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Le champ de bataille n’est pas un terrain politique

«A la suite de renseignements fiables obtenus, les Forces armées nationales ont mené des frappes aériennes et des opérations de ratissage dans la zone de Pama et de Gayéri» peut-on lire dans un communiqué de presse daté du 16 septembre 2018. Plus loin, le communiqué ajoute que «Ces opérations combinées ont permis de détruire des bases terroristes. Le Chef d’Etat-major Général des Armées tient à remercier les vaillantes populations de l’Est du Burkina pour leur coopération…»

Même bien équipées et formées, nos FDS ont besoin du soutien de tous

Ce qu’on peut déplorer à la lecture du communiqué, c’est qu’il n’a pas été signé. C’est une méprise inadmissible dans le contexte qui est celui du Burkina Faso où n’importe quel quidam s’improvise source d’information. D’ailleurs, certains n’ont pas hésité à en railler. C’est regrettable de leur part car même non signé, l’authenticité du communiqué peut être vérifiée sur la page Facebook de l’Etat-major général des Armées où il est publié.

Dans tous les cas, la riposte annoncée par le Chef de l’Etat est effective. Un tournant vient d’être amorcé. La ‘’guerre’’ est déclarée à présent. Elle sera longue et harassante. Car ces hommes sans foi ni loi mèneront des actions de représailles contre les Forces de défense et de sécurité (FDS) et les populations civiles. Il convient de rassurer les populations et d’intensifier la coopération avec elles. La riposte a été possible grâce à des «renseignements fiables», ne l’oublions pas. Dans cette phase où l’Armée monte en puissance, les populations doivent comprendre que pour leur propre sécurité, aucun indice suspect ne doit être gardé, négligé ou dissimulé.

De leurs côtés, les FDS doivent être plus que jamais muettes dans la préparation des opérations. Pas besoin de grands tapages, n’en déplaise aux contempteurs du pouvoir et des Forces armées. Mais il faut tenir informée l’opinion et communiquer les bilans pour ne pas laisser la place à la délation.

Dans ces moments particulièrement difficiles, l’autorité devrait être ferme vis-à-vis de ceux qui s’excitent pour saboter le moral des troupes. Le reproche fait au pouvoir est qu’il ne donne pas les moyens conséquents aux soldats pour défendre la Patrie et qu’il n’apporte pas la réplique aux terroristes.

Maintenant que cela est en train d’être fait, il est aberrant d’entendre certains propos inopportuns. Pourquoi ne pas accéder à l’idée de ceux qui pensent qu’il faut instaurer l’état d’urgence?! Pour la Patrie, nous devons nous unir ou nous tenir cois.

Nous devons comprendre que mêmes avec les armes les plus sophistiquées du monde, sans union, une guerre ne peut pas être gagnée. Ailleurs, aux Etats-Unis ou dans les pays dont les armées sont les mieux entrainées et les mieux équipées, il y a toujours des attaques et des attentats. Il n’y a qu’une prise de conscience de tous que le champ de bataille n’est pas un terrain politique pour nous donner la chance de l’emporter. Après la guerre, on peut repartir à la conquête du pouvoir d’Etat.

Les Echos du Faso

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