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Chine-Afrique: le Burkina récolte des miettes!

Le forum sur la coopération entre l’Afrique et la Chine a fermé ses portes le 4 septembre 2018 à Pékin en Chine. Les 54 délégations du continent africain repartent avec des promesses de financement d’un montant de 60 milliards de dollars sur la période 2018-2020, avec des disparités au niveau des pays bénéficiaires. C’est le cas du Burkina Faso qui s’en sort avec une modique somme de 0,15 milliard de dollars.

La visite d’Etat du président Roch Marc Christian Kaboré en Chine n’a pas été aussi fructueuse que cela

Les 60 milliards de dollars d’investissements en Afrique représentent entre 30 000 et 35 000 milliards de F CFA en fonction du cours du dollar. A première vue, ce chiffre fait rêver. Cependant, il cache des réalités.

En marge de ce forum, le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a effectué une visite d’Etat dans ce pays. De nombreux accords ont été signés entre les 02 pays. Le montant promis au Burkina sur la période 2018-2020 s’élève à 98 milliards de F CFA (environ 0,15 milliard de dollars).

En moyenne, c’est un montant de 32,666 milliards de F CFA qui sera investi au Burkina par an sur les 03 ans. Tout ce bruit pour seulement 32,666 milliards de F CFA par an?! On est bien tenté de se poser cette question puisque la Chine a été présentée comme le sauveur du Plan national de développement économique et social (PNDES).

Si le gouvernement burkinabé avait consenti les mêmes efforts dans la mobilisation des impôts en interne, il récolterait les 32,666 milliards de F CFA en peu de temps. Il lui suffisait de lutter véritablement contre les détournements, la fraude et la corruption. Rien que le secteur minier pouvait à lui seul mobiliser ces 32,666 milliards de F CFA par an si un accent est mis sur la lutte contre la fraude à l’exportation de l’or produit artisanalement et si le gouvernement accentuait la veille sur les activités des mines industrielles.

Seulement 98 milliards de F CFA de financement ont été promis au Burkina

La Chine n’est pas aussi généreuse que cela. Les 98 milliards de F CFA de financement promis au Burkina ne représentent pratiquement pas grand’chose lorsqu’on les compare à la promesse globale faite à l’Afrique. En effet, 98 milliards de F CFA représentent 0,30% de ce que la Chine compte investir en Afrique durant les 3 prochaines années. Le Burkina Faso, qui vient d’intégrer le cercle des amis de la Chine, ne bénéficie pas pour le moment d’un grand soutien financier, contrairement à ce que tentent de nous faire croire les membres de la délégation burkinabè. En plus, une grande partie des 98 milliards de F CFA représente des prêts.

Voilà que cette nouvelle relation contribue à grossir le portefeuille de la dette extérieure du pays. Quand on sait que la Chine ne s’intéresse pas à la manière dont son argent est dépensé, des craintes de détournements existent. Une manière de faire qui risque de compromettre l’avenir des générations futures qui seront obligées de rembourser des prêts qui ont plus servi à enrichir des hommes politiques qu’à investir.

Sur les 60 milliards de dollars promis à l’Afrique, 15 milliards de dollars seulement sont constitués d’aides sans contrepartie et de prêts sans intérêts, ce qui représente ¼ du montant promis.

Si les pays africains se sont massivement mobilisés pour participer à ce forum, c’est justement pour bénéficier des prêts chinois. La plupart de ces pays se sont endettés auprès des institutions comme la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) et auprès de pays amis en Occident. Ils augmentent du coup le montant de leur dette extérieure en se tournant vers la Chine au lieu d’améliorer leur gouvernance interne.

En contrepartie de ces dons et prêts, la Chine lorgne les ressources naturelles de l’Afrique comme le bois, l’or, le pétrole, le zinc, le cuivre, etc. Comme le disait le président Thomas Sankara, l’aide étrangère accentue la dépendance de l’Afrique vis-à-vis de l’extérieur.

L’Afrique doit savoir compter sur ses propres ressources et non sur les prêts qui alourdissent le portefeuille de sa dette extérieure.

A. K.

5 commentaires

  1. Alors tout ça pour ça ? Pas même de prime spéciale au nouveau venu ? Serait-ce une sanction pour avoir boudé pendant longtemps la Chine continentale ? Si c’est le cas, la pilule sera plus amère et l’humiliation plus intolérable.

  2. Article pertinent, mais je pense que nous pensons trop à nous uniquement. Vous avez bien dit 54 pays africains. Si on fait un partage équitable 60 milliards / 54 = 1,1 milliards de dollars. Nous avons reçu 0,15 milliards c’est loin d’être la moyenne mais c’est pas mal. Chaque pays a ses réalités et la chine va prioriser certains partenaires par rapport à d’autres. Et pire, nous sommes les outsiders parmi ces 54 états, nous venons de renouer avec la chine il ya quelques mois. Pour moi c’est tout à fait normal.
    Chapeau pour la dernière phrase de l’article. L’unique vrai solution se trouve en nous, il faut arrêter de faire les garibou et générer de la valeur nous meme dans nos pays à partir de ce que nous avons.

  3. Burkina Faso, es-tu le Jérusalem de l’Afrique de l’Ouest?

    Convoquons un peu l’histoire.

    La Haute-Volta avait été disloquée en 1912 sous le règne traditionnelle de NABA KOOM II pour être reconstituée 15 bonnes années après, sous le règne de NAABA SAAGA II en 1947..
    37 années plus tard l’appellation Haute-Volta est mise en colis et  » retourné à l’envoyeur ».
    Exit la haute volta, place au Burkina Faso sous la houlette révolutionnaire d’un jeune et intrépide Capitaine , Thomas Sankara.
    . 38 années de vie sur Terre et Thomas Sankara est assassiné. Un des fils du Burkina Faso meurt, mais le Burkina Faso demeure.
    Tel un élève de CM qui boit  »le laboureur et ses enfants » la leçon, ainsi avons-nous bu des paroles de Thomas Sankara sans en retenir la substance…
    Mon cri de cœur pour le Burkina Faso diffère-t-il de celui d’un certain Jésus-Christ pour Jérusalem?
    D’où ces questionnements::
    Pourquoi Le burkina Faso se meurt politiquement ?parce qu’une jeunesse qui se lève, qui s’élève et qui veut s’ élever sans formation politiques et civiques.
    Pourquoi le Burkina se meurt économiquement ?
    parce que la corruption, la gabegie le népotisme le clientélisme et leurs ressorts.
    Pourquoi le Burkina se meurt socialement?
    Parce que la théorie de chacun pour soi et Dieu pour tous.
    Résultats le Burkina des inondations et des bas-fonds va prêter assistance à sa voisine la Chine des gratte-ciel pour venir se confondre davantage dans la pauvreté, la promiscuité et dans la déperdition des valeurs.
    À à quoi bon même l’aide Extérieur? Stephen Smith -in nécrologie, disait que l’aide Extérieur est une manière de faire de nouveaux pauvres dans les pays riches et de venir faire de nouveaux riches dans les pays pauvres.
    cela veut tout dire et cela va sans dire.
    Que Dieu bénisse le Burkina

    • Cher Maurice revois tes dates sinon les élèves de CM2 vont t’interpeller.
      1919 création de la Haute-volta
      1932 Suppression de la Haute volta et non en 1912
      1947 reconstitution de la Haute volta .merci

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