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Le Burkinabè est devenu bavard comme une pie!

On le disait déjà, le Burkina est un pays de savane où tout se sait. Pas de secret qui vaille. L’endroit dans lequel on croit être caché, c’est là-même où dorment les ‘’mounafica’’. Mais avec la ruée de l’Internet et des réseaux sociaux, surtout la Face-de-bouc, dans notre quotidien, la situation est devenue inquiétante. Pas parce qu’on est traqué jusque dans son intimité, mais parce qu’on fait un mauvais usage des réseaux sociaux. Chaque quidam qui a un bidule et une connexion se croit investi de la mission d’informer.

Ainsi, des reporters d’images d’un genre nouveau ont envahi la toile. On ne collecte plus l’info pour la traiter et la diffuser: c’est l’ère du direct! On en met plein les yeux, quitte à heurter les âmes sensibles. Le droit à l’image? ‘’Connaît pas’’. Seul le droit de diffuser compte.

Cependant, même s’il n’existe pas de législation en matière de publications sur les réseaux sociaux, l’autorité devrait d’ores et déjà prendre le taureau par les cornes pour essayer de recadrer les choses. Ce n’est pas dire de couper les réseaux comme certains pays le font, mais il faut des technologies pour essayer de remonter à la première source d’une publication si cela s’avère nécessaire.

En effet, face à la divulgation d’informations souvent stratégiques sur les réseaux sociaux, des informations qui ne sont pas destinées à l’information du public, l’on devrait chercher à localiser les failles par lesquelles les fuites ont pu se produire.

Des citoyens ont jasé il y a peu sur la publication sur les réseaux sociaux d’une correspondance du Directeur régional (DR) de l’Est au Directeur général de la Police nationale. A notre avis, ce devrait être une correspondance CONFIDENTIELLE destinée exclusivement au patron de la Police nationale afin qu’il prenne les dispositions qui s’imposent pour protéger ses hommes et les populations.

Comment cette correspondance a pu se retrouver dans le domaine public ? Est-ce le DR lui-même qui l’a adressée à certains médias? Est-ce un de ses collaborateurs qui l’a faite parvenir aux médias? Est-ce un collaborateur du DG de la Police nationale qui l’a fait ? Dans tous les cas, l’autorité devrait chercher à savoir si ce n’est déjà le cas pour situer les responsabilités. Car ce fait est inadmissible.

De nos jours, il n’y a plus de secret. La faute incombe aux premiers acteurs eux-mêmes qui donnent les informations à leurs épouses, maîtresses ou amis. Qui la reprennent en écho. Il y a certaines informations dont les sources sont évidentes! Secrets de l’instruction, secret défense, etc., plus rien n’est confidentiel. Le Burkinabè est devenu trop bavard.

Mais puisque la toile est truffée de nombreux ‘’activistes’’ qui ne maîtrisent pas forcément la rigueur dans la diffusion des informations, surtout confidentielles ou stratégiques, les médias traditionnels devraient se garder de tomber dans le sensationnel pour reprendre de telles informations. Puisqu’elles ne sont pas destinées au public, elles ne devraient pas être livrées au public.

Même si le DR de la Police de l’Est avait lui-même fait ampliation de la lettre à des organes de presse, ceux-ci auraient dû éviter de publier cette correspondance qui sert l’ennemi plus qu’elle n’informe le public. Les médias ont aussi une responsabilité sociale qu’il faut opposer au droit à l’information. Cette missive a créé plus de psychose au sein des populations et donné du tonus aux forces du mal.

Alors, plus jamais ce genre d’informations sur la place publique!

Lougouvinzourim

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