Accueil » Ca se passe à l'assemblée » Cadeau de fêtes d’un million à chaque député: simplement indécent

Cadeau de fêtes d’un million à chaque député: simplement indécent

Ainsi les députés se sont partagés la somme de 127 millions de francs CFA (d’aucuns parlent de 165 millions à raison d’1 million 300 par député et ce ne serait pas le premier cadeau) comme cadeau de fêtes de fin d’année. Un comportement qui les fait vivre à côté de leur peuple comme les députés de l’ancien régime en avaient l’habitude. De mauvais réflexes inquiétants.

Les députés ont décidé de rendre hommage au peuple voltaïque qui a refusé la domination
Les députés burkinabè

Au Burkina où l’immense majorité du peuple ne sait comment passer les fêtes de fin d’année et amorcer le difficile virage menant à janvier 2017, les représentants du peuple, déjà gâtés par les avantages en termes de rémunérations, s’arrogent le droit d’empocher un million de bonus pour bien fêter sans compatir aux difficultés financières des pauvres qui les ont élus. Même si ces avantages étaient légaux et légitimes selon les textes, ils pouvaient, par solidarité avec le peuple insurgé, y renoncer afin d’honorer la mémoire et le sens du sacrifice de nos martyrs.

Après la chute de Compaoré le 31 octobre par la rue, l’on se souvient que les protestataires critiquaient notamment la corruption de son régime et l’accaparement des richesses nationales par son clan. Dans cette logique, l’opinion publique, la société civile et la presse avaient qualifié de «faramineux», d’«indus» et d’«indécents» les émoluments des députés en 2015 après l’annonce par le gouvernement d’un budget d’austérité. Le secrétaire général de la Confédération générale du travail du Burkina (CGT-B), Bassolma Bazié, avait en effet dénoncé les salaires de députés «qui ont tourné le dos au peuple pour regarder leur ventre».

Ces réactions avaient d’ailleurs contraint les membres du CNT à réduire de moitié leurs émoluments. Une décision qui avait été bien appréciée par les Burkinabè qui y voyaient une lueur d’espoir, un début de changements positifs.

Car l’idéal de l’insurrection ce n’est pas que les gens s’enrichissent comme dans le régime précédent, mais que l’équité et la justice soient les choses les mieux partagées. Il y a eu les tablettes (qui ont fini par être remises) maintenant c’est le  »gombo frais et gluant » qui a vite fait de glisser le long du tube digestif. Pas donc moyen de ramener même le franc symbolique. Nos élus feignent de diminuer leurs émoluments mais c’est pour les récupérer d’une autre manière.

Le peuple n’est pas pour la gratuité des mandats mais pour des émoluments ou avantages raisonnables qui respectent le niveau de vie d’un Burkinabè moyen. Ce que la population souhaite donc, c’est que leurs députés respectent l’idéal de la révolution en étant avec elle et non vivre à côté d’elle. Or l’acte qu’ils viennent de poser les éloigne davantage de leur peuple. Avantages hérités ou non, il faut les bannir maintenant et pour toujours.

Théophile MONE

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *