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Crise au MENA: le Premier ministre invite la Coordination des syndicats à un sursaut patriotique pour sauver l’année

Au cours d’une conférence de presse mercredi 10 janvier 2017, le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, a appelé la Coordination des syndicats du ministère de l’Education national et de l’Alphabétisation à un sursaut patriotique pour sauver l’année scolaire.

Le PM a invité la Coordination des syndicats du Mena à un sursaut patriotique pour sauver l’année

«L’année scolaire est menacée et j’appelle la Coordination des syndicats à un sursaut patriotique pour éviter une année blanche», a souhaité Paul Kaba Thiéba qui s’est dit surpris par la grève car «le dialogue n’a jamais été rompu».

Pour lui, son gouvernement a toujours privilégié le dialogue. «Il en est fini au Burkina, le temps où on réglait les conflits sociaux par la force, la violence. Nous sommes issus d’un pouvoir élu démocratiquement et on ne peut pas faire autre que le dialogue», a-t-il fait remarquer. Même s’il reconnaît la légitimité des revendications, le Chef du gouvernement pense qu’on ne peut pas trouver des solutions en créant des situations difficiles. «Il ne faut pas que l’on retombe dans les sphères de grèves interminables, les années académiques perdues, c’est inutile», a-t-il soutenu.

Les journalistes lors de la conférence de presse

A la question de savoir si le gouvernement regrette d’avoir donné gain de cause à la revendication du syndicat des magistrats, Paul Kaba Thiéba a répondu: «Je ne regrette pas d’avoir géré la situation des conflits sociaux que nous avons connus depuis 2016 jusqu’à aujourd’hui».

A l’en croire, les revendications sont venues les unes après les autres. «Comme les conditions de rémunération des fonctionnaires commençaient à connaître des difficultés, il fallait trouver une solution globale», a-t-il expliqué. C’est d’ailleurs pour cette raison, argumente-il, que le président du Faso a invité tous les partenaires sociaux à jugé nécessaire de mettre fin à la méthode qui consiste à régler les revendications au cas par cas.

50 milliards de F CFA, l’incidence minimale de la plateforme de la Coordination des syndicats

Selon les confidences du Premier ministre, l’incidence globale minimale de la plateforme de la Coordination des syndicats du MENA tourne autour de 50 milliards de F CFA. Or dit-il, entre 2013 et 2017, l’évolution de la masse salariale est passée de 353 milliards de F CFA à 630 milliards, sans tenir compte des engagements pris avec certains syndicats en 2018. Pourtant, les recettes de l’Etat tournent autour de 1400 milliards. «Vous avez un minimum de 630 milliards pour payer les salaires, donc 50 milliards de plus dans un budget, c’est beaucoup», a-t-il dit tout en ajoutant: «Les normes de l’UEMOA auxquelles nous sommes liés nous imposent de ne pas dépasser le ratio de la masse salariale sur les recettes fiscales qui est de 35%. Or sur la base des derniers chiffres, nous sommes à plus de 52% pour l’année 2017. Ce n’est pas parce que nous ne voulons pas, mais nous devons tenir compte de l’équilibre financier du Burkina».

Il faut noter qu’à ce jour, selon Paul Kaba Thiéba, 8 des 23 points de la plateforme ont été examinés et le gouvernement s’est engagé à apporter des améliorations au système éducatif. Sur la question du statut, les deux parties ont convenu d’en discuter après examen des avant-projets de textes élaborés à Koudougou.

Capacité du ministre Jean Martin Coulibaly à gérer son département

Sur ce point, le Chef du gouvernement a invité les uns et les autres à arrêter de faire de la politique spectacle. Pour lui, le ministre de l’Education est un excellent ministre. Ce n’est pas une question de personne, mais de politique. «Même si vous voulez, vous pouvez enlever Thiéba du gouvernement et mettre qui vous voulez, ça ne changera pas les problèmes du Burkina. Même si c’est un sorcier, ça ne changera rien», est-il convaincu. Ce qui est important aux yeux de Paul Kaba Thiéba, c’est la politique qui est mise en œuvre et le diagnostic qui est fait et l’engagement des membres du gouvernement.

Madina Belemviré

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