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La campagne agricole 2018-2019 risque d’être pire que celle précédente si la tension entre le ministère de l’Agriculture et son personnel perdure

La tension qui existe actuellement entre le ministère de l’Agriculture et son personnel du réseau d’encadrement des producteurs inquiète le monde paysan. Saisissant l’occasion d’une conférence de presse samedi qui avait pour objectif de présenter le bureau exécutif de la Chambre nationale d’agriculture du Burkina (CNA), le président de ladite chambre a interpellé les deux parties à privilégier le dialogue car si rien n’est fait, cette situation risque d’accentuer le déficit céréalier enregistré l’année écoulée.

Le présidium lors de la conférence de presse

«Si on ne trouve pas un dénouement tout de suite, dans les jours à venir le déficit céréalier que nous avons constaté la campagne dernière sera pire», a prévenu le président de la CNA, Moussa Koné.

Selon lui, à l’entame de cette campagne humide 2018-2019, le monde paysan a évoqué son inquiétude face à la crise qui existe entre le ministère de l’Agriculture et ses agents du réseau d’encadrement des producteurs. Leur appréhension se comprend d’autant plus que le déficit céréalier de la campagne précédente menace de famine plus de deux millions de la population.

Pour éviter que cette campagne 2018-2019 ne soit pire que celle précédente, la CNA a invité les deux parties à privilégier le dialogue. A entendre le président du CNA, les paysans ont besoin des agents du ministère pour les accompagner sur le terrain afin debien maîtriser les bonnes pratiques agricoles,car ce n’est pas seulement la disponibilité des intrants qui importe. «Une chose est d’avoir les intrants, mais une autre est de savoir les utiliser», a-t-il soutenu.

Moussa Koné, président de la Chambre nationale d’agriculture

Au regard des inquiétudes soulevées par les acteurs du monde paysan, Moussa koné a révélé que la CNA a eu des échanges avec le ministre de l’Agriculture pour comprendre ce qui se passe réellement. «Nous sommes prêts aujourd’hui à rencontrer l’autre partie afin qu’ensemble, nous trouvions des solutions pour avancer durablement», a-t-il dit.

A propos de l’objet de la présente rencontre qui a consisté à présenter le bureau exécutif de la CNA, Moussa Koné a indiqué que c’est depuis le 23 janvier 2018 que les instances au niveau de cette chambre ont été renouvelées pour la troisième fois. Il était de bon ton, de son avis, de présenter officiellement le nouveau bureau. Se voulant une interface entre le monde rural et les autorités publiques, foi de Moussa Koné, «nous devons défendre les intérêts de nos ressortissants».

Durant les cinq ans de son mandat, la CNA ambitionne donc de travailler à pérenniser la campagne agricole qui est jusqu’à présent humide. «Il est inconcevable aujourd’hui que le cultivateur travaille seulement trois à quatre mois dans l’année. Nous aspirons donc de mettre l’accent sur la petite irrigation goute à goute», a-t-il noté. En plus de cela, poursuit-t-il, «nous avons constaté que 90% de notre système agricole est pluviale et seulement 5% de technique irriguée. Il faut que nous travaillons à inverser cette tendance», a-t-il promis.

Madina Belemviré

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