Accueil » Logtoré » Conférence sur la santé à Oslo: quel montant arrivera réellement aux bénéficiaires?

Conférence sur la santé à Oslo: quel montant arrivera réellement aux bénéficiaires?

Les dirigeants du monde se sont engagés à consacrer 600 milliards de F CFA dans la santé et la nutrition des femmes, des enfants et des adolescents les plus pauvres du monde. Cet engagement a été pris à Oslo du 5 au 6 novembre 2018 où s’est tenue la conférence sur le Mécanisme de financement mondial (GFF). Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a pris part à cette conférence sur le GFF. Il a annoncé à la tribune que le Burkina Faso contribuerait au financement du GFF à hauteur de 600 millions de F CFA. Simon Kaboré, directeur exécutif du Réseau Accès aux Médicaments Essentiels (RAME) donne son point de vue sur ces engagements.

Simon Kaboré,, directeur exécutif du RAME

Pour Simon Kaboré: «il est difficile d’apprécier ces annonces sans pouvoir les rapporter aux besoins réels de financement. Le Burkina est entrain d’adopter son plan stratégique de financement de la santé par exemple, il faudrait voir à quel taux du montant qui sera jugé nécessaire se situe l’annonce du président du Faso. Il y a un travail de mise en parallèle à faire pour mieux apprécier la pertinence de ces annonces.

Nous sommes dans un contexte de couverture santé universelle. Toute l’attention risque d’être concentrée sur les soins tout en oubliant la prévention. Pourtant, plus des gens contacteront des maladies, plus les besoins en infrastructures, en ressources humaines et en intrants divers croîtront et moins nous aurons la possibilité de rassembler les moyens nécessaires pour y faire face.

Mais au-delà, il y a l’utilisation des sommes annoncées. D’abord quel montant des sommes annoncées seront réellement octroyées? Combien pour-cent des sommes qui seront octroyées seront réellement dépensées? Combien pour-cent des sommes dépensées arriveront réellement aux bénéficiaires? Autant de questions qui peuvent vous laisser imaginer l’impact final de ces annonces sur la santé de la population. C’est pourquoi, en tant que société civile nous ne devons pas croiser les bras. Nous devons nous mobiliser pour revendiquer plus de ressources affectées à la santé, pour suivre les allocations et l’utilisation des ressources mobilisées.

«Nous devons tous savoir que nous serons tous (autorités nationales, bailleurs de fonds, société civile) comptables devant l’histoire des résultats en santé».

En rappel, 10 nouveaux investisseurs dont le Burkina Faso ont rejoint le Mécanisme de financement mondial depuis le lancement du processus. Ils rejoignent les bailleurs de fonds existants, la Fondation Bill & Melinda Gates, le Canada, MSD for Mothers, la Norvège et le Royaume-Uni, pour financer le GFF et améliorer la santé et la nutrition des femmes, des enfants et des adolescents.

Au cours de la conférence, le Burkina Faso a réaffirmé son engagement de consacrer au moins 15% de son budget annuel pour améliorer la santé.

Madina Belemviré

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *