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Cause de la baisse de la production du coton: la «Lumière citoyenne» soutient la thèse de la pluie

Collectif d’associations et mouvements regroupant diverses sensibilités de la couche sociale, la  «Lumière citoyenne» a animé une conférence de presse à Bobo-Dioulasso le mardi 6 février 2017 pour, selon ses membres, inviter les acteurs de la filière coton à taire leurs divergences autour des causes de la baisse de la production du coton au titre de la campagne 2017/2018 pour, plutôt, songer à sauver le secteur.

Les principaux animateurs de la conférence de presse

Au cours de la campagne cotonnière 2017/2018, la production du coton a connu une baisse par rapport aux prévisions. Diversement interprétée, cette situation a suscité des polémiques au sein de la filière.

En effet, si d’aucuns pensent que cette situation est la conséquence d’une mauvaise répartition de la pluie dans le temps et dans l’espace, certains, par contre, estiment qu’elle serait due à la mauvaise qualité des intrants (engrais, pesticides, semences, herbicides) mis à la disposition des producteurs par les sociétés cotonnières notamment de la SOFITEX. «Depuis le mois d’octobre 2017, il nous a été donné de constater que des voix s’élèvent dans le monde paysan pour fustiger cette baisse de rendement dans la filière coton au Burkina. Ces différents mouvements d’humeur ont occasionné les marches de protestations et sorties médiatiques de certaines organisations de la société civile en prétextant la mauvaise qualité des intrants (engrais, insecticides etc.) distribués par la SOFITEX aux paysans d’une part. D’autre part, ils attribuent ce mauvais rendement à la pluviométrie et aux premiers responsables de la filière» a indiqué Daouda Ouattara, président de la «Lumière citoyenne».

Convaincu que la mauvaise pluviométrie de la campagne agricole 2017/2018 a négativement impacté tous les secteurs de production agricole, la «Lumière Citoyenne», se référant selon elle aux informations collectées par l’Association interprofessionnelle du coton du Burkina (AICB), parvient à la conclusion selon laquelle la baisse des rendements du coton n’est pas spécifique à la zone SOFITEX mais concerne aussi bien les autres sociétés cotonnières (Faso Coton, SOCOMA) et «même dans certains pays de la sous-région à savoir le Sénégal, le Mali, la Côte d’Ivoire et le Bénin».

Etant donné que la pluie est une émanation divine, les membres de ce collectif estiment qu’il n’est donc pas nécessaire que le problème soit déplacé sur la question de la qualité des intrants mais plutôt, d’entrevoir des solutions appropriées visant à accompagner les producteurs de coton en ces périodes dites difficiles.

Daouda Ouattara, président de la «Lumière citoyenne»

En ce qui concerne la mise en cause de la qualité des intrants, les membres du collectif disent s’en remettre aux résultats des analyses faites par des laboratoires. «Nous nous basons sur les résultats faits par les laboratoires nationaux  sinon que nous ne sommes pas des spécialistes» insistent-ils.

En réponse à ceux qui persistent à vouloir imputer la baisse de la production du coton aux intrants, la «Lumière citoyenne» se veut claire. «S’il y a des personnes qui ont des doutes quant aux résultats des analyses faites par nos laboratoires, elles peuvent demander ou commanditer des contre-expertises. Qu’on le fasse afin que les paysans soient situé sur les vraies raisons de la baisse de la production du coton» a indiqué Omar Traoré, membre du collectif.

A la question de savoir s’ils ne sont pas acquis à la cause d’une personne physique ou morale, les conférenciers répliquent. «Nous ne sommes pas manipulés. La filière coton nourrit beaucoup de familles au Burkina. Si aujourd’hui elle a un problème et nous, fils ne paysans en majorité, ne disons rien, nous nous faisons du mal à nous-mêmes» se sont-ils justifiés. Les conférenciers souhaitent que les acteurs de la filière, au lieu de tergiverser autour des causes de la baisse de la production du coton, se donnent la main pour la sauver.

Créé en 2014, le collectif la «Lumière citoyenne» compte aujourd’hui selon ses membres, 47 organisations de la société civile issues de toutes les couches sociales et de différentes localités du Burkina et se veut une structure de veille.

Cheick Omar Traoré

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