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Ça ne valait pas la peine de briser le droit de réserve!

L’ancien président burkinabè, Blaise Compaoré (ph François Mori/AP/SIPA

Dans un communiqué transmis à Jeune Afrique par ses avocats, Blaise Compaoré a fait exception au «devoir de réserve absolu» qu’il observe depuis son départ du pouvoir car il ne peut «accepter de lire, ces derniers temps, sous certaines signatures irresponsables et dévoyées par un combat politique dépassé, que j’aurais pu avoir des liens coupables avec les terroristes d’Al-Qaïda au Maghreb islamique, lesquels justifieraient en réaction les attaques subies par mon pays».

«Ceci est odieux, scandaleux, abject. Et chacun comprendra que cela nécessite qu’aujourd’hui, je brise exceptionnellement le silence et que je quitte mon devoir de réserve pour condamner fermement des allégations formulées avec légèreté qui ne sont que la marque d’une très grave irresponsabilité».

Blaise dit avoir «souffert» lors des attaques terroristes de janvier 2016 et août 2017 à Ouagadougou qui ont endeuillé le Burkina Faso. Il assure que la «sauvegarde de la sécurité» du peuple burkinabè a toujours été sa «préoccupation primordiale».

Blaise Compaoré affirme également qu’il a toujours recherché «la paix par la médiation et le dialogue», et que son action dans «cette région ultra-sensible du Sahel et du Sahara» est reconnue «partout et par tous».

Si c’était pour ça seulement, le bris du devoir de réserve ne valait pas la peine. Parce qu’il y a des sujets plus importants sur lesquels la justice et l’opinion auraient souhaité avoir sa part de vérité. Parce que concernant ce sujet de collusion avec les forces du mal, Blaise ne pourra convaincre personne au Burkina qu’il n’était pas de connivence avec elles. Il était le parrain des rebelles maliens qui avaient établi leurs pénates à Ouagadougou. Les négociations entre les rebelles et les autorités maliennes se déroulaient dans un hôtel de la capitale burkinabè. En fait, les autorités venaient rejoindre les rebelles à Ouaga.

Comment alors faire comprendre que «Ceci est odieux, scandaleux, abject»? Blaise et son équipe de négociateurs arrivaient, là où certains échouaient, à faire libérer des otages occidentaux détenus par les rebelles maliens. On a vu le général Diendéré fendre l’espace aérien malien et aller chercher une otage au Nord Mali.

Lors du crash du vol d’Air Algérie, le même général Diendéré a été le premier à être alerté par un informateur résident de l’autre côté de la frontière burkinabè, en territoire malien sous contrôle des bandes terroristes.

Il a raison de dire qu’il a souffert lors des attaques qui ont visé Ouagadougou parce qu’il a toujours recherché «la paix par la médiation et le dialogue», justement en hébergeant des terroristes. Aujourd’hui qu’ils n’ont plus pion sur rue à Ouaga, au moment où ils ne roulent plus les mécaniques à Ouaga, ils ont de bonnes raisons de vouloir faire regretter le départ de leur parrain aux nouvelles autorités burkinabè.

Blaise aurait dû utiliser cette exception à son devoir de réserve pour demander à ses anciens protégés d’épargner les vies de ses anciens compaorétriotes; puisque lui, il est devenu Ivoirien.

L’Impertinent

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