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Crises cardiaques dans le milieu du football: entre cardiologues, clubs et joueurs, qui faut-il blâmer?

Préalable à la signature de tout contrat, la visite médicale est monnaie courante dans le milieu du football. Des examens qui, généralement, se passent sans encombre. Oui mais voilà, certains joueurs meurent tragiquement quelques années après ces contrôles médicaux. C’est le cas du jeune international ivoirien Cheick Tioté, décédé brutalement le lundi 5 juin à 30 ans, suite à un malaise survenu pendant l’entraînement avec son club chinois Beijing Enterprises (D2 chinoise).

Ils sont nombreux les joueurs qui sont décédés sur le terrain et de crise cardiaque. Dans un milieu aussi riche (moyens financiers, matériels adéquats et personnel de santé compétents), dans lequel les acteurs devraient être à l’abri des pépins de ce genre, des questions se posent avec acuité: où se trouve exactement le problème? Est-ce un problème de volonté des instances dirigeantes du football? Est-ce de l’inconscience des joueurs obnubilés par l’argent et la gloire ou est-ce la primauté du business de l’industrie du sport sur la santé des joueurs?

Marc Vivien Foé, décédé de crise cardiaque
Marc Vivien Foé, joueur de football décédé de crise cardiaque
Le Brésilien Neymar passant des examens cardiaques avant de signer son contrat avec le FC Barcelone  le 3 juin 2013  (Photo AFP)
Le Brésilien Neymar passant des examens cardiaques avant de signer son contrat avec le FC Barcelone le 3 juin 2013 (Photo AFP)

Les visites médicales subies par les footballeurs professionnels sont-ils complètes? Il y a-t-il assez d’exigence en termes d’examens? Avec les nombreux décès de footballeurs de crises cardiaques, le doute est permis. Certes, il est difficile de tout trouver ou de tout détecter après les examens médicaux. Mais ne serait-il pas indispensable que le monde entier se mette d’accord sur le bilan minimum de santé à réclamer surtout que d’un club à un autre les exigences médicales ne sont pas les mêmes? A défaut d’un tel consensus, il serait judicieux de mieux sensibiliser les footballeurs à ces problèmes, en leur apprenant à faire un massage cardiaque. Et pourquoi ne pas équiper les stades en défibrillateurs (instruments pour réaliser des massages cardiaques en envoyant des décharges électriques)? Les politiques devraient rendre obligatoires cette mesure. On sauverait beaucoup de vies grâce à cela.

Plus récemment, Cheick Ismaïel Tioté, footballeur décédé de crise cardiaque
Plus récemment, Cheick Ismaël Tioté, footballeur décédé de crise cardiaque
Sékou camara, gardien de football décédé de crise cardiaque
Sékou camara, gardien de but de football décédé de crise cardiaque

Quant aux instances dirigeantes du football, il ne s’agit pas d’un problème de moyens, mais de volonté. Il y a des intérêts contradictoires entre la santé des joueurs et le foot business. Lorsqu’un club achète cher un joueur, et que celui-ci est performant, ce n’est pas pour s’entendre dire qu’il ne peut pas jouer le week-end prochain pour d’obscurs problèmes cardiaques. Les intérêts sont parfois grands, autant pour les joueurs que pour les clubs, que l’on constate par moment, des joueurs refusés dans un club A pour examens non concluants, signer ailleurs dans un club B sans que personne ne trouve rien à y redire.

Il arrive également que certains jeunes sportifs fassent preuve d’inconscience. Parfois, même s’ils présentent des pathologies du cœur suite aux examens médicaux, au nom de l’argent et de la gloire, ils sont prêts à affronter la mort. Pour ce faire, certaines responsabilités sont partagées entre le cardiologue et les joueurs à qui l’on a bien informé des risques encourus s’ils devraient fournir certains efforts physiques. Mais devant les milliards et tous ses avantages, la plupart des joueurs africains préfèrent choisir le goût du risque, au péril de leur vie. Dommage!

Théophile MONE

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