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L’amour des Burkinabè pour le découvert bancaire: à qui la faute?

La banque peut accepter qu’un compte fonctionne à découvert. Le compte bancaire peut alors être négatif, c’est-à-dire comporter plus de débits (dépenses) que de crédits (versements).

En d’autres termes, le découvert bancaire se produit si vous dépensez plus d’argent que vous n’en avez sur votre compte courant, qui de ce fait devient débiteur.

Au-delà de l’insuffisance des revenus souvent évoquée comme motif, plusieurs autres raisons (parfois personnelles) justifient le fait que des Burkinabè s’adonnent à cette pratique. Dangereuse dépendance pour la plupart de ceux qui sont constamment à découvert, comment peuvent-ils sortir de ce bourbier financier?

La lutte contre la pauvreté et l'exclusion doivent être les priorités des gouvernants africains. Si non les révolutions populaires ne finiront jamais
Le découvert peut créer un cycle infernal de dépendance. Il appauvri.

Le recours au découvert signifie que le revenu des Burkinabè est insuffisant. Sans oublier qu’en Afrique l’on n’est jamais à l’abri d’une dépense inopinée, imprévue.  Alors, parfois, sans accord préalable et en dehors de tout contrat, la banque peut de façon exceptionnelle accepter de régler une dépense alors que votre compte ne présente pas la provision suffisante.

Cette tolérance dépend de vos revenus, de l’ancienneté de votre compte, etc.

Ainsi, le découvert est assimilé à un crédit; mais il n’est pas gratuit. De plus, il ne représente pas un droit: il doit être soumis à l’approbation de votre banque.

Le découvert, qu’il soit ou non autorisé, donne lieu au paiement d’agios au profit de la banque. Mais le taux des agios facturés doit être connu de l’usager préalablement à l’octroi du découvert.

Source fréquente de conflits entre les banques et leurs clients, le découvert bancaire obéit à certaines règles. Qu’il vaut mieux connaître pour ne pas avoir à payer le prix fort. C’est pour cela qu’il faut toujours en discuter avec votre gestionnaire de compte.

De plus en plus au Faso, et pour bien de raisons, beaucoup de Burkinabè sont à découvert au moins une fois par mois. Occasionnel pour certains, il est un passage obligé pour ceux qui s’y retrouvent dès le 15 du mois. Pourtant, le découvert bancaire peut être une vraie calamité et une catastrophe sur le long terme si l’on n’y prend pas garde.

Le découvert régulier peut devenir une calamité, une catastrophe. La solution est de  vivre selon ses revenus. Pas au-delà
Le découvert régulier peut devenir une calamité, une catastrophe. La solution est de vivre selon ses revenus. Pas au-dessus

Le découvert coûte cher

Le découvert coûte cher aux bénéficiaires dans la mesure où il est une opération ponctuelle, impérieuse, différente d’un prêt bien étudié et organisé dans le temps. C’est pourquoi, l’autorisation du découvert est permanente sur la période pour laquelle elle a été délivrée. Et le fait de mettre  en permanence de l’argent à la disposition du client, coûte cher. C’est une question de ratio d’équilibre.

Aussi, il est important en toutes circonstances, de bien gérer votre découvert et d’en respecter toutes les conditions (montant et durée d’utilisation). Mais Si vous éprouvez des difficultés passagères pour rembourser votre découvert ou si vous dépassez votre autorisation en montant et/ou en durée, il vous est recommandé de contacter votre conseiller ou gestionnaire dès que possible.
Il pourra alors vous proposer des solutions plus à même de répondre à vos besoins.

Eviter de vivre au-dessus de ses moyens

C’est sûrement stressant et gênant de prendre chaque fin du mois un découvert. Y a-t-il un secret pour éviter ces situations désagréables? Il n’y en a pas puisque vous détenez déjà ledit secret qui tient en deux  mots: budget équilibré. Eh oui, il faut vous assurer que vos revenus dépassent vos dépenses. Autrement dit, il ne faut pas vivre au-dessus de vos moyens. Concrètement, il s’agit de distinguer vos dépenses vitales de vos dépenses accessoires. Vos dépenses accessoires doivent constituer votre marge de manœuvre. Ce sont ces dépenses-là que vous devez avoir à l’œil. Ce sont les plus faciles à restreindre puisqu’elles sont accessoires. Malheureusement le Burkinabè ne distingue pas souvent les dépenses souveraines des dépenses accessoires. Il s’efforce de faire la bombance à toutes les nombreuses fêtes de l’année, et ne calcule pas devant la bière et la viande succulente, surtout en présence des amies. Des comportements qui frisent irresponsabilité.

Théophile MONE

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