Accueil » Nè Wendé » Le Burkinabè a peur du changement

Le Burkinabè a peur du changement

Tout d’abord, je voudrais souhaiter que l’âme de Abo Blaise, décédé il y a bientôt un mois, repose en paix. C’était un bonhomme agréable. Très connu dans certains troquets et cabarets de Ouagadougou, il déclinait quotidiennement ses maximes sur des bouts de papiers qu’il proposait à la lecture de ses semblables. Il avait une belle écriture. Mais ces dernières années, il avait cessé d’écrire. Abo Blaise était l’un des premiers employés de l’hôtel Silmandé affecté plus tard par des troubles mentaux. Vas, frère. Que la terre te soit légère. Nè Wendé!

Je reviens à mon sujet du jour pour dire que le Burkinabè est un conservateur né. Il a peur du changement. Cela se confirme dans le fait que, pendant longtemps, il n’y avait que deux types de bières au pays: la Bravolta et la Flag. Plus tard, au milieu des années 70, il y a eu la création de la Sovobra avec deux usines implantées à Kossodo (Ouagadougou) et à Koudougou. La Sovobra avait la particularité de fabriquer des bières 33 cl en plus des 66 cl et des sodas aux parfums orange, citron et banane. Mais tout cela n’est que souvenir aujourd’hui. Nè Wendé!

Au début des années 90, la Bravolta et la Sovobra devenues Brakina et Sobbra à l’avènement du Burkina Faso, ont été rachetées par Pierre Castel et fusionnées sous la dénomination Brakina, Brasserie du Burkina Faso. Cette acquisition a apporté beaucoup de bières sur le marché: Castel, Guinness, ‘’Beau Faure’’ Lager. Des bières comme Tuborg Gold et 33 Export sont mortes avant d’atteindre l’âge de l’adolescence. Les Whisky Black, Beaufort Light et consorts ont été noyés très tôt dans les cuves à Kossodo. Nè Wendé!

Quand moi Nè Wendé je dis que le Burkinabè n’aime pas le changement, c’est en relation avec la bière Brakina. Il y a quelque temps, des citoyens ont reproché à la société d’utiliser les couleurs bleu-blanc-rouge de la France pour habiller la Brakina. Nè Wendé!

Profitant du rajeunissement de son identité visuelle, la société en a profité donc pour relooker l’étiquette de la bière Brakina dans le but de la… burkinabiser. D’où l’effigie de l’étalon. Sans changer la nature du contenu qui reste la Brakina. Mais déjà, des voix s’élèvent pour dire que la bière a changé de goût et que les consommateurs s’en détournent petit-à-petit. Nè Wendé!

Ah baaa, ne dit-on pas qu’on ne change pas une équipe qui gagne! La bière Brakina est la locomotive de tous les produits distribués par la Société de distribution de boissons (Sodibo), l’autre branche de la brasserie qui commercialise les productions de la Brakina. Il aurait été logique de créer un nouveau produit que d’abandonner un produit qui marche! D’ailleurs, La Brakina vient de recevoir, il y a quelques mois, la Médaille d’or au 57ème Awards Monde Selection 2018 à Valence, en Espagne, faisant d’elle une bière mondialement reconnue. Nè Wendé!

Le Burkinabè est un conservateur et n’aime pas le changement. C’est pourquoi Zèphrin a intérêt à changer de slogan (le changement, c’est maintenant) s’il rêve de devenir président du Faso. Nè Wendé!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *