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Conditions de vie et d’étude des premiers boursiers burkinabè en Inde: «Notre souhait, un transfert dans une bonne université»

Les premiers boursiers burkinabè  arrivés en terre indienne en décembre 2018, ne sont pas satisfaits de leurs conditions de vie. A travers une déclaration, ses premiers sélectionnés pour une bourse   d’étude  en Inde offerte par l’État burkinabè afin de   poursuivre  leurs études universitaires,  demandent de meilleures conditions et un transfert dans une bonne université pour mieux  poursuivre leurs études.

Tout d’abord, nous avons   été   sélectionnés   pour   une   bourse   d’étude  en Inde offerte   par

l’Etat   burkinabè   afin   de   poursuivre   nos   études   universitaires   en   ingénierie.   Chacun   de   nous   a bénéficié   un   kit   de   bourse   qui   s’élève   à   4000$(dollar)   par   an   donnant   droit   aux   avantages suivants :

Ø  les   frais   d’inscription ;

Ø  les   frais   de   la   formation ;

Ø  les   frais   de   la   restauration ;

Ø  les   frais   d’hébergement ;

Ø  les   frais   d’assurance   santé ;

Ø  les   frais   de   la   documentation ;

Ø  les   frais   de   l’uniforme   scolaire ;

Ø  aucune   allocation   n’est   verse   à   l’étudiant(e).

Il   faut   noter   que   nous   sommes   arrivés   sans   l’accompagnement   d’un   spécialiste   en   éducation pour   nous   guider.   Chacun   d’entre   nous   a   choisi   une   filière   qui   lui   convenait   parmi   celles proposées   par   le   CIOSPB.

La   directrice   du   CIOSPB   nous   avait   rassuré   que   chacun   fera   sa   filière   même   si

elle   devait   lui transférer   dans   une   autre   université,   vue   que   sur   nos   lettre   d’admissions   délivrées   par l’école,   les   filières   mentionnées   étaient   différentes   de   celles   choisies   pour   certains(Mécanique avec   la   spécialisation   en   mécatronique   et   ingénierie   des   science   de   l’informatique   et technologie   de   virtualisation).

Ils nous ont berné  depuis   le   début   car   pendant   les   réunions   tenues   au   CIOSPB,   la   directrice nous   a   révélé   que   GIET   fait   partie   des   vingt(20)   meilleures   universités   de   l’Inde,   mais   a   notre grande surprise,   GIET   n’est   en   réalité   qu’une   institution   affiliée   à   une   université   du   nom   de JNTU   Kakinada   qui   ne   figure   même   pas   parmi   les   cent(100)   meilleures   du   pays.   En   ce   qui concerne   l’institution elle n’est même   pas   classée   en   Inde.

Ils   nous ont aussi rassuré pendant   ces   réunions   qu’on   aura   une   assurance   santé   et   que nos   parents   n’auront   pas   à   s’inquiéter   pour   la   santé.   Ce   qui   n’a   pas   été   le   cas   à   notre   arrivée et   qu’il   n’y   a   pas   de   dispensaire   présent  dans le   campus   pour   les   premiers   soins   en   cas   de maladies   urgentes.   Après   avoir   été   sélectionné   pour   la   bourse,   le   CIOSPB   nous   a   dirigé   vers une   entreprise   privée dénommée ELPIS Group   qui   nous   a   arnaqué   dans   l’obtention   de   nos   visa.

Nous   sommes   arrivés   dans   l’institution   le   10   décembre   2018.  Le lendemain,   11   décembre

2018,   nous   avons   eu   une   rencontre   avec   le   directeur.   Lors   de   cette   rencontre,   nous   avons  rempli   des   formulaires   pour   débuter   les   cours   d’anglais.  Le   14   décembre   2018,   nous  avons   commencé   à   apprendre   l’anglais (cours   que   l’institution exige   aux   africains

 

francophones)   qui   a   une   durée   de   6   mois.   Le   28   décembre   2018,   nous avons   reçu   une   visite   d’un   conseiller   et   d’un   consulaire   de   l’ambassade   du   BURKINA   FASO en   Inde.   A   notre   grande   surprise,   ils   nous   ont   fait   comprendre   que   l’ambassade   n’était pas   au courant   de   notre   arrivée   en   Inde. Le   2   avril   2019,   la   Directrice   du   CIOSPB   Mme   Lydia   ROUAMBA   nous   a   surpris   dans notre   institution. A   son   arrivée,   nous   étions   en   cours   et   notre

professeure   nous   a   signalé   que nos   autorités   sont   venues   pour   nous   rendre   visite.   A   notre   grande   surprise,   elle   était   seule.

Nous   avons   échangé   avec   elle   et   nous   avons   soulevé   nos   difficultés   telles que la non disponibilité de certaines filières, la   non   couverture   de   l’assurance   santé.   Malheureusement, suite   à   nos   échanges   avec   elle,   nous   n’avons   jamais   eu   de   réponse   sur   nos   préoccupations.

Elle   nous dit   de   nous   débrouiller   avec   le   directeur   de   l’institution quant à la non disponibilité des filières telles que “ l’ingénierie des sciences de l’informatique et la technologie de virtualisation ”, et   la   mécanique (   spécialisation   en mécatronique).   Ce   jour-là,   elle   nous   a   prouvé   qu’elle   manque   d’informations   sur   nos   filières,  vu   qu’elle   avait   demandé   au   directeur   de

l’institution   pour   qu’il   éclaircisse   sur   certaines   de nos   filières   à   notre   présence,   choses   qui   devaient   être   effectuées   bien   avant   le   lancement de   la   bourse.   Le   directeur   a dit   qu’il   n’y   a   pas   de   différence   entre   la   mécanique   et   la mécatronique,   or   nous   savons   que   les   noms   sont   attribués aux   choses   pour   les   différencier.

Ils   ont   imposé   à   certains   de   payer   une   somme   de   50   000   CFA    afin   de   refaire

un   visa   pour les   filières   existantes.   Au   BURKINA,   la   directrice   nous   avait   rassuré   que   nous  aurons une couverture sanitaire, mais   lorsque   nous   avons   eu   des   problèmes   de   santé   dans   l’institution,   nous nous   sommes   soignés à   nos   propres   frais.   L’institution   ne   dispose   ni   d’infirmerie,   ni d’ambulance,   donc   pas   de   premier   soins   en   cas   de   maladie.   Et   pire   encore,   l’hôpital   où nous   nous   soignons   est   impropre   et   situé   à   des   kilomètres   de   l’établissement.

En   début   Juin,   nous   étions   aux   termes   de   nos   6   mois   de   cours   d’anglais.   Nous   sommes partis   en   vacances   au   cours   desquelles   les   boursiers   Ghanéens   sont   venus   dans   l’institution.

En Août 2019, nous avons commencé nos cours dans nos différentes filières. Ayant eu à faire

des filières techniques au Burkina Faso, une fois dans les différents laboratoires, larmes et salives ont commencées à couler de cause de déception. Petit ignorant, nous partions au cours croyant que tout allait baigner dans l’huile. Malheureusement, ce fut le début de nos saignements. Après avoir perdu une année pour apprendre l’anglais, nous découvrons que dans les classes, l’anglais n’est pas priorisé. Les cours sont majoritairement expliqués en langue locale (Telugu). Et le peu d’explication en anglais n’est pas concluant. Cela pour montrer l’inaptitude des professeurs d’expliquer les cours aux étudiants internationaux que nous sommes.

De plus dans les laboratoires, le matériel est obsolète et d’ailleurs en nombre insuffisant. Les expériences sur cette miniature d’équipement sont dispensées par des ouvriers qui parlent exclusivement la langue locale et traduit par nos camarades étudiants pour nous servir d’explication.

Le professeur sensé connaitre le concept se nourrit d’explication avec l’ouvrier avant de reporter aux étudiants.

Comme conclusion de cette réunion, nous ne serons pas transférés, nous sommes condamnés à rester dans cette merde pour 4 ans ou être rapatrié.

Par ailleurs, nous avons contacté l’ambassade pour comprendre d’où vient la contradiction mais l’ambassade clame avoir fait un rapport fidèle et même mentionné des universités qui peuvent nous accueillir.

Il est à noter que ce n’est pas les étudiants burkinabè seuls qui dénoncent l’incompétence de

cette institution de pouvoir garantir une formation de qualité qui est le seul objectif de nos

gouvernements en nous envoyant dans cette institution. Parmi ces nationalités, il y a les éthiopiens et les ghanéens. Les éthiopiens ont quitté cette institution avant que les étudiants burkinabè et ghanéens n’y arrivent.

Constatant les mêmes réalités, nous nous sommes référés à notre gouvernement de nous trouver une bonne université qui pourrait nous donner une formation de qualité.

Aujourd‘hui, nous étudiants burkinabè sommes les seuls boursiers dans cette institution car le gouvernement ghanéen, après avoir été informé de la situation, n’as pas tardé à transférer leurs boursiers dans une des meilleurs universités de l’Inde.

Il est étonnant d’admettre que seul le Burkina Faso refuse de transférer ses boursiers sous prétexte qu’ils sont incapables de le faire.

 

En conclusion, nous demandons tout simplement un transfert dans une bonne université et non pas une institution de mauvaise foi comme Godavari Institut of Engineering and Technology (GIET).

 

Autres points culminants

 

Nous   dormons   au   milieu   d’une   forêt.   Donc chaque   jour   que   Dieu   fait, nous   recevons

la   visite   d’animaux   sauvages   tels   que: singes, scorpions et serpents. Il est à souligner   que   nos   vies   sont   en   danger   car si   jamais   un   serpent   venait   à   te   mordre   tu pourrais   mourir   avant   d’atteindre   l’hôpital qui   est   situé   à   des   kilomètres   de l’institution.

A  notre  arrivée  le  directeur  de l’institution  nous  déconseillait  de  collaborer  avec  les  autres

Africains  parce qu’il  savait  que  ceux-ci  n’hésiteraient  pas  à  nous   révéler   les   réalités   de   l’institution.

L’eau   disponible   dans nos dortoirs   est  contenue   dans   une   bassine   où   les   singes se

baignent avant notre utilisation.

Les   boursiers   Burkinabè   sont inégalement   répartis   en   deux   groupes. La minorité

envoyée  dans une université dont les frais de scolarité s’élèvent à 4500 Dollars  US  et la majorité dans   notre institution de 4000 Dollars   US.

Douze boursiers qui ont eu l’admission et même le visa pour GIET ont été transférés dans une autre université du nom de Sharda University suite  à nos cris de cœur.

 

 

2 commentaires

  1. Que l’état attend cet cris de coeur. C’est vraiment scandale de voir des rêves construites tant d’années se brissées.

  2. Le gouvernement doit gérer cette situation car je suis étudiant burkinabé en Inde pour les cours chez nous ces en Hindi avec l anglais on ce plaint chaque jour que Dieu fait mais je vous conseille même si vous changer ces mieux d’aller voir le.professeur après le cours pour les explications en anglais car ces plus simple de comprendre dans sa.langue que une autre langue le gouvernement doit essayer de mettre ça en place enseigné dans nos langues

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