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Crise de gouvernance au sein du PAREN: le silence radio de Tahirou Barry est une fausse bonne idée

C’est depuis le 16 août 2016 que la crise de gouvernance au sein du PAREN, alors latente, est devenue ouverte et défraie la chronique. En effet, dans un mémorandum adressé aux anciens membres du bureau politique, Laurent Bado s’en était pris vertement au ministre Tahirou Barry, par ailleurs président du Parti de la renaissance nationale (PAREN), pour sa gestion «patrimoniale» de l’organisation.

Après la tempête médiatique et les médiations des uns et des autres, on croyait la crise résolue et enterrée. Les optimistes pensaient que par sursaut d’orgueil et de sagesse, les protagonistes de la crise avaient fait la paix et célébré la victoire du compromis et du dialogue. Mais que nenni!

M. Tahirou Barry, président du PAREN. En période de crise, le silence radio ne paie pas. Il faut communiquer. Il faut montrer une volonté manifeste de résoudre les problèmes.

Il a fallu attendre le 4e congrès du parti, ouvert le samedi dernier à l’Atelier théâtre burkinabè (ATB), pour se rendre compte que la crise n’était qu’en «hibernation» puisqu’elle a refait éruption.

En l’absence du président du parti, Tahirou Barry, le père fondateur du PAREN, Laurent Bado, a révélé que M. Barry a voulu l’écarter du parti depuis 2014. «Barry a essayé de m’envoyer à la retraite politique. Et il a utilisé la carotte et le bâton. Mon petit veut me mettre à la retraite! Sachez-le, M. Barry a voulu m’éliminer totalement». Il a même rappelé le clou du problème: «Pour avoir été élu le 27 juin 2010, son mandat se terminait le 27 juin 2015. Date au-delà de laquelle, son investiture est périmée en droit.» M. Bado a même dénoncé les ambitions politiques de son ex-filleul: «Le type, il n’est pas normal, il aime le pouvoir et cela est perceptible même dans sa façon de marcher».

Mais si la crise est profonde et que « le congrès veut retirer le PAREN des mains de son prédateur », le silence radio de Tahirou Barry est une fausse bonne idée. Comment?

Parce que M. Barry, qui traverse avec son parti une crise, n’a pas intérêt à ce que celle-ci perdure et devrait travailler à la surmonter. Au lieu de cela, il a mis en place une technique qui a apparemment un impact certain sur les militants et l’opinion publique. Mais qui n’est pas adaptée et qui par conséquent, provoque une aggravation de la situation: le fameux silence radio. Certes, il est, par moments, une technique redoutable dans une situation de rupture consommée; mais quand il s’agit de sauver les meubles et les acquis de son parti, cette stratégie est mauvaise conseillère. Si M. Barry avait démissionné du PAREN et qu’il continuait à être l’objet de calomnies, le silence radio allait être très efficace. Mais il faut bien distinguer rupture et problème. Car face aux différents cas, les techniques à mettre en œuvre ne sont bien évidemment pas du tout les mêmes! Dans la rupture, le silence radio rend ridicules les adversaires et fait de vous un homme de forte personnalité: «les chiens aboient, la caravane passe». Oui, le silence radio fait réfléchir et regretter à vos opposants certaines attitudes qui vous déplaisent. Il a pour but d’exprimer votre rancœur sans avoir à dire un seul mot, à faire comprendre à vos rivaux que vous êtes en position de force. Mais…

Laurent Bado au congrès du PAREN. Pour lui, les assises ambitionnent retirer le PAREN des mains de M. Barry

Silence de carpe dans une crise: une mauvaise idée

Aussi puissante que soit la méthode du silence en temps de mésentente dans un parti politique, elle ne résout aucun problème. D’ailleurs, tous les partis politiques rencontrent des difficultés et des mésententes. Mêmes les vieux partis qui semblent les plus soudés traversent parfois une légère zone de turbulence. Mais ce n’est pas pour autant qu’ils adoptent un silence radio. Au contraire, la bonne méthode est de communiquer suffisamment avec la ferme volonté de résoudre le désaccord.

Aujourd’hui, entre Laurent Bado et Tahirou Barry, la communication est primordiale car ils ne doivent pas fuir les problèmes mais plutôt privilégier l’échange. Au-delà des deux leaders, le président actuel du parti, M. Barry, soucieux de la bonne gouvernance de son organisation devrait sortir de son silence pesant et finalement agaçant. Il a intérêt à agir pour sauver le parti sous la bannière duquel il a brigué l’élection présidentielle de 2015.

Dans tous les cas, le père fondateur et le président du parti doivent se remettre en cause afin que cette situation ne perdure pas dans le temps et qu’elle ne se répète pas. C’est, à notre sens, la meilleure manière de faire table rase de cette période douloureuse. Ils ne doivent pas douter. Ils devraient tout faire pour avancer dans la bonne direction. A moins que la rupture n’ait été déjà consommée il y a belle lurette. A quels profits? Mystère et boule de gomme!

Théophile MONE

Un commentaire

  1. TOUTE CELA C’EST DU TROLL POUR BARRY NOMBREUX SONT LES POLITICARDS MAIS RARE FONT DE LA POLITIQUE

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