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Course aux images sensationnelles: attention à la glorification des terroristes à titre posthume

Le Burkina est devenu l’une des cibles privilégiées du terrorisme en Afrique de l’Ouest. Les attaques sont plus rapprochées et régulières. Les derniers faits au quartier Ragnongo montrent également que les terroristes cohabitent avec nous. Mais nos services de renseignement, nos FDS et les populations sont plus que jamais déterminés à les mettre hors d’état de nuire. D’ailleurs, rares sont les terroristes qui entrent dans notre pays et en sortent vivants. A chaque fois qu’ils osent déclarer ouvertement la guerre à nos soldats, ils sont abattus.

Mais après chaque attaque, les images de terroristes circulent sur les réseaux sociaux et dans les médias. Curieux, les citoyens veulent être informés sur l’identité des assaillants et comprendre ce qui se joue sur notre sol. C’est ainsi que les médias se sentent en devoir de porter les informations à la connaissance des lecteurs ou des internautes. Seulement, les diffusions de photos de terroristes tués divisent les Burkinabè. D’où les interrogations du genre: Quelle place donner aux terroristes dans les médias après les attentats? Quelle image montrer d’eux?

Le valeureux Maréchal de Logis Chef François de Salle Ouédraogo

En principe, le débat n’a pas lieu d’être puisque le devoir du journaliste est d’informer et le droit des citoyens est d’être informés. En cachant la réalité des attentats terroristes, les médias peuvent donner l’impression de sous-estimer le danger. En refusant de diffuser certaines informations, l’on pourrait dire que la presse s’autocensure. Mais peut-on tout publier surtout que les terroristes ne rechignent pas que l’on parle d’eux dans la presse? Au contraire, ils aimeraient bien faire les gros titres des médias, même à titre posthume. Pour ce faire, une fois le meurtre accompli, dire qui était la personne, diffuser sa photo pourrait être vu comme une façon de se transformer en caisse de résonance du crime.

Un terroriste abattu. Publier sa photo, c’est une sorte d’honneur qui lui est fait à titre posthume

Dans cette optique, l’option de ne pas publier les photos de terroristes peut se comprendre car il faut éviter d’éventuels effets de glorification posthume de ces barbares. L’objectif est de ne pas participer à une éventuelle recherche de notoriété de ceux qui commettent des crimes au Burkina.

Il est certes certain qu’aucun Burkinabè n’est animé de mauvaise foi quand il publie les photos de terroristes abattus par les Forces de défense et de sécurité. Ces publications d’images parfois choquantes visent à reconnaître le professionnalisme et la bravoure de nos  soldats. Mais médias professionnels et réseaux sociaux, nous devons tous éviter de devenir l’oxygène du terrorisme. Rendons plutôt hommage à ceux qui se battent au péril de leur vie pour défendre notre cher pays, le Burkina Faso.

Théophile MONE

 

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