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Conseil régional de l’épargne publique et des marchés financiers: informer de l’existence d’un marché financier régional

Le Secrétaire général du ministère en charge des Finances (micro) lors de son allocution.

Le Conseil régional de l’épargne publique et des marchés financiers (CREPMF) de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) a tenu une session d’information et de sensibilisation à Ouagadougou le 2 mars dernier. Cette première rentre dans le cadre d’une campagne qu’il compte mener dans tous les pays membres de l’UMOA. Le constat du CREPMF est que le public méconnait l’existence d’un instrument complémentaire pour financer à long terme le secteur privé. La majorité des opérateurs économiques ne connaît que les institutions financières de la place que sont les banques et les caisses, alors qu’il existe un marché financier sous-régional. En marge donc de ses rencontres statutaires comme ce fut le cas à Ouagadougou, le CREPMF est allé à la rencontre des étudiants de l’Ecole nationale des régies financières et des autres grandes écoles du domaine financier. L’idée étant de leur expliquer, eux les décideurs de demain, l’existence du marché financier de l’Union, son fonctionnement, ses acteurs et les opportunités qu’il offre en termes de financements.

Mamadou Ndiaye, le président du CREPMF

La rencontre a été placée sous la présidence de la ministre des Finances, de l’Economie et du Développement, Hadizatou Coulibaly/Sori, représentée par son Secrétaire général, Séglaro Abel Somé. On notait la présence des membres du CREPMF, de son Secrétaire général, du Directeur de l’antenne nationale de la Bourse régionale des valeurs mobilières du Burkina (BRVM), Alexis Lourgo, et des représentants des grandes écoles.

Dans son mot introductif, le président du Conseil régional, Mamadou Ndiaye, a remercié les autorités pour l’accompagnement dont bénéficie le CREPMF. Il a ensuite mis le doigt sur la plaie, c’est-à-dire le taux de bancarisation au sein de l’Union qui est inférieur à 20%. C’est dire que les populations continuent de thésauriser, en déposant leur argent dans des malles, des boîtes si elles ne l’attachent pas simplement au bout d’un mouchoir.

Malgré cela, a dit Mamadou Ndiaye, la BRVM, qui rassemble les 8 pays de l’UMOA, a affiché au 31 décembre 2017 «une capitalisation boursière totale de 9 806 milliards de FCFA, soit environ 10% du PIB de l’UEMOA». Pour la même année 2017, le CREPMF a autorisé sur le marché financier de l’Union des émissions d’un montant total d’ «environ 1 458 milliards de FCFA pour environ 1 397 milliards effectivement mobilisés». Il y a donc de l’argent sur le marché financier régional qui pourrait compléter les besoins de financements des entreprises et des infrastructures. Et encore, il est possible d’accroître ces ressources par une plus grande bancarisation des populations et une entrée en bourse des acteurs économiques.

L’assistance, avec au premier plan…

Mais pourquoi tenir cette session à l’endroit des étudiants et pas directement avec les opérateurs économiques, les cibles potentielles?

Séglaro Abel Somé a expliqué que des activités ont été menées en direction de ce public cible. Mais il faut constater que les étudiants des grandes écoles financières sont les acteurs de demain. Ce sont eux qui, soit comme employés dans les entreprises ou alors patrons de leurs propres sociétés qu’ils vont créer, peuvent opérer le changement voulu. D’où l’idée de les rassembler pour échanger avec eux.

Ici au Burkina, on n’a pas une culture boursière. Seules quelques entreprises comme l’ONATEL SA ou Coris Bank International ont osé franchir les portes de la bourse. Pourtant, en amenant son business à la bourse, on peut encore plus l’agrandir en récoltant des ressources à travers l’ouverture de capital et la vente d’actions.

…des dirigeants d’institutions du marché financier

Certains aussi pensent avoir fait le bon choix, en construisant des maisons démesurées ou des bâtiments qui se révèlent inadaptés. C’est une immobilisation inutile des ressources. Dans le meilleur des cas, lorsque ces infrastructures sont achevées, on trouve difficilement un locataire. Dans le pire des cas, certains investissements restent au stade de chantiers. Alors qu’on peut faire un bon placement en achetant des actions dans des sociétés. Il y a donc un travail de sensibilisation qui est en train d’être fait.

Mamadou Ndiaye a informé que depuis le 19 décembre 2017, il est désormais possible pour les PME/PMI d’aller mobiliser des ressources sur le marché financier régional pour financer leur développement. Ce qui n’était réservé qu’aux grandes entreprises.

Donc, le CREPMF est dans la dynamique de la promotion de cette culture. Et en rencontrant les étudiants, acteurs qui vont intégrer le marché de l’emploi comme travailleurs dans les sociétés existantes ou en créant des sociétés, il pense avoir frappé à la bonne porte. Sachant qu’il est possible d’accroître son activité en se tournant vers le marché financier régional, ces futurs leaders vont accélérer le processus d’acquisition de la culture boursière.

Hidogo

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