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Comment Roch peut-il devenir ce président dont rêvent les Burkinabè?

Oser quitter le méga CDP et affronter la colère de l’enfant terrible de Ziniaré, Blaise Compaoré, n’était pas aussi simple qu’une lettre à la poste en janvier 2014. Certes, le manque de démocratie au sein du parti avait créé beaucoup de mécontents. Mais pour se sevrer des mamelles d’un système qui les avait nourris des années durant, il faillait qu’ils aient des couilles. Surtout que tous ceux qui osaient ouvertement défier le capitaine Blaise étaient suivis, punis et muselés d’une façon ou d’une autre. Les risques d’accidents mortels, d’AVC, d’assassinat, bref, de mort, étaient donc potentiels. Pourtant, ces risques-là, Roch et ses camarades Salif, Simon, clément et autres s’y sont exposés.

Les Burkinabè en quête de renfort contre la mise en place du Sénat aux forceps et les velléités de modification de l’article 37 de la Constitution avaient apprécié ce courage. Aussi aux élections présidentielles de novembre 2015, ils ont porté Roch Marc Christian Kaboré au pouvoir parce qu’il se présentait comme la solution. Solution contre le chômage, la pauvreté, le laxisme, l’injustice, etc.

En fait, à la hauteur de l’extraordinaire insurrection d’octobre 2014, les Burkinabè rêvaient d’un président prodigieux et charismatique comme Thomas Sankara. Mais au fur et à mesure que le temps s’égrène, les espoirs s’estompent, car si l’on ne recule pas, l’on n’avance pas non plus. Comment alors dans ce contexte mitigé, le président Roch peut-il innover pour devenir ce chef Etat tant attendu par les millions de Burkinabè surtout jeunes?

Roch peut être encore la solution. Mais il faut qu'il accepte une certaine mue dont la fermeté et l'impopularité
Roch peut être encore la solution. Mais il faut qu’il accepte une certaine mue dont la fermeté et l’impopularité

De nos jours, pour séduire et conserver leur popularité, les politiques savent ce qu’il faut faire exactement: soigner leur style, leur communication, maîtriser les réseaux sociaux, être cool. En un mot, forger leur réputation par la simplicité, l’accessibilité, l’engagement, l’humanisme.

Mais pour les Burkinabè, il ne s’agit plus de séduction de campagne électorale, de promesses fallacieuses, de démagogies politiques. Non. Ils rêvent d’un chef d’Etat à la hauteur de leurs attentes.

Un président qui ferait du Burkina Faso un Etat fort en se saisissant des sujets régaliens comme la sécurité intérieure et extérieure, la justice, l’autorité publique. Face aux attaques répétées des terroristes, les Burkinabè sont de plus en plus exigeants et voudraient que le chef de l’Etat donne la priorité à la sécurité. Un président protecteur des dangers intérieurs et des menaces extérieures. En fait, ils rêvent de ce côté guerrier du chef. Ils aimeraient avoir affaire à un Roch combattif, déterminé, exemplaire et qui prend de bonnes décisions.

Compte tenu aussi des injustices subies par le passé et le contexte marqué par l’incivisme criard, la fermeté de la justice, son impartialité, sa diligence et son égalité sont désirées d’un grand désir. Même dans un contexte de séparation des pouvoirs, le peuple insurgé qui a élu Roch Kaboré attend de lui une révolution dans le milieu judiciaire: faire le ménage au sein de cette institution pour empêcher la protection et la promotion des oligarques qui ont longtemps pompé le pays sans payer d’impôts. A lui d’adopter les stratégies nécessaires pour répondre à cette forte attente des populations. S’il réussit, il en sortira grandi. Et aura été une solution à la corruption, véritable frein au développement du Burkina Faso.

Sur le plan économique justement, les Burkinabè attentent que le chef de l’Etat donne un nouveau souffle au pays. La relance économique doit permettre l’amélioration du niveau de vie. Pour cela il faut stabiliser le pays par des réformes, le travail et la fermeté. Les insurgés veulent un président qui ne recule devant rien et qui n’a pas peur d’être impopulaire. Un président autoritaire, n’est pas forcément un président dictateur. Par exemple, le président Thomas Sankara avait la poigne et la fermeté tout comme Blaise Compaoré. Mais ce dernier utilisait plus l’argument de la force que la force de l’argument.

Il ne s’agit pas d’un président parfait qui ne commet pas d’erreurs. Qui n’en commet pas? Les Burkinabè veulent d’un Roch Kaboré plus ferme et qui les pousse à plus d’ardeur au travail. Si ce rêve n’est pas encore une réalité, il n’est pas non plus une rêverie, une utopie. Il est un désir ardent d’un peuple dynamique. Il peut devenir réalité. Par la seule volonté du président Roch Marc Christian Kaboré. Il en la carrure et les potentialités nécessaires.

Théophile MONE

Un commentaire

  1. En somme vous voulez un président débarrassé de son entourage. Pourquoi il ne pourrait pas gouverner dans la concertation? Ce qui semble se dire c’est que Rock manque de personnalité; la voix du président n’est elle prépondérante dans les prises de décision où alors ont-ils la preuve de ce qui se dit. Le sage est celui qui écoute plus.

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