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Les conseillers municipaux de Saponé ont introduit un recours en annulation du décret de la dissolution du Conseil municipal

Une délégation des filles et fils de la Commune de Saponé a animé un point de presse ce jeudi 15 février 2018 à Ouagadougou sur la crise ayant conduit à la dissolution, pour la deuxième fois, du conseil municipal et à la mise de la localité sous délégation spéciale. Des ressortissants de Saponé souhaitent non seulement l’annulation du décret pris le 14 décembre 2017 par le gouvernement, mais également le rétablissement du conseil municipal dissout. Ils ont même saisi le Conseil d’Etat.

Présidium lors de la conférence de presse

Il vous souviendra qu’après les élections municipales de février 2016, monsieur Ouédraogo Issa, candidat MPP, avait été proclamé maire élu. Mais par manque d’inclusion des autres partis dans le conseil municipal, une crise avait empêché la bonne tenue des sessions. Aussi, quatre médiations avaient été menées par l’administration publique et par les personnes ressources de Saponé; mais elles ont été infructueuses. Et le conseil municipal avait été dissout avec ceux de 18 autres communes le 1er mars 2017.

Abdoulaye Compaoré, le porte-voix des fils et filles de Saponé

A l’issue des élections le 28 mai 2017, Idrissa Ouédraogo, n’ayant pas bénéficié pour la deuxième fois du soutien des conseillers de son parti, le MPP, a été battu à 45 voix contre 35 par monsieur Abdoulaye Compaoré du même parti.

Pensant que la crise était finie, le nouveau maire s’est aussi rendu compte quelque temps après son installation, qu’il est contesté par quelques conseillers. Il n’arrive pas lui non plus à tenir ses sessions parce que des jeunes l’en empêchaient par des manifestations et du vandalisme. Sans assistance de l’autorité qui lui intimidait d’ailleurs l’ordre de surseoir à ses sessions, le maire a gardé patience jusqu’à ce que 300 jeunes décident de dormir à la mairie dès la convocation de la 4ème session aux fins de sécuriser les lieux. Ils ont d’ailleurs été soutenus par 3000 personnes le jour de la session, dès 7 heures.

Malheureusement, à l’annonce de la 5ème session, une fois les convocations distribuées, une main criminelle incendia la mairie dans la nuit du 7 au 8 décembre 2017. Ce qui n’a pas empêché le maire de tenir sa session en présence de 60 conseillers sur 80.

Les journalistes présents à la conférence de presse

Alors que la mairie fonctionnait correctement, c’est donc avec une grande stupéfaction, selon les conférenciers, que la population a appris le 14 décembre, la dissolution du conseil municipal et la mise sous délégation spéciale de Saponé.

Mais selon Abdoulaye Compaoré, le porte-parole des fils et filles de Saponé, cette dissolution n’est pas la bonne. Et «la population de Saponé ne peut pas se taire et applaudir. Au contraire, elle se bat, pacifiquement, en usant des règles de droit, afin que le Conseil municipal soit rétabli». Pour lui, «en démocratie, même le gouvernement ne doit et ne peut user de la force pour punir une innocente!»

L’ex-maire et ses camarades font remarquer au gouvernement que «la dissolution du conseil municipal est loin de préserver la paix». Ils ont le sentiment que l’«on veut punir toute une population car le conseil a été dissout le 14 décembre 2017 mais il a fallu attendre le 1er février 2018, soit exactement 50 jours, pour que le décret soit signé. Pendant ce temps tout est bloqué».

Les conférenciers ont révélé que le Médiateur du Faso s’est autosaisi de la crise. Et, parallèlement, les conseillers municipaux, toutes obédiences confondues, au nom des populations de Saponé, ont introduit un recours en annulation du décret de la dissolution du conseil municipal et demande l’annulation du décret de la mise de Saponé sous délégation spéciale auprès du Conseil d’Etat.

En attendant, les fils et filles de Saponé invitent les Burkinabè, qui aiment la quiétude, à venir habiter Saponé car «Saponé ne brûle pas».

Omar Idogo

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