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Comment sont construits les pied-à-terre du président du Faso?

L’ancien président du Faso, Blaise Compaoré, avait entrepris de faire construire des pied-à-terre dans certaines villes du Burkina Faso. Après Pô où il a fait bâtir une résidence au début de sa présidence, il a investi à Ziniaré sa ville natale et à Bobo-Dioulasso. Plus tard, avec la célébration tournante des anniversaires de l’indépendance, les pied-à-terre ont été intégrés dans la réalisation des infrastructures dans les chefs-lieux de régions. Des choses ont été dites sur la paternité de ces résidences, de même que l’origine des fonds qui ont permis leur réalisation. Certaines personnes ont même eu ou donné l’impression que ces pied-à-terre appartenaient à Compaoré. Que nenni!

Tout comme le palais de Kosyam, les pied-à-terre du président du Faso appartiennent à l'Etat
Tout comme le palais de Kosyam, les pied-à-terre du président du Faso appartiennent à l’Etat

Ces réalisations ont été faites (en dehors de la résidence de Ziniaré qui abrite le parc animalier qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive sur son coût en son temps) sur des fonds publics. Pour lever toute équivoque sur leur paternité, il convient de se référer à leur appellation: pied-à-terre du président du Faso. C’est dire que ces résidences secondaires disséminées aux quatre coins du Faso sont des édifices publics, au même titre que le palais présidentiel sis à Kosyam à Ouagadougou.

Dans le cadre de leurs érections, des agents publics se seraient rendus coupables de certaines dépenses irrégulières. Certaines dépenses n’ont pas suivies les procédures en la matière. C’est le cas du pied-à-terre de Dédougou. Pour son érection, c’est la somme de 300 millions de FCFA qui a été débloquée de manière irrégulière.

Les auteurs de cette malversation ont utilisé le truchement de comptes de dépôt ouverts par la Direction générale du Budget (DGB) au Trésor et à la BCEAO. En réalité, ces comptes de dépôt ont servi à financer diverses activités du budget des ministères et institutions sans référence à un texte réglementaire et sans prise en compte dans les comptes de l’Etat.

Il se trouve que la Présidence du Faso, sous l’ère Compaoré, a exagéré dans l’usage des comptes de dépôt. Cette pratique a été une porte ouverte à la surfacturation, à la fraude, au faux et à la corruption.

Un meilleur contrôle de ces comptes de dépôt s’avère nécessaire pour s’assurer de la régularité des pièces justificatives des dépenses de certaines structures (Présidence du Faso et Premier ministère).

L’ensemble de ces irrégularités a été favorisé par l’absence totale de contrôle financier et d’inspection périodique sur les pièces justificatives provenant des dépenses sur ces comptes. D’ailleurs, aucune comptabilité formelle n’est tenue et les pièces de dépenses ne sont pas intégrées dans la gestion du Payeur Général pour y être soumises à la sanction de la juridiction des comptes.

A. K.

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