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Confusion et perte des valeurs: où va le Burkina?

Au soir de sa vie, le grand philosophe et Prix Nobel de physique Albert Einstein disait: «De l’homme, je ne dirai plus rien, il est inconstant». Inconstant, métamorphosable, l’homme est changeant, ondoyant et divers, un vrai caméléon.

Les Burkinabè ne savent plus à quel saint se vouer

L’homme peut adorer aujourd’hui ce qu’il a haï hier et vice-versa. Cette assertion se vérifie davantage chez nos hommes politiques qui manquent cruellement de convictions et de repères. Ainsi, au gré des humeurs, des intérêts et des guéguerres interpersonnelles, ils démissionnent de leur formation politique initiale, créent leur parti et donnent ensuite l’impression d’avoir rompu avec le diable en personne.

Bien d’entre eux sont en fait des manges-mil, prêts à vendre leur âme pour des pièces sonnantes et trébuchantes. Ils s’abonnent aux coups-bas, aux crocs-en-jambes, aux machinations, pourvu qu’il leur soit promis des postes juteux, de meilleures conditions de vie. Ils donnent ainsi l’impression que la finalité de la politique est de trahir, de mentir, de tricher, de se renier, de gagner une victoire sans gloire. Ils rament à contre-courant des valeurs cardinales qui font la fierté de notre nation.

Dans cette confusion, difficile de convaincre les plus jeunes que la politique est un art et un noble métier. Face à ce désordre comportemental, une question s’impose: où sont parties les valeurs d’honnêteté, d’intégrité, de fidélité que nos aïeux nous ont léguées? Quel héritage va-ton laisser aux futures générations?

Nos valeurs et nos racines se meurent

Ces interrogations sont lourdes de sens dans la mesure où aujourd’hui, notre société baigne dans les confusions et les contradictions. Confusion entre instruction et éducation, plaisir et joie, argent et morale, tradition et innovation. Il y a même le risque individuel et les risques imposés aux autres, même à ceux qui ne sont pas encore nés.

Le plaisir s’achète et est pris pour de la joie, qui, elle, se cultive et se partage.

De cette confusion, de cette absence de discipline intérieure, émerge la société du Moi (My society des Américains) dont le mot d’ordre est: tout le monde à droit à tout – tout de suite – y compris le superflu.

L’on a l’impression qu’il n’y a plus de repères, de règles de conduite et d’objectifs au Faso. Les responsables politiques, administratifs et même religieux semblent s’accorder sur une chose: «Après nous, le déluge!» Mais où va notre pays, le Burkina Faso?

Les Échos du Faso

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