Accueil » Nè Wendé » De la tromperie du gouvernement à la mauvaise foi des syndicats

De la tromperie du gouvernement à la mauvaise foi des syndicats

Dans le bras de fer opposant le gouvernement à la coordination des syndicats de l’enseignement et de la recherche et plus généralement tous les syndicats, il y a de la mauvaise foi de part et d’autre. Nè Wendé!

Parce que, tôt ou tard, le gouvernement va proposer des solutions qui emballeront la coordination. Donc, il sait que ce qu’il met dans le panier aujourd’hui ne peut pas être accepté par son partenaire. Je n’ai pas vu ce qu’il a proposé et que les syndicats refusent mais je sais que pour la cause de l’éducation, il peut faire plus. Nè Wendé!

Les syndicats savent également que trouver hic et nunc 50 milliards n’est pas possible mais ils veulent que le gouvernement fasse le maximum. Les deux parties jouent à se faire peur mais, malheureusement, c’est le système éducatif qui en prend un coup. Nè Wendé!

Mais puisque personne ne veut mettre de l’eau dans son dolo, moi je propose, pour que l’école reprenne dès demain, que le gouvernement satisfasse toutes les revendications de la coordination. Dans tous les cas, même s’il les accepte, ce n’est pas demain que les doléances seront satisfaites.  Nè Wendé!

Pour une augmentation de salaires, les effets seront ressentis dans des mois. Pour les écoles sous paillotes, il va falloir des années. Pour les effectifs pléthoriques dans les classes et le manque d’enseignants, il va falloir attendre des mois voire des années. Tout est une question d’engagements fermes et de programmations. Nè Wendé!

Maintenant, si, à la pratique, les moyens viennent à manquer, on verra. C’est parce que les salaires tombent à chaque mois et à bonne date que les revendications sont maximalistes; le jour où un mois va durer 50 jours, on verra. Nè Wendé!

Si les fonctionnaires sortent dans la rue pour demander le départ des gouvernants, hé bien qu’ils s’en aillent. Les opposants qui vont devenir gouvernants à leur place vont hériter de la patate chaude. Et là, ils vont comprendre qu’il ne faut pas soutenir aveuglement une lutte. Il faut analyser la situation en regardant l’avenir du pays. Nè Wendé!

L’UPC et le CDP, pour ne citer que ces deux poids lourds de l’opposition qui aspirent à gérer le pouvoir d’Etat ont apporté leur soutien sans faille aux syndicats. Au lieu de demander de la retenue de part et d’autre. Oubliant surtout que si, par hasard, le MPP venait à perdre le pouvoir par cette crise, l’un d’eux ou les deux ensemble, s’il s’agit d’une coalition, devront gérer la situation qu’ils ont aidé à créer. Nè Wendé!

Et là, les engagements que le gouvernement va prendre engage tous les gouvernements à venir. D’ailleurs, c’est en jouant la continuité de l’Etat que le pouvoir de Roch a été pris au piège des revendications des magistrats. Il pouvait ne pas les satisfaire. Mais les engagements qu’il va prendre dans le cadre de ces revendications ne pourront pas être renégociés. Ils resteront des acquis. Nè Wendé!

Lorsque je parle de la tromperie et de la mauvaise foi des deux parties, c’est lorsque le président Kaboré a annoncé sa volonté de remettre le système de rémunération à plat pour élaborer une nouvelle grille qui prenne en compte les revendications au lieu de les résoudre au cas par cas. Sans même savoir ce que les fonctionnaires vont y gagner, il y a déjà une levée de boucliers. Si les partenaires parvenaient à rédiger une nouvelle grille salariale et indemnitaire qui satisfait tous les syndicats, n’est-ce pas une victoire pour eux et un temps de répit que les différents gouvernements mettront à profit pour s’occuper enfin du développement du pays et satisfaire toutes les populations?! Nè Wendé!

Mais d’ores et déjà, la mauvaise foi des uns et des autres les a devancés sur le terrain du dialogue et de la négociation et il n’est pas certain que toutes les revendications puissent y trouver une solution. Est-ce pour autant un échec programmé? Dieu sauve mon pays. Nè Wendé!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *