CHAN 2018: le faux espoir qui nécessite des réformes - Les échos du Faso
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CHAN 2018: le faux espoir qui nécessite des réformes

Quand l’entraineur Idrissa Saboteur avait réussi à éliminer les joueurs locaux du Ghana avant la phase finale du CHAN au Maroc, il avait aussitôt suscité un grand espoir chez les fans du football burkinabè. Surtout que les Etalons séniors commencent à sentir le poids des âges, il était légitime de croire en un avenir meilleur de notre football. Mais les résultats catastrophiques enregistrés au Maroc nécessitent un diagnostic froid et sincère, voire une reforme totale de notre politique footballistique, si nous voulons aller de l’avant.

Les Burkinabè sont déçus de la prestation des Etalons locaux au Championnat africain des Nations (CHAN) 2018

Les supporters burkinabè du foot sont déçus. Car la prestation de notre équipe nationale au CHAN 2018 est minable et ne reflète pas du tout les attentes des uns et des autres. Il y a eu beaucoup de ratés.

D’abord au niveau de la sélection, il y a débats puisque des joueurs qui avant participé aux phases éliminatoires n’ont pas été retenus. Ensuite il y a eu visiblement de mauvais choix dans l’option tactique du staff technique: les joueurs du milieu n’ont jamais pu contenir les assauts des équipes adverses. Les attaquants, malgré leurs mauvaises prestations n’ont pas été remplacés. C’est seulement quand une équipe gagne que l’on fait confiance aux acteurs de terrain. Mais quand le contraire se produit, il faut donner la chance à ceux qui sont sur le banc de touche. Par ailleurs, l’on a constaté sur le terrain, un manque de cohésion entre la défense, le milieu et l’attaque. Une équipe décousue ne peut rien remporter. Apparemment, les joueurs manquent de confiance, de créativité et ne se battent pas comme il se doit. Le Burkinabè ne regrette pas quand il se bat et perd honorablement. Plutôt que de joueurs vifs et engagés qui combinent bien, nous avons été amenés à voir des acteurs amorphes, déroutés et impuissants face aux différents adversaires. C’est la preuve que l’encadrement technique n’a pas pleinement joué son rôle. Pourtant, l’entraineur dit sans sourciller qu’il ne «regrette rien!» Oui, il doit assumer les défaites de l’équipe. Mais il doit aussi regretter ses choix et le manque de résultats.

Sans langue de bois, il faut oser réformer en organisant des compétitions régionales comme suggéré par le défunt Salif Diallo, pour y dénicher des talents. Il faudra également développer les infrastructures sportives à tous les niveaux, instaurer le football à l’école et soutenir l’essor des centres de formation en football.

Jusqu’à preuve du contraire, c’est le travail et la patience qui paient dans le football. A défaut, l’on se nourrira toujours de faux espoirs comme c’est présentement le cas au CHAN 2018 où nous devons compter sur les résultats des autres équipes pour espérer nous qualifier. C’est inadmissible. Puisque notre élimination est quasi actée avec des Camerounais qui feront tout pour éviter eux-aussi l’humiliation.

Théophile MONE

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