations. Que chaque Burkinabè devienne donc un agent des services des renseignements. Ce serait la meilleure stratégie pour tuer dans l’œuf les projets sinistres et macabres des insensés qui utilisent le nom de Dieu pour semer le désordre.

Les Echos du Faso

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