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Les défis du 3ème gouvernement de Paul Kaba Thiéba

Les Burkinabè l’ont voulu, ils l’ont obtenu. Le remaniement du gouvernement a bel et bien eu lieu. Qu’il réponde aux multiples attentes des uns et des autres ou pas, le président Roch est la seule personne mandatée par son peuple pour gouverner, donc pour choisir les hommes qu’il lui faut en vue de mener sa politique. Il le fait en tenant compte sans doute des défis à relever de son programme de société. Pour ce faire, qu’il ait renouvelé sa confiance aux uns, redéployé certains et remercié d’autres, n’est pas le plus important. L’essentiel étant, après les grèves à répétitions et la crise de l’éducation qui a failli nous coûter une année blanche, de corriger le tir en menant une politique publique qui priorise le développement humain, qui redonne confiance aux investisseurs et partenaires, bref, qui rende l’action du gouvernement plus efficace.

Le nouveau gouvernement a de nombreux défis à relever dont l’amélioration des conditions de vie des populations

Trêves de commentaires sur le bien-fondé du remaniement, le départ ou la permutation de certains ministres, la confiance accordée aux jeunes ou sur le nombre de femmes présentes dans l’équipe de Paul Kaba Thiéba qui, finalement, reste contre vents et marées.

Ce qui importe aujourd’hui, c’est comment le nouveau gouvernement compte s’organiser pour mettre plus en avant sa politique sociale au moment où le président Roch subit des attaques de ses opposants sous l’angle du président qui n’ose pas parce que trop gentil.

Ce qui est certain, les Burkinabè attendent des réformes structurelles notamment dans les domaines de la justice, de la santé et de l’éducation. La majorité du peuple insurgé espère l’accélération de la croissance économique, la création des emplois, la valorisation des ressources humaines de notre pays, la cohésion sociale, l’amélioration du niveau de vie des citoyens.

Après les multiples grèves qui ont sans doute impacté notre économie, la nécessité d’améliorer l’efficience des dépenses publiques, tout en maintenant le cap des réformes s’impose. Oui, il faut une série de mécanismes pour rendre l’action du gouvernement plus efficace et éviter tout gaspillage des deniers publics. Il s’agit notamment de mieux cibler les politiques publiques pour qu’elles répondent au mieux aux objectifs qui leur ont été assignés en matière de lutte contre la pauvreté. La politique de la gratuité des soins pour les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans devrait faire l’objet de suivi-évaluation pour éviter qu’elle ne soit théorique et qu’elle ne sape le moral des populations et donc la crédibilité du gouvernement. Car aujourd’hui, la cohérence des politiques publiques est un impératif catégorique comme l’est le renforcement de la lutte contre le terrorisme par l’anticipation et l’étroite collaboration des populations.

En fait, les citoyens veulent voir les résultats concrets de leur vote pour croire aux changements voulus et prédits. Pour cela; il faut éviter que certains hommes politiques, par leurs actions et leurs comportements, ne détournent le gouvernement de la voie du développement humain tracée par le président.

Par ailleurs, le civisme doit prendre forme pour restaurer définitivement l’autorité de l’Etat, tout comme la gestion anticipée des parcelles (non loties) qui devrait aider à rassurer les populations sur ce sujet épineux et passionnant.

Enfin, le gouvernement a intérêt à ce que les dossiers pendants en justice soient vite jugés afin d’éviter leurs interprétations politiques et l’écorchure de l’image du Burkina à l’extérieur.

Les Échos du Faso

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