Cartes consulaires: à malin, malin et demi - Les échos du Faso
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Cartes consulaires: à malin, malin et demi

La polémique enfle chaque jour que dieu fait à propos du vote des Burkinabè de l’étranger avec les deux documents retenus par la loi électorale. Moi Mounafica, bien qu’en vacances méritées dans mon champ de maïs et de mung-bean, loin du brouhaha de la capitale, je n’ai pas pu m’empêcher d’activer mes antennes pour comprendre pourquoi tant de ramdam autour de la carte consulaire impropre aux élections dans les scrutins au Faso? Quel est le problème fondamental?

C’est alors qu’un exégète du droit constitutionnel m’a dit qu’il n’y a en fait pas de quoi fouetter un chat dans cette affaire; pour lui, le problème est purement et simplement lié à des calculs politiques sinon politiciens. Il m’a dit de remarquer que toutes les discussions tournent autour de la diaspora burkinabè en Côte d’Ivoire. C’est à croire que les diasporas dans les autres parties du monde ne sont pas concernées. Si la loi avait été spécifique en notant qu’en Côte d’Ivoire on peut voter avec la carte consulaire, il n’y aurait pas eu de débat. Qu’est-ce qui se passe donc en Eburnie?

On estime à environ 4 à 5 millions les Burkinabè vivant dans le pays d’Ado; or donc, qui a élu domicile dans ce pays après sa perte du pouvoir? Il s’agit bien de Blaise Compaoré qui n’a toujours pas digéré la manière cavalière dont il a quitté le pouvoir. Il en garde une rancune tenace, surtout que ceux qui sont venus après lui ne sont personnes d’autres que des éléments avec qui il a travaillé pendant longtemps et, par le jeu des calculs politiques, il les a jetés comme des mouchoirs. Une sagesse typiquement africaine assure que l’ancien chef du village ne souhaite jamais que le village se développe et ses habitants s’épanouissent après lui. C’est presqu’un sentiment humain, l’ancien chef veut qu’on dise tout le temps «ah, si c’était le chef qui est parti, on n’allait pas vivre une telle situation»; il souhaite qu’on regrette tout le temps son départ.

Voilà pour l’analyste une des clés de la polémique. Et c’est ce que Simon Compaoré a voulu faire savoir quand il a dit que le chef de file de l’opposition se fait embarquer dans un bateau ivre par ceux qui ont créé de gros problèmes au Faso. Ce n’est pas une parole ‘’yada yada’’, le ministre d’Etat sait de quoi il parle. Cette affaire de cartes consulaires refusées coupe les ‘’pieds sous l’herbe’’ au lieu de l’herbe sous les pieds, pour reprendre l’expression qu’on attribue à un grand homme politique des indépendances africaines.

Le gros bétail électoral prévu ne va plus compter et ça, ça fait mal. Et pourtant c’est le jeu politique ; je te tiens par la barbichette et tu me tiens par la barbichette. Ou encore à malin, malin et demi. Le jeu, il faut le dire tout net, se fait entre le MPP et le CDP qui pensait prendre au dépourvu le parti au pouvoir. Mais celui-ci a vite découvert le pot aux roses et comme la nouvelle loi électorale a des côtés très défendables concernant la carte consulaire, comme le fait qu’elle ne soit pas valable dans tous les pays où se trouvent des Burkinabè, le MPP a pris la balle au bond et a fait une reprise de volée magistrale comme le diraient les chroniqueurs sportifs. Alors on fait beaucoup de bruit en avançant pêle-mêle l’exclusion d’une grande partie de concitoyens Burkinabè des élections. Alors que depuis que ce pays est indépendant, la diaspora n’a jamais participé à des votes et personne n’a trouvé quelque chose à redire.

Il faut toutefois souligner que dans cette affaire de carte consulaire, on accepté dans les scrutins au Burkina, le gouvernement a quelque part mal en sa communication. Pour moi Mounafica, la quintessence communicationnelle devrait avoir comme fondement le fait que c’est quand même ce gouvernement qui a pris l’initiative du vote des Burkinabè de l’extérieur, c’est gros et costaud et cela est opposable à certains qui le taxent aujourd’hui d’exclure des Burkinabè des scrutins Il y a quelques années, notre confrère Ladji Bama du journal Le Reporter y avait conduit une enquête intitulée: «Carte consulaire biométrique du Burkina en Côte d’Ivoire: une grosse escroquerie légalisée!» Et de dire que «Après deux années de sa mise en œuvre, le bilan de la fameuse carte est tout simplement désastreux pour beaucoup de Burkinabè de Côte d’Ivoire». Pour illustrer l’article, il y avait les photos de Justin Koutaba, alors ambassadeur du Burkina En Côte d’Ivoire, et d’Adama Bictogo, le patron de l’opérateur qui a produit les cartes. Ils se seraient rempli les poches dans l’opération.

Dans la même veine, il écrivait que: «Vote des Burkinabè de l’extérieur: attention au piège de la forêt ivoirienne!» Il a produit ces deux articles après un séjour sur place.

Mounafica, tout œil tout ouïe!

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