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Crise politique au Kenya: attention, danger!

Le président kényan Uhuru Kenyatta, 56 ans, a été réélu sur un score plébiscitaire de 98,26% à Nairobi, le 30 octobre 2017. Mais cette victoire ne sonnera pas pour autant la fin des trois mois de crise qui a profondément divisé le pays. En effet, l’opposant Raila Odinga, envisage contester la victoire écrasante du président sortant au scrutin du 26 octobre, boycotté par l’opposition.

L’intransigeance de ces deux hommes politique conjuguée à la fibre ethnique mettre le Kenya à feu et à sang

Comme au scrutin du 8 août dernier le président Uhuru Kenyatta a remporté les élections du 26 octobre 2017. Mais la question de la légitimité du président sortant se pose. En effet, par rapport à sa victoire du mois d’août (annulée par la Cour suprême pour «irrégularités», une première en Afrique) avec un taux de participation de 79%, celle du mois d’octobre a été obtenue avec un faible taux de 38,8%).

Fort de ce chiffre décevant, M. Odinga, 72 ans, compte développer plusieurs stratégies pour contester la victoire de son adversaire politique.

Il avait annoncé la semaine dernière le lancement d’une campagne de «désobéissance civile», pour forcer l’organisation d’une nouvelle élection dans les 90 jours. Une option rejetée par le pouvoir. Tout compte fait, l’opposant a promis d’en préciser les contours, encore flous, en s’adressant hier mardi à ses partisans.

Déjà, à l’annonce de la victoire de M. Kenyatta, quelques incidents ont éclaté dans les fiefs de l’opposition, dans les bidonvilles de la capitale Nairobi, ou dans l’Ouest du pays, où l’ethnie luo de M. Odinga est majoritaire.

Il faut noter que les partisans de M. Odinga avaient empêché la tenue du scrutin du jeudi 26 octobre dans quatre comtés de l’Ouest (Homa Bay, Kisumu, Migori et Siaya) sur les 47 que compte le pays.

Ce qui est certain, Uhuru Kenyatta, issu de l’ethnie kikuyu, majoritaire dans le pays, va être confronté à un défi immense: réconcilier un pays divisé sur des lignes politico-ethniques.

L’intransigeance du président sortant et l’opposant Odinga augurent d’ailleurs mal de l’avenir du pays.

Encore traumatisé par le souvenir des violences post-électorales de 2007-2008 (plus de 1.100 morts), le pays craint que les positions des uns et des autres ne se radicalisent encore et ne débouchent sur des violences de plus grande ampleur.

Pour mémoire, au moins 49 personnes ont déjà été tuées depuis l’élection du 8 août, dont 9 depuis le scrutin du 26 octobre, pour la plupart dans la répression brutale des manifestations par la police, dans les bastions de l’opposition.

Le moins que l’on puisse dire c’est que cette crise politique a durement affecté l’économie la plus dynamique d’Afrique de l’Est et épuisé les Kényans. A quand alors la fin de cette crise qui s’alimente de la fibre ethnique et de l’intransigeance de 2 hommes politiques? Difficile de prophétiser là-dessus tant que les deux hommes forts n’auront pas trouvé un compromis au nom de l’intérieur supérieur de leur pays.

Théophile MONE

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