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Quand les Burkinabè répudient leur roi, ils le font pour de bon!

Depuis l’année 2017, on l’annonce de retour. Le président du Rassemblement démocratique populaire (RDP), Nana Tibo, a été le premier, depuis Bobo-Dioulasso, à annoncer le retour de Blaise Compaoré pour le 14 décembre 2017. Après lui, le coordonnateur national du Cadre d’expression démocratique (CED), Pascal Zaïda, a également réclamé le retour de tous les exilés politiques dont principalement l’ancien locataire de Kosyam. Récemment, le 26 octobre 2018, le Mouvement pour le retour de Blaise Compaoré (MPRBC) a animé une conférence de presse à Ouagadougou, pour demander le retour de l’ex-président burkinabè dans «un climat apaisé».

C’est évident, les sympathisants de l’ancien président burkinabè rêvent de son retour aux affaires. Celui-ci garde une grande estime auprès de ses partisans. D’ailleurs, politiquement parlant, Blaise arbitre encore des décisions du CDP, valide le choix du candidat à l’élection présidentielle et valide les propositions d’union ou de fusion avec d’autres partis.

Si les raisons évoquées pour exiger le retour de l’ex-président sont multiples, de l’avis du coordonnateur du MPRBC, Mamadou Abdel Kader Traoré, «depuis le départ du président Blaise Compaoré, le Burkina Faso souffre d’un immobilisme criard dans tous les domaines».

Malheureusement, certains oublient que quand les Burkinabè coupent la tête de leur roi, ce n’est pas pour le rappeler sur le trône.

L’ex-président Blaise Compaoré

L’histoire n’est jamais écrite nulle part, mais celle que racontent avec tambours et trompettes les blaisistes – le retour du héros -, ressemble fort bien à une fable pour amuser la galerie. Certains inconditionnels de l’homme fort de Ziniaré se grattent pour rire ou pour recevoir un chèque. Les vaincus d’hier plastronnent comme s’ils se voyaient vainqueurs demain, comme s’il allait de soi que demain, le roi des tripatouillages de l’article 37 de notre Constitution allait revenir sous les fleurs et les hourras!

Très facilement, certains de ses affidés passent l’éponge sur les 27 ans de crimes et d’injustice pour affirmer sans sourciller que sans le retour de « Blaise, l’indispensable », aucune réconciliation n’est possible. Mais pendant qu’on y est, pourquoi ne réclament-ils pas le retour de Thom Sank pour rectifier notre histoire? Pour certain, le retour de Blaise profiterait à la justice qui cherche depuis des lustres à élucider des crimes de sang et économiques.

Après sa visite à Abidjan, Nana Tibo a été le premier à annoncer le retour l’ex-président Blaise Compaoré pour le 14 décembre 2017

Mais sans être un prophète, la légende de la revanche du « chassé d’hier » n’aura jamais lieu au Burkina Faso avec Blaise. L’on oublie que c’est par la volonté et la hargne populaire qu’il a été contraint de quitter le pouvoir avant de renier son pays. L’on oublie qu’en démocratie, la souveraineté du peuple est absolue et non négociable.

Convaincu de cette réalité, l’on peut se désoler que le scénario de «Blaise is back» n’est pas pour demain. Il risque fort bien de ne jamais se produire.

Pour ceux qui sont amnésiques, Blaise et ses amis, atteints par la griserie, se croyaient intouchables sinon éternels. C’est cette illusion d’un pouvoir à vie qui rend aujourd’hui la chute difficile à encaisser. Pour autant, faut-il la nier et croire béatement au come back de Blaise?

Même si les effets néfastes du terrorisme sur le développement du Burkina sont palpables et peuvent traduire un certain échec de Roch, le successeur, il n’est pas lucide de penser que le peuple burkinabè, si mûr et averti, se renierait du jour au lendemain pour accueillir un ex-président qui a lui-même, par pure frousse et lâcheté, renier son propre pays et nationalité.

Les supporters de Blaise peuvent se démener comme de beaux diables en vue de son retour triomphal. Mais les Burkinabè ne veulent pas le voir revenir. Car, quand le peuple insurgé répudie son roi, ce n’est pas pour ensuite le ramener sur le trône en grand tralala.

