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Crise au ministère des Finances: le SYNAFI dénonce une campagne de désinformation

Soixante-douze heures après la sortie de la ministre délégué Ccargée du Budget sur les mouvements déclenchés au sein de son département par le Syndicat national des agents des Finances (SYNAFI), c’est au tour des responsables de ce syndicat de réagir. C’était lors d’un point de presse animé conjointement par le secrétaire général Mohamadi Savadogo et le secrétaire chargé de la mobilisation, Souleymane Oumtouma, le lundi 10 août 2015. Pour eux, les affirmations de la ministre Amina Bila sont des aberrations et frisent la désinformation.

Pour Mohamadi Savadogo, le syndicat a montré sa bonne foi en multipliant les démarches pour éviter la rupture du dialogue.
Pour Mohamadi Savadogo, le syndicat a montré sa bonne foi en multipliant les démarches pour éviter la rupture du dialogue.

Ce sont des responsables syndicaux visiblement remontés contre les accusations de leur ministre de tutelle qui ont pris la parole en cette soirée du lundi du 10 août 2015, pour, disent-ils, livrer leur part de vérité sur les questions qui divisent au sein de ce département ministériel. Avant d’en venir à l’analyse des propos tenus par la ministre, Souleymane Oumtouma, fera la genèse des faits.
Selon lui, depuis l’avènement de l’insurrection, plusieurs démarches ont été entreprises par le SYNAFI dans l’optique d’apporter sa contribution au changement tant prôné par les nouvelles autorités. C’est ainsi que des rencontres et ateliers ont été organisés en vue de faire des propositions pour, d’une part «aider à un assainissement de la gestion des finances publiques et pour d’autre part faire un diagnostic sans complaisance de la situation des agents des régies de dépenses». Pour ce faire, soutient-il, des copies des conclusions ont été transmises au ministre de l’Economie et des Finances (MEF) et à sa ministre déléguée chargée du Budget. Mais jusqu’à ce jour, aucune volonté de rompre avec les habitudes du passé n’a été montrée par les autorités du MEF.

Du mépris de la ministre Bila
A en croire les responsables du SYNAFI, à leur ouverture au dialogue et à leur volonté d’œuvrer à l’apaisement, les premiers responsables du ministère ont opposé un mépris sans précédent. Ce manque de considération, à leurs yeux, s’est caractérisé par des promesses d’audiences non tenues, des déclarations mensongères et incendiaires, un refus de recevoir plusieurs délégations syndicales et des accusations sans fondements.
Selon le secrétaire général du syndicat, Mohamadi Savadogo, ces accusations sans fondements visent à discréditer le mouvement syndical aux yeux de l’opinion nationale. «Nous ne saurons nous laisser distraire par des affabulations, car nous sommes un syndicat responsable et conscient», lâche-t-il.

Les responsables du SYNAFI rejettent en bloc les accusations portées contre eux par la ministre Amina Bila.
Les responsables du SYNAFI rejettent en bloc les accusations portées contre eux par la ministre Amina Bila.

De la pomme de discorde
A ce jour, la pomme de discorde entre la ministre Amina Bila et le SYNAFI est, de l’avis de Souleymane Oumtouma, la répartition du fonds commun (FC) qui, selon lui, est faite de façon discriminatoire en violation du principe d’égalité. «Comment peut-on gérer un tel fonds en causant du tort à une certaine catégorie de la chaîne?», s’interroge-t-il. Pour lui, rien n’explique cette discrimination qui n’a aucun fondement légal.
A cette question de fonds commun s’ajoute le non-respect du protocole d’accord signé conjointement par le ministre de la Fonction publique de l’époque, Soungalo Apollinaire Ouattara, et le comité CGTB-Finances, en juin 2011. Ce protocole d’accord comportait cinq points et les responsables du SYNAFI disent qu’un seul point a connu un début d’application.

Durant plus d’une heure, les responsables syndicaux ont échangé avec les journalistes présents au point de presse.
Durant plus d’une heure, les responsables syndicaux ont échangé avec les journalistes présents au point de presse.

Perspectives
Dans l’immédiat, le SYNAFI, qui dénonce une campagne d’intoxication, appelle ses militants à observer des sit-in les 11, 12, 13 août 2015 et des grèves les 19 et 20 mais aussi les 25, 26, 27 août prochains, pour exiger l’application effective et totale de son protocole d’accord du 22 juin 2011.
Il faut noter qu’au moment où ce point de presse avait lieu, une rencontre convoquée d’urgence entre le ministre des Finances et le syndicat se tenait pour désamorcer la crise qui secoue ce département ministériel.
W. DAVY

Un commentaire

  1. Dans le temps et dans l’espace, le problème des gestionnaires, des directeurs administratifs et financiers, des comptables et payeurs est récurent et impopulaire. Non producteurs de richesse, leur pingrerie n’a d’égale leur égocentrisme. Pour eux, point d’équité, point de justice, il faut l’égalité qui n’est autre qu’une revendication de médiocres. Accéder à cette revendication c’est tuer le mérite et l’on verra qui produira pour qu’ils comptent, administrent ou gèrent. Une telle revendication est un terreau de la corruption et de la médiocratie. Ce n’est pas pour rien qu’ils veulent profiter de temps de régime d’irresponsabilité politique pour se bourrer les poches. S’ils sont venus à l’insurrection pour un tel objectif pourquoi en vouloir aux éléments du RSP qui veulent protéger égoïstement leur gombo ?

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