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Caisse de dépôt et de consignation: les délégués syndicaux dénoncent l’empressement du gouvernement

Les délégués syndicaux et les délégués du personnel des Comités CGTB ont dénoncé de vives voix ce jeudi 18 mai, au cours d’une conférence de presse, la «manière cavalière du gouvernement de mettre en place la Caisse de dépôt et de consignation (CDC)».

Kienou Ephreme (gauche), délégué syndical du personnel CNSS
Kiénou Ephreme (gauche), délégué syndical du personnel CNSS

Adopté le 9 mai 2017 par l’Assemblée, nationale, la Caisse de dépôt et de consignation n’a pas connu l’assentiment des syndicalistes qui n’ont pas manqué de le faire savoir. Non pas parce qu’ils sont contre le principe. «Nous ne sommes pas contre le principe, car elle est une prérogative de la puissance publique et nous n’avons pas vocation de nous opposer à cela», mais parce qu’ils désapprouvent les implications. «Si la CDC doit jouer le rôle de tierce de confiance, c’est à l’expérience, au vécu et à la pratique qu’elle doit établir la confiance entre les institutions qui voudraient faire des apports», a souligné le délégué syndical du personnel CNSS, Kiénou Ephreme.

Le coordonnateur des Comités CGT-B de la CNSS
Le coordonnateur des Comités CGT-B de la CNSS, Seydou Koné

Pour le coordonnateur des Comités CGTB, Seydou Koné, un régime de sécurité sociale est composé de trois parties prenantes que sont les travailleurs, les employeurs et un organisme public qui est le représentant de l’Etat. «Une seule partie ne peut pas se mettre à décider pour les deux autres sans les associer», a-t-il affirmé faisant allusion au fait que les organisations syndicales des travailleurs représentées par l’Unité d’action syndicale ont été royalement mises à l’écart par le gouvernement au mépris des principes de bonne gouvernance.

Rappelant la douloureuse expérience de la défunte Caisse nationale des dépôts et des investissements (CNDI), Seydou Koné, a confié que cinq milliards de francs CFA non dévalués de la Caisse nationale de sécurité sociale ont été engloutis dans la banqueroute de la CNDI. Il a donc trouvé inadmissible que les fonds des organismes de prévoyance sociale soient utilisés par la CDC. «Nous souhaitons que le peuple s’approprie cette initiative et nous souhaitons qu’on remette les compteurs à zéro pour que l’ensemble des parties prenantes soit associé à la démarche, mais pas une démarche en catimini de façon cavalière comme le fait le gouvernement», a-t-il souhaité tout en prévenant que les syndicalistes vont se battre pour que les fonds ne soient pas utilisés sans garantie.

Madina Belemviré

Un commentaire

  1. Sidbéwendé ZOUNGRANA

    Sans toutefois rejeter carrément les avis des Syndicats; CGTB de la CNSS notamment, nous les inviterons à plus de réalité. Oui qu’à travers bon nombre de choses on peut penser que le projet de création est un « empressement » de la part du Gouvernement. Mais! Peut-on obtenir « Tout » et son « Contraire »? Pendant que le peuple, meurtri, se plaint de la léthargie du Gouvernement, ses représentants trouvent que les solutions qui y sont « retrouvées » constituent une « Avancée à la vitesse X ». Que faire donc? Certes que d’autres solutions existent à savoir: i)-la Liquidation des Dossiers de « Crimes Economiques » aux fins de poursuites qui permettraient de récupérer ce qui a été volé au peuple; ii)-les Actions et Pressions fiscales qui sont les Voies les plus immédiates possibles pour renflouer les Caisses, puis: iii)-recourir à des endettements effrénés pour financer le Développement exigé. Pendant que pour la 2nde le niveau de tolérance étant à son « plus haut niveau » pour permettre aux administrés d’accepter davantage de pressions fiscales et que pour la 3ème, les actions ont été déjà déclenchées à travers le PNDES en cours qui d’ailleurs pour sa partie « burkinabé » présentera aux dirigeants de sérieuses difficultés pour respecter sa part d’intervention dans les programmes y contenus avec +50% de 18 000 milliards environ à trouver coûte que coûte; il restera la 1ère comme une des solutions les plus immédiates pour résoudre une partie (infime d’ailleurs) des choses. Mais et encore mais! Au titre de ce volet de solutions, il y aura de sérieuses difficultés à y parvenir car, ceux-là qui doivent taper sur la Table font partie des « couvertures » dont ces délinquants ont bénéficié hier pour réussir et même continuent leurs vols de nos jours. Compromis dans ces sales « Dossiers », ils ne verraient pas d’un bon oeil l’ouverture de ces dossiers. D’où cette impossibilité d’y accéder. Seule des voies telles la création d’une Caisse Nationale de Dépôts et de Consignation et bien d’autres pourraient permettre l’utilisation judicieuse des « Avoirs concrets » disponibles plutôt que de les laisser entre les mains de « Spéculateurs » telles les Banques qui se sucrent sur le dos des travailleurs ou des « Voleurs regroupés » qui se partagent ces argents entre copains; argents qui ne seront jamais remboursés. Acceptons donc de laisser au Gouvernement une petite liberté d’actions si celles-ci visent effectivement à résoudre les problèmes de développement attendus.

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