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De la mentalité du supporter burkinabè du Mondial

Moi Mounafica, je me suis rendu dans ce qui est appelé aujourd’hui ‘’Canal’’, anciennement vidéoclub, dans un quartier périphérique de Ouagadougou pour voir le match France-Argentine des 8e de finale du Mondial russe. C’était drôle et il n’y a pas moins anti-stress qu’un tel cadre.

D’abord, j’ai été surpris d’appendre de la bouche d’un supporter que l’Afrique est toujours présente au Mondial. En voyant mon étonnement, il a expliqué que la France est le 6e représentant du continent africain. Pour preuve, il y a beaucoup plus de Noirs dans l’équipe de France que dans celles du Maroc, de l’Égypte et de Tunisie. Passons sur la démonstration des nationalités d’origine qui fait de l’équipe de France une sorte d’Union africaine.

Voilà pourquoi il est derrière la France à fond la caisse. Un autre, qui se dit grand supporter du Barça, a avoué être cette fois-ci contre la petite merveille du FC Barcelone, Leo Messi. Les raisons? Il ne digère toujours pas l’élimination du Nigeria à qui, selon lui, on a fait la force en lui refusant un penalty indiscutable. Dans le ‘’Canal’’, presque tout le monde supportait la France.

Et quand M’bappé touchait la balle, c’était le délire total. Celui qui a dit que la religion est l’opium du peuple doit revoir sa copie, car le véritable opium du peuple au jour d’aujourd’hui reste le football. Il est le sport roi et fédère les énergies de plusieurs couches sociales.

Pendant 90 minutes de temps de jeu, le médecin peut donner une tape au dos du charretier, l’officier peut embrasser le soldat, le cadre supérieur peut se laisser tomber dans les bras de son vaguemestre pour célébrer un but. Seul le foot a cette magie. Dans le cadre footballistique, on ne parle plus divergence politique, le militant MPP peut parler tranquillos avec le militant CDP le plus irréductible sur la manière dont son parti a perdu le pouvoir du fait de l’insurrection. Le syndicaliste financier peut se retrouver avec l’opérateur économique qui lui en voulait il y a peu à cause de la grève. On oublie la vie dure, les attaques terroristes pour parler un seul langage, celui du sport roi. Qui dit mieux?

Mounafica, tout œil tout ouïe!

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