Mais, pour le propre intérêt de l’ancien président que ses dévots risquent d’enivrer à force de l’encenser, le bon sens serait de leur faire remarquer que leur dieu vivant ne progresse dans les faveurs populaires qu’à proportion de ses activités politiques. Moins il en fait, plus il tombe dans l’oublie. Or, ses opportunités d’actions politiques se réduisent comme peau de chagrin et se résument à des rencontres de selfies dans un salon-prison à Abidjan.

Mamadou Abdel Kader Traoré, coordonnateur du MPRBC

La retraite ou, sinon, une prise de distance avec le pouvoir d’Etat paraissent seules lui garantir un retour d’affection, peut-être même d’estime, qui retombera aussitôt qu’il prétendra se mêler de trop près des affaires politiciennes. Depuis le 31 octobre 2014, les Burkinabè ont été contaminés, par l’impératif vertueux des Anglo-Saxons qui veut que les hommes politiques ne le soient pas à vie. Quand ils ont perdu, ils décrochent. Toute prétention au retour dans l’arène paraît impossible, ou tout au moins de mauvais goût.

Certes, les blaisistes ne renient pas leur champion, ce qui, il est vrai, reviendrait à se renier eux-mêmes. Mais les Burkinabè ont dit adieu à Blaise Compaoré et non pas au revoir!

Alors, qu’il ne prenne pas seulement du recul, mais de l’élan. Cela permettra peut-être au Burkinabè de se convaincre qu’il a vraiment changé, que la sagesse comme la tempérance lui soient venues dans sa traversée du désert – mais encore faudrait-il qu’il le traversât! – Pourtant, cet exercice s’avère nécessaire s’il veut prétendre, un jour, traverser la frontière ivoirienne pour revenir au Faso.

En attendant, demain n’est pas la veille. Comme au monastère, qu’il apprenne à supporter la solitude. Que ses amis ne nous rabâchent plus les slogans de son retour au Pays des Hommes intègres. Car à l’évidence, la vie politique du Burkina se fera désormais sans lui.

Les Echos du Faso

4 commentaires

  1. Mon Cher, Franchement je ne suis pas pour Blaise, ni pour les Putchists aux affaires, mais en Parlant Constitution. La Transition l’a Bien respecter on dirait à te lire.
    Vous avez une mémoire courte. Rappel toi, cette même constitution stipule qu’en cas de Vacance du pouvoir l’intérim est assuré par le Président de l’Assemblée nationale. mais que s’est -il passé? vous pouvez nous le dire?
    Cette même Constitution stipule en ses premiers articles que tout les Burkinabè sont égaux. mais que s’est-il pas quand il s’agissait d’aller aux élections? tu peut nous l’expliquer?
    Pardons, n’écrit plus jamais ces conneries.

    • Mon répond moi. Ou était le président de l’assemblée nationale ? Il a fui hélas. On va quand même pas demandé à ton père d’être président !!!
      Des gens qui disaient que seul Blaise doit conduire le pays reviennent sur leur parole et veulent sa place. Des hypocrites dronnnn

    • En quoi ceux qui sont aux affaires sont ils des putschistes ; le mécontentement populaire à commencé lorsque le putschiste Blaise compaoré à commencé à divertir le peuple en nommant un fameux ministre chargé des réformes constitutionnelle et en appelant le peuple à des concertations .
      Combien de fois ce type à abuser du peuple pour modifier la constitution ? Le peuple en avait marre c’ est pour cela que les militants des partis politiques de la société civile , le citoyen lambda tous confondu sont sortis pour dire non et demander son départ de la présidence .
      C’ est ce peuple qui a voté la constitution qui a dit qu ‘il ne veut qu ‘ on le modifie.

  2. Tout ce qui est dit sur Blaise Compaoré a été bien dit. Alors, Monsieur on dirait que vous avez marché sur ma langue.  » Blaise iste  », Je n’ai contre votre campìon mais, après près de 30 ans d’exercice du pouvoir avec tout ce qu’on connait de lui , mais il peut s’en aller , il doit s’en aller, il s’en est allé et bon vent! MAINTENANT quand aux seconds couteaux, qu’il essayent de trouver leurs repères, sinon qu’ils en cherchent et la vie continue ; ce n’est pas parce que votre mentor a perdu le pouvoir que vous allez passer le plus clair de votre temps à crier sur tous les toits son retour qui s’annonce  » impôt-cible »

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