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Commissions d’attribution des marchés: « des fonctionnaires transfèrent leur bureau dans les maquis », dixit le président de l’Assemblée nationale!

«Une chose est d’adopter la loi, une autre est de la faire appliquer», a déclaré le président de l’Assemblée nationale à l’occasion de l’adoption de la loi portant règlementation générale de la commande publique le vendredi 2 décembre 2016 à Ouagadougou. Ainsi, il a invité le gouvernement à sévir après l’application de cette loi pour montrer l’exemple.

Salif Diallo, président de l'Assemblée national depuis le 30 décembre 2015
Salif Diallo, président de l’Assemblée invite le gouvernement à sanctionner les cas de corruption pour assainir la gestion de la commande publique

«Le gouvernement doit pour l’exemple sanctionner les cas de corruption pour assainir la gestion de la commande publique», a souhaité le président du parlement burkinabè, Salifou Diallo. S’exprimant à l’occasion de l’adoption de la loi portant règlementation générale de la commande publique, Salifou Diallo a soutenu que c’est la volonté politique qui doit compter pour l’application de cette loi. «Si elle est adoptée et dans deux ou six mois il n’y a pas de sanctions, les gens vont se dire, voici des plaisantins», a fait remarquer le président de l’Assemblée nationale.

Il revient donc au gouvernement de son avis, de veiller, au-delà des décrets, aux commissions d’attribution des marchés. «Généralement le ministre est assis dans son bureau, il croit que tout se passe bien, mais la réalité du terrain est que la nuit tombée, vous retrouvez des membres des commissions d’attribution dans les maquis avec les mêmes entrepreneurs», a-t-il relevé. La commission d’attribution poursuit Salifou Diallo, se déplace du ministère au «bar dans la nuit noire et reçoit au fur et à mesure les entrepreneurs soumissionnaires». «Comment un fonctionnaire va transférer son bureau dans un maquis la nuit?», s’est-t-il interrogé tout en précisant que c’est dans le détail que se trouve le diable. Diallo s’est aussi prononcé sur les difficultés rencontrées par l’Etat pour honorer les délais de payement des entreprises privées. A ce niveau, il a affirmé que les responsabilités sont partagées. «Autant l’Etat a des difficultés pour honorer les délais de payement, autant la faute revient aux entrepreneurs car 90% des chantiers sont abandonnés». Il va donc falloir selon ses mots, que le gouvernement mette en place une commission de contrôle pour pénaliser et punir tous les chantiers abandonnés sans raison objective et exclure l’entreprise pendant un bout de temps.

Concernant les délais d’exécution et les pénalités de retard, Salifou Diallo a noté que l’Etat n’est pas souvent responsable de ces situations. A l’en croire, les agents notamment ceux du trésor s’asseyent sur les dossiers des entrepreneurs, attendant que ces derniers viennent les démarcher avant de faire les transferts. «L’argent est souvent débloqué dans les délais de 45jours et tant que l’entrepreneur ne passe pas les voir, ils ne débloquent pas l’argent», a-t-il dénoncé tout en encourageant le gouvernement à fixer des délais. «Il faut donner des délais aux agents du trésor pour traiter les dossiers. Dans chaque service, un dossier doit faire 72h. Au-delà des 72h, l’agent doit s’expliquer», a conclu M. Diallo.

Madina Belemviré

2 commentaires

  1. Mr le président, venez commencer à la DRB HB.

  2. On s’en fout de ce que toi Salifou Diallo, raconte point barre. Fais toi écouter par les gens que tu respectes.

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