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Ça y est: le Burkina a franchi le Nakambé!

Le Burkina Faso a touché le fond sur l’échelle de la bêtise. L’incivisme et le nombrilisme ont atteint un point jamais égalé. Si ce n’est moi, ça ne peut être toi. Des politiciens aux citoyens Gomtibo en passant par des OSC, des élèves et étudiants, tout le monde a perdu le nord dans ce pays. Tout le monde a des droits, jamais de devoirs. Et on laisse faire.

Des élèves qui disent entrer en résistance contre la dissolution du conseil municipal (ph B24)

La situation délétère de Saponé est l’exemple de ce laisser-faire. C’est le prototype même de cette bêtise humaine: on peut freiner le développement d’une commune, on peut obscurcir l’avenir de sa jeunesse, on peut menacer la cohésion de tout un pays pour une question de poste. La situation de Saponé ne concerne pas que Saponé. Elle menace la tranquillité du pays. A cause de leurs intérêts égoïstes, des politiciens s’arrogent le droit de tout foutre en l’air!

La crise au conseil municipal de Saponé est le couronnement d’un manque de démocratie, de calculs politiciens mal ficelés, d’une prime à l’indiscipline. La crise oppose deux camps de même obédience politique: le parti au pouvoir. Parce que le MPP n’a pas pu ou n’a pas voulu gérer cette situation, on en est arrivé à ce point culminant.

Pourtant, on avait repris les élections municipales dans cette commune pour régler le problème. C’est l’argent du contribuable jeté par la fenêtre. Lorsqu’un parti, de surcroit celui qui gère le pouvoir d’Etat n’a pas les couilles pour se faire entendre, comment il peut en imposer aux étudiants qui se gourdinent sur le campus! C’est ce genre de situations qui enfoncent l’incivisme dans tous les corps sociaux.

Non contents d’avoir mis le feu aux infrastructures, non satisfaits de la mise sous délégation spéciale de la commune, on en est à présent à instrumentaliser des enfants pour organiser la résistance. Oui, si ces jeunes scolaires n’ont pas été instrumentalisés pour sonner la résistance à la décision de mettre la commune sous tutelle, ils seraient assis dans les salles de classe comme leurs camarades. Dans tous les cas, la résistance profite à quelqu’un de bien connu. Il faut éviter que ce précédent fasse tache d’huile.

Si le pouvoir du MPP ne peut pas instaurer la discipline dans sa famille, la porte est ouverte à toutes sortes de dérives aux conséquences inimaginables.

L’impunité a créé l’insurrection. Attention à ce que l’incivisme et le désordre qui sévissent çà et là ne créent un tsunami. Car, ce tsunami-là sera une bourrasque de révoltes. Des élèves, étudiants et travailleurs grévistes ne pourront pas toujours empêcher les autres de prendre des cours ou de travailler. Un candidat élu ou battu ne pourra pas toujours empêcher le fonctionnement d’une structure. Toute chose a une fin.

Il y a trop de laxisme, beaucoup de laisser-aller. Il faut rétablir la discipline, même s’il faut pour cela causer des injustices. On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs. Houphouët-Boigny avait dit qu’il préfère l’injustice au désordre. On peut réparer un acte d’injustice mais le désordre peut conduire à la ruine.

On en vient par moments à regretter certaines périodes et certains hommes comme le colonel Somé Yorian Gabriel, ministre de l’Intérieur du président Lamizana. Il faut siffler la fin de la récréation avant que l’idée ne vienne à des têtes brûlées de le faire avec une trompette.

Les Echos du Faso

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