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Crise au ministère de l’Economie: «Ce n’est pas une grève contre l’Etat, mais contre le secteur privé», selon une coalition de commerçants

Refusant d’être silencieux face à la «prise en otage de l’économie nationale», une Coalition des structures syndicales et associatives des commerçants du Burkina Faso (COSSAC-BF) a battu lundi, le pavé de la Maison du peuple vers le Premier ministère pour témoigner son ras-le-bol face à ces grèves intempestives que connaît le ministère de l’Economie et des Finances. Laquelle marche a permis à la Coalition de remettre sa plaidoirie consignée dans un document au Premier ministre représenté par son secrétaire général.

La COSSAC a battu le pavé de la Maison du peuple au Premier ministère pour témoigner son ras-le-bol à la crise du Minefid

«Assurer la paix, la sécurité et la continuité des services sur l’ensemble du territoire, instaurer l’autorité de l’Etat en faisant respecter les textes en matière de grève et sit-in au Burkina, poursuivre le dialogue social avec les acteurs concernés pour une sortie de crise aux fins de la relance économique…». Tels sont entre autres les doléances que la COSSAC-BF a formulé à l’endroit des autorités pour mettre fin aux différentes grèves qui plombent l’économie du pays. A l’endroit des organisations syndicales, la Coalition invite tout un chacun à privilégier le dialogue social au détriment des arrêts de travail, d’avoir un esprit patriotique en mettant en avant l’intérêt supérieur de la Nation, à prendre part à la conférence nationale sur les rémunérations.

La Coalition a remis au SG du Premier ministère, sa plaidoirie pour mettre fin à la crise

Pour Moussa Nana, membre de la coalition, même si la grève est un droit reconnu, elle ne peut pas être utilisée à tout moment. «Si vous avez une arme aussi redoutable, si vous l’utilisez excessivement, elle va se retourner contre vous», a-t-il fait remarquer.

Le secteur informel regroupe selon le président de la Coalition, Ibrahim Ouédraogo, plus de 78% de l’économie burkinabè. «Vous faites une grève de plus d’un mois, qu’est-ce que vous voulez que le secteur privé devienne? Comment nous allons pouvoir payer nos salariés?», s’est interrogé M. Ouédraogo qui a laissé entendre que ce n’est pas une grève contre l’Etat, mais contre le secteur privé.

Aussi légitimes que sont les revendications, Moussa Nana pense que seule la table de dialogue peut résoudre les problèmes. A ce propos, il dit ne pas comprendre le refus de certaines organisations syndicales de prendre part à la conférence nationale sur les rémunérations des agents de la Fonction publique. «Si on les invite au dialogue et qu’ils refusent, qu’est-ce qu’ils veulent? S’ils ont un agenda caché, qu’ils sortent dire au public; comme cela tout le monde sera éclairé», a-t-il indiqué.

Pour une sortie de crise, il a invité les syndicalistes et le gouvernement à privilégier le dialogue pour trouver ensemble des solutions.

Le secrétaire général du Premier ministre, Bamori Ouattara, a pour sa part rassuré la Coalition que sa plaidoirie fera l’objet d’un examen minutieux avec l’ensemble du gouvernement, afin de voir les possibilités de régler les problèmes qui assaillent notre pays depuis un certain temps et qui sont assez préoccupants.

Madina Belemviré

 

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