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Cinquième session nationale de la décentralisation: la question des réformes au cœur des débats

Le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, a présidé ce 02 novembre 2018 dans la salle de Conférences de Ouaga 2000 les travaux de la 5ème session  ordinaire de la Conférence nationale de la décentralisation (CONAD). Placée sous le thème «Les référentiels de la décentralisation au Burkina Faso: des réformes majeures pour des collectivités territoriales performantes», cette rencontre va permettre aux participants issus des régions, provinces, départements, communes et aux partenaires techniques et financiers d’échanger sur les nouvelles orientations en matière de décentralisation dans notre pays.

Le Premier ministre (3ème à partir de la droite) a présidé l’ouverture des travaux

Consacrée par la Constitution du 2 juin 1991, la politique de décentralisation est en marche au Burkina. Ce choix fait par l’Etat de décentraliser son administration relève d’une volonté d’assurer une meilleure gestion des administrations locales et de mieux répondre aux besoins des populations. Le processus de mise en œuvre a été progressif sur le terrain; en 1995, à l’issue des premières élections législatives, 33 communes urbaines avaient été créées, auxquelles se sont ajoutées 16 autres après les deuxièmes élections législatives de 2000. Suite à la promulgation en avril 2005 du code général des collectivités, l’option prise par l’Etat d’une communalisation intégrale et d’une régionalisation du territoire a conduit à la création de 302 nouvelles communes rurales et de 13 conseils régionaux.

Dans la dynamique de donner un souffle nouveau au processus et de doter le Burkina de documents stratégiques et prospectifs innovants devant permettre aux collectivités locales de mettre en œuvre de façon plus efficace et efficiente la politique de décentralisation, le gouvernement s’est orienté vers une nouvelle vision de la décentralisation depuis avril 2018.

Cela s’est traduit par l’adoption de documents par décret. Il s’agit essentiellement de la vision prospective de la décentralisation à l’horizon 2040, la politique nationale de décentralisation et la stratégie décennale de la décentralisation assortie de son premier plan d’actions quinquennal.

Le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation

Pour le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, vice-président de la CONAD, Siméon Sawadogo, «ces référentiels, vont assurément nous engager davantage dans la consolidation de la décentralisation et partant, une rupture d’avec les cycles précédents». L’objectif est de faire de la décentralisation, conformément au programme politique du président du Faso, «le pilier essentiel de la réalisation de la démocratie et du développement à la base».

En rappel, la Conférence nationale de la décentralisation (CONAD) a été mise en place en 2007 pour le suivi des plans d’actions triennaux élaborés par le Cadre stratégique de mise en œuvre de la décentralisation. La présente session de la CONAD a lieu dans un contexte où le gouvernement se propose de renforcer l’action des collectivités territoriales pour la mise en œuvre des choix fondamentaux en matière de performance économique dans un environnement d’intégration sous-régionale et d’ouverture des marchés. C’est pourquoi l’objectif visé est d’échanger sur les nouvelles orientations en matière de décentralisation dans notre pays.

Pour le Premier ministre, «ces assises se tiennent également à un moment où, la mise en œuvre du plan national de développement économique et social (PNDES) dont l’axe 3 énonce en son objectif stratégique 3  »renforcer la décentralisation et promouvoir la bonne gouvernance locale », connaît de multiples acquis qui méritent d’être renforcés, grâce à une participation plus accrue de tous les acteurs».

Les participants au premier rang desquels les gouverneurs des régions

Le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation a en outre souligné l’important rôle joué par tous les acteurs impliqués dans la conduite du processus, ce qui a permis les avancées notables enregistrées jusque-là. Mais de nouveaux défis se posent toujours en termes de mécanismes de financement innovants à mettre en place pour apporter aux pouvoirs locaux des ressources fiables et pérennes. Il y a également la nécessité d’audits institutionnels et financiers pour davantage convaincre les bailleurs de fonds sur la bonne gestion et les encourager à la poursuivre leurs différents financements.

Le Premier ministre a d’ailleurs remercié les PTF pour leur soutien inestimable à la mise en ouvre de la décentralisation. Aussi, a-t-il souhaité que «les présentes assises débouchent sur des conclusions susceptibles d’offrir de nouvelles perspectives à nos collectivités et de réaffirmer davantage notre engagement en faveur de la de la démocratie locale et du bien-être des populations».

Théophile MONE

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