Accueil » Société » Burkina: qui ne rassemble pas disperse

Burkina: qui ne rassemble pas disperse

Triste, mais au Burkina, plus qu’hier, qui ne rassemble pas disperse. La tolérance fout le camp. En effet, parfois, entre les adeptes des différentes religions, entre hommes politiques de bords différents, entre les ethnies, entre les membres de la même famille, dans la société, … les gens se détestent, se haïssent, s’injurient, se regardent en chiens de faïence. C’est bien la raison de nos souffrances, de notre mal développement, de notre misère économique, sociale, politique et spirituelle. Pourtant, nous sommes issus d’une souche unique: c’est le mythe d’Adam. Alors, à quand les retrouvailles et le rassemblement véritables?

La division ne facilite pas notre développement

C’est bien à partir d’un tronc commun que sont nées des langues, des coutumes, des droits, des spiritualités différentes. Cela n’empêche pas les hommes et les femmes de vivre ensemble dans l’espace limité de la boule terrestre. D’ailleurs, la terre tourne. Une réalité qui nous incite à nous tourner vers les autres afin de dépasser notre intérêt limité à notre ego, et d’accepter que d’autres existent en dehors de notre égoïsme.

Malheureusement au Burkina, les gens se donnent bonne conscience d’ignorer ce qui diffère d’eux. Tout se résume souvent à «Ma maison, ma famille, ma clôture » puis aussi « mes amis », politiques ou religieux, mais pas plus, sinon ils m’envahiront et me suceront. En résumé, «Moi, toi », personne d’autre, les autres m’indiffèrent». Et même s’ils ont le même projet que moi, je veux bien les connaître pour apprendre, me nourrir de leur connaissance, mais je crains qu’ils soient les concurrents de mon objectif. Egoïsme, intolérance et jalousie sont nos dénominateurs communs qui minent nos relations sociales.

C’est bien unis, malgré nos différences que nous serons plus forts

Il est donc temps et urgent d’apprendre à tourner la page, à avoir envie ou désirer de se rassembler sur un objectif de communion, qu’elle soit psychique, psychologique, politique, économique, sociale spirituelle. Ce qui ne signifie pas d’assassiner nos différences. Non! Car en affirmant nos différences et en se ressourçant de celles des autres, on peut arriver à faire de grandes et merveilleuses choses. Peu importe, le rassemblement peut être local, inopportun, inopiné, subit, continu, incessant, désiré, non voulu… Mais notre pays en a besoin. Bien sûr, le plus difficile c’est de se réunir dans nos différences et non dans nos adhésions communes. C’est pourquoi chacun devrait vibrer de sa différence en s’affirmant tout en restant ouvert aux autres.

En particulier, nos politiciens devraient se rappeler que rassembler ce qui est diffus, c’est apprécier l’individualité de pensée de chacun. Il semblerait que dès lors qu’il y a discrimination, éparpillement, il ne peut y avoir de rassemblement. Pourtant, ce qui rassemble au-delà de la mort c’est l’amour. Certes, tout n’est que point de vue. Mais la vérité est que si tu es différent de moi, loin de me léser, tu m’enrichis.

Burkinabè de tous bords et de tout âge, chacun a sa place dans notre société pour construire l’édifice. Alors n’attendons. Commençons dès aujourd’hui à travailler main dans la main.

Théophile MONE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *