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Consommation de drogue au Burkina: les journalistes dans la danse

Deux jours de formation sur la réduction de risques liés à l’usage des drogues (RdR) et sur la consommation des drogues injectables (CDI) au profit des journalistes. Organisée par l’ONG Initiative Privé Communautaire pour la santé en riposte contre le VIH/SIDA du 14 au 15 décembre 2018, cette formation vise à outiller les journalistes sur le concept de la réduction des risques liés à la consommation de la drogue, mais aussi orienter leur plume pour un meilleur traitement de l’information sur ce domaine sensible qu’est la consommation de la drogue. La formation a été assurée par le Dr Hubert Traoré, chargé de programme PARECO au niveau de l’ONG initiative privé communautaire pour la santé en riposte contre le Sida au Burkina Faso et par Ousséni Ilboudo, journaliste à l’Observateur Paalga.

L’un des formateurs, Dr. Hubert Traoré

La réduction de risques (RdR) liés à l’usage des drogues, comment faire pour que le VIH, la tuberculose et l’hépatite ne se transmettent pas au niveau des consommateurs de drogues injectables. C’est là l’un des soucis des organisateurs de cette formation au profit des journalistes. «Il était question de sensibiliser les journalistes sur le concept de RdR qui est assez nouveau au Burkina Faso et de les familiariser sur ce concept», confie Dr Traoré. Il s’agit aussi d’orienter les journalistes sur comment ils peuvent traiter l’information. A ce niveau précisément, il a été question pour Ousséni Ilboudo de rappeler à ses confrères les fondamentaux du journalisme et d’insister sur un traitement objectif et équitable de l’information tout en pesant les mots au regard du caractère sensible du sujet. L’aide du journaliste sur les RdR a précisé Dr Traoré pourra être «de passer le message sur comment les consommateurs de drogues injectables (CDI) doivent se comporter par rapport à leur façon de consommer la drogue, comment ils peuvent faire en sorte de nuire le moins possible à leur santé et de nuire le moins possible à la communauté».

Les participants à la formation

Pour lui, «les drogues sont une réalité au Burkina et il y a des consommateurs de drogues injectables au Burkina. Lors de nos sorties par exemple, en une année, nous avons pu dénombrer environ 1275 consommateurs de drogues injectables à Ouagadougou et parmi eux, il y a des femmes», a-t-il ajouté. Par ailleurs, il déplore les risques liés à cette consommation: «quand vous prenez des seringues pour vous administrer la drogue, il y a des risques car, qui parle de seringue parle de risque d’infections (VIH et autres infections cutanées et vasculaires) quand vous vous passez les seringues. Mais aussi de risques d’overdose», est-il convaincu. En plus de cela, ajouté-t-il, ces consommateurs de drogues qui vivent le plus souvent dans des milieux insalubres, comme les Ghettos, peuvent se contaminer plusieurs maladies comme la tuberculose et l’hépatite en se passant les embouts de pipe et en respirant dans le même environnement.

Une des participantes, Éla Guébré, journaliste

De ce fait, docteur Traoré en appelle à la compréhension de cette franche de la société qui est en souffrance. Pour nous, a-t-il affirmé, le consommateur de drogue est un prisonnier, il est prisonnier de la drogue et lorsqu’il y entre, ça devient un cercle vicieux, il est obligé de consommer pour ne pas avoir affaire au syndrome de sevrage. «Le syndrome de sevrage est une véritable souffrance physique et morale atroce et insupportable pour l’individu qui était habitué à la consommation de la drogue» a-t-il expliqué.

Aussi, au sortir de cette formation, Ela Marie Estelle Guébré, journaliste, s’est dite transformée. Transformée dans sa manière de voir les consommateurs de drogue. Par conséquent, sa plume en sortira aussi transformée.

Hamadou Ouédraogo

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